Malgré des déceptions en 2011, La CRÉ optimiste pour 2012

Éric
Éric Gourde
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Si 2011 s’est terminée par une grande déception à la Conférence régionale des élus de Chaudière-Appalaches (CRÉ) dans le dossier de la carte électorale, l’organisme estime avoir réussi à faire évoluer quelques-unes de ses priorités au cours de la dernière année.  Une étude sur les impacts environnementaux des gaz de schiste est en marche, l’organisme vient aussi d’adopter un projet visant la caractérisation des eaux souterraines de la région au cours de la période 2012-2015. L’objectif de la démarche est d’acquérir de l’information sur les eaux souterraines (qualité et quantité) de la région.

Maire de Lotbinière, Maurice Sénécal est le président de la Conférence régionale des élus de Chaudière-Appalaches (CRÉ). À sa gauche, Laurent Lampron est le directeur général de la CRÉ.

Si 2011 s’est terminée par une grande déception à la Conférence régionale des élus de Chaudière-Appalaches (CRÉ) dans le dossier de la carte électorale, l’organisme estime avoir réussi à faire évoluer quelques-unes de ses priorités au cours de la dernière année.  Une étude sur les impacts environnementaux des gaz de schiste est en marche, l’organisme vient aussi d’adopter un projet visant la caractérisation des eaux souterraines de la région au cours de la période 2012-2015. L’objectif de la démarche est d’acquérir de l’information sur les eaux souterraines (qualité et quantité) de la région.  

De l’avis du président de la CRÉ, Maurice Sénécal, le projet de loi 34 sur l’occupation du territoire pourrait amener quelques solutions positives et une étude est en cours dans le but de déterminer si oui ou non, la voie ferroviaire du Québec Central a toujours son utilité.  Le dossier de l’entente spécifique sur l’immigration et la lutte à la pauvreté n’ont toutefois pas progressé autant qu’on l’aurait souhaité.  

Sur les changements qui seront vraisemblablement apportés à la carte électorale au Québec, la déception de perdre un comté en Chaudière-Appalaches est grande.  « On a mené un combat acharné pour sauver un député dans la région et ça s’est terminé par un échec à l’Assemblée nationale le 30 novembre.  Je n’ai pas l’habitude de lâcher, mais lorsque ça fait un an et demi qu’à chaque fois qu’on rencontre des gens, qu’on sort de là pis qu’on pense avoir gagné notre point, mais que le lendemain on reçoit une autre version, c’est décevant.  On pense qu’il pourrait y avoir un revirement, on le souhaite, mais peu probable.  On est donc obligé de mettre un terme à notre association avec la Coalition pour le maintien des comtés en région.  D’autres régions s’apprêtent à faire de même.  C’est dans les mains des parlementaires. »

Dossier émotif s’il en est un, l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste a soulevé bien des passions au cours de la dernière année et sera l’un des sujets chauds de la prochaine année.  Pour Maurice Sénécal, il y a un potentiel, mais les choses devront se faire dans l’ordre : « Nous, ce que l’on avait demandé c’est une étude sérieuse au niveau environnemental, c’est en train de se faire avec l’Étude environnementale stratégique.  On n’est sollicité autant par l’industrie que par les opposants.  J’ai déjà dit à l’industrie, oubliez-moi, ne venez pas me chanter la pomme, on attend le rapport du BAPE.  Depuis un certain temps, dans mon cas, que ce soit au niveau municipal, à la MRC ou à la CRÉ, quand des groupes veulent me parler de ce dossier-là, je leur dis que ce n’est pas le temps, je ne veux pas les voir.  Laissons le BAPE faire son travail et après, on pourra aller de l’avant. »

Occupation du territoire

Là où la Conférence régionale des élus estime avoir fait des gains, c’est au chapitre de l’occupation du territoire.  Monsieur Sénécal estime que les ministères devront travailler pour les régions et qu’ils auront dorénavant des comptes à rendre.  « Des régions sont dévitalisées et d’autres s’enrichissent, ça, c’est une réalité.  Est-ce que la nouvelle loi sur l’occupation du territoire va tout régler, non!! Actuellement il est trop tôt pour dire s’il y a des outils utiles pour les régions dans le projet de loi.  Ce que l’on a vu, c’est que les ministères devront travailler avec les planifications stratégiques des régions et du travail sera fait au niveau supra local. »  Monsieur Sénécal espère toutefois que certains irritants finiront par s’estomper : « On ne peut pas tout faire, mais on a souvent l’impression que dans certains dossiers, où on veut faire avancer des dossiers, tous les ministères sont d’accord sauf un et le dossier piétine.  Faudra qu’on arrête de s’enfarger.  Le gouvernement est là pour servir le citoyen. »

Monsieur Sénécal précise que les élus de la région sont conscients que le travail ne fait que débuter.  «On parle dorénavant de décentralisation.  Les ministères devront travailler pour les régions et non pas le contraire.  On sait que l’on s’attaque à gros.  Il y a toujours des réticences au niveau gouvernemental, on a besoin d’un changement de culture principalement au niveau gouvernemental et au niveau local.  Ce sont de nouvelles responsabilités, on dit qu’il faut les prendre et on est prêt à les prendre. »

Développement touristique et chemin de fer

Un dossier qui sera particulièrement suivi au cours de la prochaine année est celui du Québec Central.  Le directeur général de la CRÉ, Laurent Lampron, est conscient que l’étude est attendue par plusieurs.  « C’est en cours et ça chemine bien, on s’attend à ce que le rapport du consultant Dessau nous soit livré fin février début mars pour être présentée aux élus au printemps 2012.   Les rencontres avec les industriels sont terminées, nous sommes à l’étape du traitement de l’information.  Un comité de suivi surveille le cheminement de tout ça, comité qui inclut tous les partis, toutes les tendances.  À chaque étape de l’évolution de l’étude, tout le monde est mis au parfum et on s’attend à la toute fin d’avoir un consensus sur s’il y a ou non, un avenir pour du chemin de fer dans la région. »

Assurer la pérennité de sentiers pour les véhicules hors route fait partie des priorités gouvernementales au Québec. Une Table régionale travaille actuellement à trouver des sentiers qui deviendront des sentiers durables et non permanents.  Le terme permanent fait peur.  En Chaudière-Appalaches, le défi est de s’entendre sur lesquels sentiers et selon lesquelles conditions on devra les privilégier. Nous sommes à effectuer un relevé de chaque sentier de véhicule hors route en collaboration avec les clubs.  Toutes les conditions de ces sentiers, les ententes avec les propriétaires et ce, kilomètre par kilomètre.»

Monsieur Lampron ajoute toutefois que le dossier est complexe en Chaudière-Appalaches pour différentes raisons.  « Le problème majeur vient du fait qu’on a peu de terres publiques, mais plutôt des terres privées agricoles et forestières ce qui augmente la complexité de la concertation.  On a en plus souvent des problèmes avec certains ministères qui ne comprennent pas les problématiques locales et sous-locales, c’est le cas avec le ministère des Transports dans ce dossier-là. »

Maurice Sénécal est conscient de l’importance de la présence des véhicules hors route dans la région et de la complexité du dossier.  « On parle de 80 millions de dollars de retombées pour la région.  On a des difficultés avec les sentiers en raison de la difficulté du partage des sentiers, quad et motoneige l’hiver, puis quad et vélo l’été.  Il y a 23 000 propriétaires touchés dans la grande région de Chaudière-Appalaches par l’avenir du véhicule hors route. »

La suite du volet Québec Central ne serait pas incompatible avec certains aspects de la stratégie des véhicules hors route.  Le principe de base est que s’il y a un potentiel d’usagers pour le chemin de fer, on maintiendra cette vocation ferroviaire ajoute Laurent Lampron sauf que s’il n’y a pas de potentiel, on pourrait la revoir.

D’autres sujets chauds

Les sujets chauds de 2012 seront variés selon Maurice Sénécal qui cite en exemple l’entente spécifique sur l’immigration.  « On travaille actuellement pour amener des immigrants déjà à Montréal dans la région.  On va finir par manquer de main-d'œuvre et on a besoin d’immigrants investisseurs pour reprendre et assurer certains services de proximité comme des dépanneurs et autres. »  La caractérisation des eaux souterraines tant souhaitée débutera au cours de la prochaine année.  « Y a des régions qui dépensent des millions pour trouver de l’eau où il n’y en a pas.   Chez nous on a décidé de la payer au complet cette démarche pour que l’on sache où il y en a.  On va donc dépenser moins de sous dans l’avenir. »

La région de Chaudière-Appalaches existe depuis plus de 20 ans et le sentiment d’appartenance tant souhaité n’est pas encore au rendez-vous.  Monsieur Sénécal estime que ce n’est qu’une question de temps. « Chaudière-Appalaches, c’est 405 000 habitants, on est une force incroyable, moi je dis qu’on n’a pas besoin de Québec, mais Québec a besoin de nous.  Au niveau du sentiment d’appartenance à la région, ce n’est pas acquis pour l’ensemble de la population, mais ça l’est pour la grande majorité des élus où le cheminement s’est fait. »

Monsieur Sénécal termine en disant que la Conférence régionale des élus a une utilité méconnue de la population.  Elle sert de courroie entre les municipalités et ses voisines en plus de voir à l’évolution de dossier qui ne pourraient être traité localement.  « Le niveau local, c’est les élus municipaux qui sont les plus près et c’est là que c’est le plus difficile parce que là, les cordons de la bourse sont serrés et chaque dépense à un impact direct sur le compte de taxe du citoyen.  Le supra local est un peu différent puisque les dossiers régionaux sont à la MRC et à la CRÉ.  Les ententes spécifiques doivent être développées régionalement. »

Monsieur Sénécal termine en disant que l’étude sur les services universitaires dans la région doit être remise à jour et que la CRÉ débutera le travail sur son plan quinquennal de planification stratégique.  Celui en vigueur se termine au cours de la prochaine année alors il faut faire le point sur ce que l’on a fait et ce que l’on devra faire à l’avenir et cibler nos priorités.

Organisations: Conférence régionale des élus de Chaudière-Appalaches, BAPE, MRC Assemblée nationale Coalition pour le maintien des comtés Dessau Ministère des Transports

Lieux géographiques: Québec, Région de Chaudière-Appalaches, Montréal

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