Aux dires de son président Marc-Yvan Poulin, le ministre Clément Gignac n’a pas daigné répondre aux milliers de propriétaires de la Beauce et d’autres régions du Québec, qui lui demandent de réviser la Décision 19 sur le partage des budgets d’aménagement.
« Les producteurs avaient droit à une réponse du ministre. Jusqu’à maintenant, ils n’ont reçu qu’un accusé réception, signé par la collaboratrice de l’attaché politique du ministre. Ça frôle le mépris », a déclaré M. Marc-Yvon Poulin, lors d’un point de presse à Saint-Georges au début du mois..
Malgré 1 200 lettres de propriétaires, malgré des résolutions d’appui de la Fédération de l’UPA de la Beauce, de la Fédération des producteurs forestiers du Québec et de nombreuses municipalités et MRC du territoire, malgré la démonstration des conséquences négatives de la Décision 19 pour la forêt privée et l’économie régionale, le ministre est resté sourd aux demandes des propriétaires.
« La forêt privée devient donc un enjeu régional majeur dans cette élection », a poursuivi M. Poulin, précisant que les 11 100 propriétaires de boisés de la Beauce sont répartis dans cinq circonscriptions électorales : Beauce-Sud, Beauce-Nord, Bellechasse, Lotbinière-Frontenac et Mégantic.
Des réponses attenduesAu nom des propriétaires de boisés de son territoire, l’Association adressera une série de questions aux candidats de ces circonscriptions:
En tant que candidat-e, si vous êtes élu-e, vous engagez-vous à: Appuyer la demande des propriétaires de boisés de la Beauce-Etchemins qui réclament la suspension et la révision de la Décision 19? Amener le ministère des Ressources naturelles et de la Faune à remettre le propriétaire de boisé au centre de ses programmes d’aide? Appuyer le principe de l’accès universel aux programmes pour l’ensemble des propriétaires de boisés, c’est-à-dire le libre choix du conseiller forestier pour le propriétaire? Exiger la répartition des fonds publics réservés à l’aménagement forestier fondée sur la performance plutôt que sur la nature corporative du conseiller forestier? Favoriser un marché libre de l’aménagement?
Dans une édition spéciale du Bulletin forestier, publiée juste avant le scrutin, l’Association fera connaître leurs engagements respectifs aux 11 110 propriétaires.
Les propriétaires de boisés privés et leurs familles sont au cœur de l’économie régionale. En détournant une part importante des budgets d’aménagement vers des compagnies à but lucratif, le gouvernement veut forcer les propriétaires de boisés à signer des ententes commerciales avec elles. Ce faisant, il brime leur liberté de faire affaires avec le conseiller de leur choix.
« Ce n’est pas le rôle de l’État de s’immiscer dans les ententes commerciales entre les particuliers et les entreprises », conclut Marc-Yvon Poulin.

