L’objectif de ce voyage : connaître les impacts en milieu agricole de l’implantation de l’industrie gazière. Le constat: une véritable invasion barbare de l’industrie gazière en milieu agricole. Le territoire du comté, jusqu’alors occupé à 90 % par de petites entreprises
agricoles et forestières, est aujourd’hui désolément déstructuré par l’occupation de l’industrie gazière, où se succèdent, à proximité des résidences et des fermes, les tours de forage, conteneurs de produits chimiques et eaux usées, pipelines, torchères, camions, stations de compression et carrières, rendant quasi impraticable l’agriculture pour certains.
Nous avons aussi constaté qu’une gare, où les camions sont remplis de sable de silice à l’air libre, est situé juste derrière une garderie et d’un centre médical.
Les agriculteurs de cette région ont été véritablement exploités par l’industrie. Ils ont signés des ententes avec les gazières à rabais, entre 25$ et 100$ l’acre, au profit de la santé de leur troupeau, de leur propre santé et de celle des communautés voisines. Les compagnies gazières ont reçu 1614 violations de dommages environnementaux sur 2,5 ans, c’est l’équivalent d’un puits sur deux. Des groupes de médecins et de vétérinaires
témoignent maintenant des données qu’ils ont recueillies pour dénoncer les pratiques non respectueuses de l’industrie gazière. Ils dénombrent les mises en quarantaine des troupeaux, les taux d’avortement anormalement élevés, les déformations congénitales et la baisse de la production laitière des suites de déversements toxiques dans l’environnement.
Nous avons mesuré un taux de radiation 2 fois plus élevé que la normale sur un site d’une agricultrice que nous avons pu visiter et dont la résidence et la ferme est à peine à 200 pieds du puits. En regard des communautés voisines, certaines ont une qualité de l’air comparable à celle de la ville de Los Angeles et ce en pleine campagne. La revue Scientific American a
récemment publié que l’eau potable des résidences situées à moins de 3 km des puits gaziers ont 80 % des « chances » d’être contaminé au méthane. Un couple nous a montré un récipient d’eau, dont les autorités disent qu’elle est potable, cette eau avait la couleur du lait au chocolat mais pas le goût. Un évent doit être installé sur le puits de la maison pour évacuer le méthane qui devient trop élevé pour ses occupants.
L’industrie gazière a engendré 5669 emplois alors qu’elle en avait prévu 140 000. Les petits restaurants et hôtels de la région profitent de la manne soudaine et de courte durée des travailleurs venus pour la plupart de l’extérieur et qui quitteront aussitôt la région. Les travailleurs locaux effectuent les tâches les plus difficiles et les plus dangereuses. En
contrepartie, l’industrie du tourisme, du camping, de la chasse et de l’agriculture voit ses profits chutés, si même elle n’a pas déjà quitté les lieux des suites de contamination.
Les agriculteurs de ces régions ont perdu dignité et honneur, ils sont réduits à dénoncer pratiques de l’industrie, au péril du peu qu’ils leur restent.
J’ose à peine de croire qu’un jour nous permettrons à cette industrie de venir s’implanter chez nous. Il faut le voir pour ceux qui sont des St-Thomas. Il y aura un autre voyage de prévue en juin et celui-ci se penchera sur les problématiques de la santé.
Gaston Laroche, téléphone : (418) 267-5844
Courriel: degazedici@hotmail.ca
Site Web : www.public.sogetel.net/gazdeschistebeauceetchemin

