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Un profond enjeu de société

Publié le 1 Mai 2012
Publié le 1 Mai 2012

Au-delà de la hausse importante des frais de scolarité pour les études
universitaires que veut imposer le gouvernement Charest se cache une
métamorphose significative du rôle de l’État, gardien du bien commun et
répartiteur de la richesse collective.

Sujets :
Québec

Comme dans l’ensemble de son oeuvre, notamment depuis l’adoption des

derniers budgets provinciaux, ce gouvernement s’acharne à modifier les

paradigmes fiscaux pour faire porter les coûts des services publics aux

individus peu importe leur condition sociale, alors que depuis son accession au

pouvoir, il a remarquablement baissé les impôts des entreprises et des mieux

nantis de notre société. Pire encore, sous le fallacieux concept « d’utilisateur

payeur », il augmente la tarification de nombreux services (éducation, taxe

santé, hydro-électricité, CPE, etc.) que doivent absorber à n’en plus pouvoir les

familles de la classe moyenne et les moins favorisées, d’où proviennent la

grande majorité des étudiantes et étudiants.

Ce modèle qu’on nous impose pernicieusement dans un climat de méfiance

entaché de collusion, de corruption, de sarcasme et d’ironie envers la classe

politique, est dénoncé avec une évidente indignation par notre jeunesse et le

mouvement étudiant. Ils assument la responsabilité de revendiquer un avenir

différent et luttent de façon déterminée pour infléchir le cours des choses,

considéré faussement inéluctable.

Cette bataille pour l’accessibilité à l’éducation postsecondaire que le

gouvernement Charest a sciemment laissé tourner à la crise sociale nous

concerne toutes et tous. Nous en sommes solidaires et la soutenons, parce qu’il

en va de l’avenir de notre société que nous voulons la plus équitable possible

comptant sur des individus mieux éduqués, plus conscients, impliqués et

responsables.

Ce n’est pas en se cachant hypocritement derrière des prétextes de violence

condamnable ou en judiciarisant et même en « policiarisant » le conflit que le

gouvernement de Jean Charest pourra encore longtemps éviter le réel débat de

société auquel il est confronté. Il doit négocier sur la base des revendications

étudiantes et cesser immédiatement son petit jeu électoraliste, car la véritable

démocratie est beaucoup plus que d’aller aux urnes périodiquement. Ça, les

étudiantes et les étudiants l’ont compris et l’exigent. Il ne s’agit pas d’un caprice d’enfant gâté, mais d’une valeur fondamentale. À nous de les soutenir dans leur cause qui est aussi la nôtre. Il en va de notre futur collectif.

Le comité exécutif du Conseil central de Québec/Chaudière-Appalaches CSN

Ann Gingras, Richard Gauvin, Émilia Castro, Yves Fortin et Réal Thibault

 

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