Il fallait avoir les reins solides, la tête dure et un sens de sa responsabilité sociale pour ainsi s’obstiner à opérer cet équipement touristique, qu’il a finalement réussi à rentabiliser en 2009-2010 et 2010-2011, années au terme desquelles des profits totaux de l’ordre de 140 000 $ ont été réalisés avant amortissement.
À 78 ans, l’homme n’en souhaitait pas moins se départir depuis plusieurs années de cet équipement récréotouristique pour ne pas laisser à ses héritiers le fardeau de continuer à opérer un centre de ski, dont le rendement financier comme plusieurs des équipements du genre est aléatoire et directement en relation avec les conditions climatiques hivernales propices ou non à la pratique du ski alpin.
À cet égard, les dernières semaines ont été fertiles en rebondissements suite au coup de téléphone logé, le lundi 14 mai, par M. Biron à Marc Lacroix, président des Amis du Mont Orignal et de la Compagnie de Plein Air Apalomont, qui regroupe la quarantaine de propriétaires de chalets sis au pied des pentes du Mont Orignal, pour lui apprendre la visite le lendemain d’un représentant d’une station de ski de la région de Québec, intéressé par les équipements de la station.
Annoncée dans nos pages dans les jours qui ont suivi, la décision M. Biron de ne pas opérer la station de ski en 2012-2013 ajoutait à l’urgence pour le milieu de réagir rapidement pour éviter le désastre socioéconomique, que représenterait la fermeture de la station du Mont Orignal ou, pire encore, son démantèlement.
Bien qu’inquiétant, ce double message a porté des fruits puisqu’une semaine après l’appel logé à M. Lacroix, la municipalité de Lac-Etchemin annonçait son intention de se porter acquéreur du chalet de la station de ski.
Dix jours après cet appel, une trentaine d’investisseurs etcheminois, bellechassois, beaucerons et lévisiens se sont par ailleurs engagés à investir chacun 25 000 $ dans la future coopérative de solidarité qu’on se propose de créer pour reprendre en main la suite des choses.
Idéalement, les instigateurs de cette remarquable et prompte mobilisation, qui démontre bien toute l’importance accordée à la présence de la station de ski du Mont Orignal dans le milieu, visent recruter une quarantaine d’investisseurs pour assurer l’essentiel du financement des 1,6 million de $, qui sont requis pour financer l’achat des équipements de la station de ski du Mont Orignal, dont le prix a été fixé à 2 millions de $ par M. Biron.
À ses dires, bien que le démantèlement de la station aurait pu lui permettre de récupérer entre 2,3 et 3 millions de $, il préfère perdre quelques centaines de milliers de dollars plutôt que de voir une quarantaine d’années d’efforts et d’investissements privés et collectifs s’envoler en fumée.
Que certains pensent ou disent que M. Biron n’avait pas vraiment d’autres choix compte tenu de la présence dans la région de Beauce-Etchemins de sa compagnie de téléphone Sogetel n’enlève rien à la grandeur et à la beauté de son geste, lui qui aurait très bien pu faire monter les enchères et éponger ce faisant une plus grande partie des pertes encourues au fil des 18 ans durant lesquelles il a été propriétaire de la Station de ski du Mont Orignal. Il s’est toutefois contenté de 2 millions $.
Pour cela et pour votre implication dans la station de ski du Mont-Orignal, Beauce, Bellechasse, Les Etchemins et Lévis vous lèvent, Michel Biron, leurs chapeaux et saluent votre significative et indispensable implication dans le maintien et l’essor d’une station de ski dont l’avenir sera désormais tributaire de la capacité du milieu d’être solidaire de cet équipement et de se rallier derrière toutes intiatives susceptibles d’alimenter ses coffres.

