Poser la question, comme l’ont fait les représentants du ministère des Ressources naturelles au terme de leur conférence prononcée, le vendredi 28 septembre, à lac Etchemin sur le thème : «État de santé du lac Etchemin et de sa population de touladis», c’est y répondre.
Pourtant, l’attitude de certains riverains du lac Etchemin ne semble pas s’accorder avec la réponse qui devrait logiquement être donnée à cette question.
Du moins, c’est ce que laissait entendre les deux représentants du ministère des Ressources naturelles, qui ont présenté cette conférence.
À la lumière de leurs observations, force nous est d’admettre que le lac Etchemin vieillit mal et de façon accélérée. Le taux élevé d’artificialisation de ses rives (soit 52 % de ses rives ou 5 500 mètres) qui favorise à la fois l’érosion des berges donc l’envasement du lac, le réchauffement de l’eau et son corollaire la prolifération des plantes aquatiques, qui est accélérée par la fertilisation des berges du lac, constituent des facteurs déterminants de ce vieillissement dont les propriétaires riverains du lac sont largement responsables.
Le bon sens voudrait que ce soit à eux de prendre les moyens de préserver l’intégrité de ce plan d’eau qui confère une si grande valeur à leur terrain et à leur propriété riveraine. Dans le but de les inciter à ce faire, la municipalité de lac Etchemin a d’ailleurs remis en 2009 à chacun des propriétaires riverains du lac Etchemin un rapport individualisé de la bande riveraine de leur terrain assorti des recommandations de l’Escouade LACS du conseil de bassin de l’Etchemin à qui la municipalité de lac Etchemin avait confié le mandat de réaliser cette étude.
En septembre dernier, cette même escouade a effectué à la demande du conseil municipal une analyse de l’état de la bande riveraine du lac et du degré d’application des recommandations individualisées faites aux riverains pour la revégétalisation de leur terrain riverain.
Selon les conclusions de cette étude, le conseil pourrait légiférer pour forcer les propriétaires récalcitrants à se conformer aux recommandations de l’Ecouade LACS.
Elle ne serait d’ailleurs pas la première à règlementer pour assurer une plus grande protection aux plans d’eau de son territoire, d’autres comme la municipalité de Saint-Damien l’a déjà fait avec succès en interdisant notamment l’utilisation d’herbicides et de fertilisants sur les terrains riverains du lac Dion, en exigeant l’aménagement de bandes riveraines de 5 mètres des propriétaires de chalet sis à plus de 10 mètres de la rive, ou encore, en interdisant l’abattage d’arbre sur les terrains riverains.
Réclamées par le Comité de restauration du lac Dion, ces réglementations ont permis une nette amélioration de la qualité de l’eau de ce lac.
Que voilà un bel exemple pour les édiles de Lac-Etchemin qui, comme leurs homologues de Saint-Damien, pourraient choisir d’intervenir sous plusieurs aspects pour protéger l’intégrité du lac Etchemin.
Le revégétalisation des rives c’est une chose. L’épandage des pesticides et fertilisants, la limitation de la vitesse de circulation des bateaux à moteurs, des grands responsables de l’érosion des rives, ou encore, l’interdiction de la circulation des bateaux à moteur dans les sites les plus fragilisés comme celui environnant la décharge du lac en sont d’autres tout aussi importants pour préserver l’intégrité du lac Etchemin.
L’Association de protection du lac Etchemin en est d’ailleurs bien consciente et souhaite notamment obtenir du conseil qu’il adopte un règlement interdisant l’épandage de fertilisants et de pesticides sur les terrains riverains. Dans ce contexte, l’adhésion massive des riverains du lac à cette association constituerait certes un argument de poids pour convaincre le conseil d’abonder dans ce sens.

