EDF En Canada, le promoteur de ce projet pourra donc entreprendre les travaux qui devraient permettre leur mise en service en décembre 2012. La nouvelle annoncée la semaine dernière a fait l'unanimité dans les milieux d'affaires de Bellechasse-Etchemins et parmi leurs élus en particulier ceux des quatre municipalités directement visées par ce projet (Buckland, Saint-Luc, Saint-Magloire et Saint-Philémon), qui toucheront des redevances annuelles totales de 300 000 $ durant les 20 prochaines années.
Même scénario du côté des MRC de Bellechasse et Les Etchemins qui, après des années de démarches infructueuses dans le but d'obtenir du gouvernement du Québec un financement récurrent pour le Parc régional Massif du Sud, viennent finalement de décrocher l'eldorado.
Habiles et tenaces négociateurs, les préfets et directeurs généraux des MRC de Bellechasse et Les Etchemins ont en effet obtenu du gouvernement du Québec qu'il agrandisse la zone de récréation intensive du parc régional Massif du Sud, ce qui aura pour conséquence d'augmenter de 5 à 29 le nombre d'éoliennes pour lesquels les paiements des baux de location leur seront versés par EDF plutôt qu'au gouvernement du Québec. Ces baux chiffrant 5 000 $ du MW, 29 éoliennes de 2 MW généreront donc des revenus annuels de 290 000 $ pour au moins les 20 prochaines années pour le parc régional Massif du Sud. Le protocole d'entente relatif à cet agrandissement de la zone de récréation intensive devrait d'ailleurs être ratifié au cours des prochains jours ou semaines par les représentants du gouvernement du Québec et ceux des MRC.
Devant un pareil flux d'argent, les politiciens municipaux avaient donc toutes les raisons du monde de jubiler, lundi denier, lors de l'annonce de l'adoption du décret ministériel autorisant le projet éolien du Massif du Sud.
Ce n'était évidemment pas le cas de la douzaine d'environnementalistes qui se sont déplacés au parc Massif du Sud, lundi dernier, pour manifester leur opposition à cette décision.
Sans étonnement, leur opposition à ce projet qui s'appuyait sur ses impacts appréhendés n'ont évidemment pas fait le poids devant les arguments économiques, son acceptation quasi unanime des populations directement concernées par le projet et l'ouverture manifeste de ses promoteurs à remanier leur projet pour le rendre plus acceptable socialement et environnementalement.
Néanmoins, les environnementalistes peuvent au moins se targuer d'avoir réussi à sauver l'habitat d'une espèce menacée, la grive de Bicknell, ce qui aura du même coup permis de sauver les sommets du Massif. Sous la pression des écologistes, EDF en Canada a en effet ramené dans un premier temps de 14 à 6, les éoliennes devant être installées à quelques 850 mètres d'altitude puis s'est ravisé avant les audiences du BAPE en ramenant les six restantes sous les 800 mètres d'altitude.
Quant à leurs prétentions à l'effet que ce projet aura des impacts désastreux sur le régime hydrique des tributaires des rivières Etchemin et du Sud tout autant que sur leurs ressources halieutiques, l'avenir nous dira s'ils avaient raison.
À cet égard, les dégâts du récent ouragan Irène à Armagh, Saint-Malachie et Saint-Philémon, notamment, laissent toutefois songeur.
Le saccage du camping Bellechasse par la rivière des Pins, les ponts emportés par la rivière Armagh et les dizaines de milliers de dollars de dégâts occasionnés aux sentiers multifonctionnels du parc régional Massif du Sud, dont le gravier est venu remplir un 3e fois en deux décennies le lit des rivières, laissent en effet appréhender des impacts de ce projet évidemment profitable à court terme, mais qui pourrait se révéler à long terme une boîte à dégâts écologiques et environnementaux. La Voix du Sud

