Sa plus récente frasque, le déclenchement d'un simulacre d'enquête publique, la Commission Charbonneau, qualifiée d'émasculée par plusieurs observateurs politiques.
En soustrayant sa commission d'enquête à l'obligation de contraindre les témoins à comparaître sous prétexte de ne pas interférer dans les enquêtes policières, de pouvoir amener les criminels devant le tribunal et de protéger les témoins, ce que le vice-doyen et professeur de droit agrégé à la section de droit civil de l'Université d'Ottawa, Charles-Maurice Pannaccio, a qualité d'arguments fallacieux et de désinformation puisque lesdits témoignages peuvent très bien être utilisés pour incriminer les contrevenants auxquels ils font référence sans toutefois pouvoir l'être contre le témoin, lui-même, Jean Charest se crée une commission d'enquête sur mesure, mais qui ne respecte pas les principes de la loi sur les commissions d'enquête adoptée par le gouvernement du Québec et qui a régi toutes les grandes commissions d'enquête de l'histoire récente du Québec, commission d'enquête sur le crime organisée (Ceco) ou Commission d'enquête sur l'exercice de la liberté syndicale dans l'industrie de la construction, (Commission Cliche).
Le déni démocratique de la Commission Carbonneau n'est d'ailleurs pas le seul avec lequel la population du Québec pourrait avoir à composer au cours des prochains jours.
Le prochain en liste, celui du découpage électoral dans lequel les partis libéral et québécois semblent finalement vouloir se mettre d'accord.
Dans ce cas, le déni consisterait à passer outre la proposition de nouvelle carte électorale faite par le directeur général des élections Jacques Drouin et qui vient d'être publié dans la Gazette officielle, ce qui devrait normalement lui donner force de loi.
En conformité avec la loi, cette nouvelle carte en fusionnant les comtés de Matane, Kamarouska-Témiscouata et Lotbinière avec leurs voisins permettrait la création de trois comtés en Montérégie et dans la couronne Nord de Montréal tout en respectant le nombre de 125 comtés prescrit pas la loi et la fourchette d'électeurs devant être dénombrés dans un comté soit plus ou moins 25 % du nombre moyen d'électeurs des 125 comtés québécois.
Déposée après plusieurs années de discussions et de consultation, cette nouvelle carte pourrait toutefois être reléguée aux oubliettes si Libéraux et Péquistes s'entendent pour remettre au feuilleton la loi 19, qui propose la création de trois nouveaux comtés et le maintien de 125 autres, ce qui aurait pour effet de porter à 128 le nombre de comtés québécois. Ce faisant la prétendue représentation des milieux ruraux serait préservée mais au prix de passer outre une loi en vigueur depuis 1989, mais qui ne fait pas l'affaire des politiciens des deux partis mentionnés.
Évidemment, les représentants de l'Union des municipalités du Québec, de la Fédération des municipalités du Québec, des Conférences régionales des élus concernées par ce découpage se disent généralement d'accord avec une possible ingérence des politiciens libéraux et péquistes dans la procédure légale de détermination des comtés électoraux, qui aurait l'avantage de protéger leurs intérêts, mais est-ce vraiment celui des citoyens?
Difficile de répondre oui à cette question dans le contexte de la dévalorisation actuelle du rôle des députés et de la remise en question de leur influence au sein du gouvernement, une situation qu'illustre bien le simulacre de commission d'enquête annoncée par Jean Charest après plus de deux ans de tergiversations alors que la très grande majorité de la population la réclamait depuis autant de temps, notamment par l'entremise de leurs députés, qui jusqu'à mercredi dernier n'avaient visiblement pas l'écoute d'un premier ministre.
Dans ce contexte, créer trois contés de plus au Québec s'avérera une dépense aussi inutile, que futile, faite par surcroît en discordance avec l'esprit de la loi, ce qui ne fera que renforcer la perception qu'ont de plus en plus de Québécois de vivre dans une république de banane.
(P.S.): La récente adoption par le gouvernement du Québec de la loi 204, qui empêche toute poursuite contre la Ville de Québec dans le dossier de l'entente de gré à gré conclue avec Québecor dans le dossier du futur amphithéâtre de Québec ne s'inscrit-elle pas dans cette même logique?

