Cette baisse de la demande pour les bois résineux pourrait toutefois s'amoindrir au cours des prochaines années si les projets de chauffage à la biomasse actuellement sur les planches à dessin de plusieurs institutions publiques du Québec, dont le Centre de santé et de services sociaux des Etchemins et de l'Hôtel-Dieu de Montmagny, se matérialisent.
Dans les deux cas, les études de faisabilité sont faites. La transformation de leurs systèmes de chauffage pourrait d'ailleurs être entreprise au cours des prochains mois et leur mise en opération effectuée idéalement au cours de l'hiver 2012-2013 ou 2013-2014.
Supportés à près de 50 % par le ministère de la Santé et des Services sociaux et par l'Agence de l'efficacité énergétique, ces projets de remplacement du système de chauffage au mazout par la biomasse s'avéreront doublement rentables pour les Québécois.
Ainsi, au Centre de santé et des services sociaux des Etchemins, le directeur des finances, des services techniques et de l'hôtellerie, Robby Deblois, indique que les 10 années suivant le remplacement du chauffage au mazout par celui à la biomasse, les économies annuelles de l'ordre de 140 000 $ à 150 000 $, qui en découleront, serviront à financer la part de l'emprunt que l'institution devra assumer pour ce projet de l'ordre de 3 millions de $. Par la suite, ces économies réduiront d'autant les frais fixes de fonctionnement de l'établissement.
Outre les économies inhérentes au remplacement du mazout par la biomasse forestière comme source d'énergie, cette transformation de leur système de chauffage par les institutions mentionnées aura aussi l'avantage d'augmenter les revenus des propriétaires de boisés et de contribuer de ce fait à l'augmentation de la richesse collective tout en réduisant la dépendance des Québécois à l'égard des énergies fossiles.
Malgré des perspectives aussi intéressantes, à notre connaissance, aucune des municipalités de Bellechasse-Etchemins, où se retrouvent pourtant d'importantes ressources forestières susceptibles de les alimenter en biomasse, ne s'était engagée jusqu'à tout récemment sur la voie de la transformation de son système de chauffage au mazout à la biomasse.
Heureusement, ce n'est toutefois plus le cas depuis le 16 janvier dernier alors que le conseil municipal de Sainte-Aurélie accordait à la firme PMI le mandat de réaliser une étude sur le chauffage à la biomasse de plusieurs bâtiments publics de la municipalité, étude qui sera réalisée en partenariat avec l'Agence de l'efficacité énergétique.
Claivoyants et allumés, son maire Gilles Gaudette et ses conseillers sont convaincus qu'il serait avantageux tant économiquement que socialement d'utiliser la biomasse, plutôt que le mazout comme source d'énergie.
Encore faudra-il toutefois que la biomasse forestière soit disponible pour répondre à la demande de ces clients potentiels, ce qui n'est pas forcément le cas présentement.
Pour les assurer d'un approvisionnement fiable en biomasse, les regroupements de producteurs forestier tels groupements forestiers, syndicats des producteurs de bois ou coopératives forestières devront se concerter pour organiser cette production forestière d'avenir.
De plus, compte tenu de l'impact économique susceptible d'être engendré par la production de la biomasse et les économies résultant de son utilisation, les organismes de développement économique (CLD) ou encore, la Conférence régionale des élus de la Chaudière-Appalaches devraient susciter, encourager et supporter les projets susceptibles de mener à une production stable et structurée de biomasse.

