On voulait sans dourte éviter de la sorte que des divergences d’opinions sur la question de l’affectation d’une somme de 50 000 $ du fonds régional du pacte rural ne fasse surface au su et à la vue de la gente journalistique, qui assistait à cette rencontre.
Les quinze minutes d’attente des journalistes dans le corridor adjacent à la salle de délibération du conseil des maires démontrent que les discussions ne se sont pas faites sans dissensions autour de la table du conseil de la MRC qui a finalement voté à l’unanimité pour le versement d’un don de 50 000 $ à la future coopérative de solidarité du Mont Orignal.
On ne saura toutefois jamais la teneur de ces discussions, pas plus qu’on ne connaîtra d’ailleurs leurs conséquences sur le raffermissement ou non de l’embryon de sentiment d’appartenance des municipalités des Etchemins à la MRC des Etchemins.
On ne peut par contre que se féliciter de ce dont la proposition autorisant le versement de ce don a été fait par le maire Richard Couet de Saint-Prosper, qui représente l’une des deux municipalités les plus populeuses des Etchemins.
«Saint-Prosper est quant même membre de la MRC Les Etchemins et il est important de supporter les trop peu nombreux équipements régionaux présents sur le territoire» expliquait –il judicieusement après cette rencontre.
Une opportunité à saisir
Toujours lors de cette rencontre, les maires ont entrepris le processus qui mènera à terme à l’engagement d’un nouveau directeur général puisque l’actuel, Fernand Heppell, doit prendre sa retraite en fin d’année 2012.
C’est normal, habituel et dans les normes, mais ce départ ne pourrait-il pas fournir aux maires l’occasion d’imaginer et d’inventer un modèle de gestion original, qui tienne compte de la réalité sociodémographique etcheminoise.
Au quatrième rang des MRC les plus défavorisées du Québec avec un revenu moyen par habitant de 20 351 $ et subissant par surcroît une diminution constante de sa population depuis presque 50 ans, ce qui n’y laisse plus que 17 254 habitants, concentrés à près de la moitié dans ses deux municipalités les plus populeuses, à savoir Lac-Etchemin (4 045) et Saint-Propsper (3 612), la MRC Les Etchemins et ses gestionnaires doivent en effet être imaginatifs, originaux et novateurs s’ils veulent créer des conditions gagnantes favorisant la rétention de leur population et la venue de nouveaux résidants sur leur territoire.
L’une de ces conditions gagnantes est la possibilité de travailler dans Les Etchemins, ce que la crise forestière des dernières années n’a évidemment pas favorisé, d’où les appels incessants des maires etcheminois pour des programmes d’assistance gouvernementale adaptés à leur réalité.
Une autre est la capacité des administrations publiques d’élargir la gamme des services offerts à leurs citoyens en limitant les hausses de leurs comptes de taxes de manière à éviter que ceux-ci ne deviennent prohibitifs.
Pour ce faire, rationaliser l’administration et la gestion des services municipaux, régionaux, provinciaux et fédéraux de manière à limiter la croissance de l’appareil bureaucratique constitue certes une voie à privilégier.
Dans Les Etchemins, c’est déjà le cas au niveau de service d’aménagement dont le responsable ouvre à temps partiel dans les Etchemins et dans une autre MRC de la région.
Pour une petite MRC de 13 municipalités et de 17 254 résidants comme celle des Etchemins, qui compte actuellement un directeur général, un directeur général adjoint, un responsable de son service d’aménagement. envisager d’autres partages de ressources ou des regroupements de services avec des MRC voisines ne constitue certainement pas une hérésie, au contraire! Alors contribuer à ce que de tels partages ou regroupements se concrétisent avant son départ à la retraite serait pour M. Heppell laisser un précieux héritage aux Etcheminois et conclure brillamment sa carrière de gestionnaire.

