• Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • Commenter (0)
  •  

L'occupation et la vitalité des territoires passent par les milieux et non les instances gouvernementales

Éric Gourde
Publié le 7 Février 2012
Publié le 7 Février 2012
Éric Gourde  RSS Feed

La Commission de l'aménagement du territoire à l'Assemblée nationale a reçu plusieurs commentaires de différents groupes la semaine dernière sur le projet de loi 34 qui concerne l'occupation et la vitalité des territoires au Québec.  La stratégie annoncée il y a quelques mois par le Gouvernement du Québec semble porteuse de bonnes intentions et de solutions.  Plusieurs de ces solutions sont toutefois connues.  Décentralisation, pouvoirs accrus aux territoires et aux élus de ces territoires.

Sujets :
Commission de protection , Communauté métropolitaine de Québec , Ministère de l’Environnement , Région de Québec , Saint-Charles , Saint-Anselme

Même si le préambule du projet de loi reconnaît d'emblée que le Québec est composé de territoires qui ont des défis et des potentiels propres, la plus grande difficulté dans cette démarche sera  de faire comprendre au gouvernement que leurs instances et leurs populations  sont les mieux placées pour évaluer les besoins et les solutions qui assureront leur vitalité et leur développement.  Depuis des lustres, il semble y avoir une certaine résistance aux changements, non pas chez les élus, mais plutôt dans les hautes sphères de la fonction publique.  Nombreux sont les commentaires que l’on reçoit sur le sujet qui font état de ce constat. 

Rappelez-vous de cette sortie du maire de Saint-Charles, Martin Lapierre, qui critiquait sans gêne le cafouillage bureaucratique entourant sa demande d’approbation d’ajouter une centaine de terrains à son périmètre urbain.  La problématique venait du fait que les démarches avec la Direction régionale du ministère de l’Environnement et la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) devant mener à cette approbation trainaient en longueur.

Le président de la Conférence régionale des élus de Chaudière-Appalaches, Maurice Sénécal, en a aussi fait état.  Il souhaite lui aussi une décentralisation.  Les ministères devront travailler pour les régions et non pas le contraire selon lui citant au passage qu’un changement de culture était nécessaire tant  au niveau gouvernemental qu’au niveau local. 

Ce n’est pas d’hier que les élus municipaux demandent des pouvoirs accrus aux différents gouvernements.  Il semble toutefois que la proposition identifie clairement le besoin de diversification des sources de revenus des municipalités qui elles pourraient accroître leur autonomie financière, autonomie de plus en plus périlleuse puisque leurs responsabilités sont sans cesse en hausse et le financement plus ou moins au rendez-vous.  De cette façon, les municipalités demeurent dépendantes du gouvernement et ne peuvent se faire trop insistantes de peur de froisser certains décideurs.

Cette arrivée potentielle de nouveaux pouvoirs pourrait elle aussi causer des irritants.  À qui attribuer ces nouveaux pouvoirs???  Les municipalités, les MRC, les Conférences régionales des élus ou d’autres instances régionales???  Là aussi, le nombre élevé de paliers de toutes sortes pourrait causer certains tiraillements.  Un exemple!! La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) a récemment demandé la mise en place d'une Table métropolitaine Québec-CMQ. Celle-ci servirait de lieu de concertation et de coordination des actions provinciales et municipales en matière d'aménagement et de développement du territoire pour la grande région de Québec. 

L’étalement urbain que connaissent Québec et Lévis, entre autres, légitimise une certaine concertation.  Jusqu’où doit aller cette concertation régionale.  Quoique les MRC limitrophes à la Ville de Lévis ne semblent plus faire partie des composantes du territoire qui feraient éventuellement partie de cette Table, des interventions de la CMQ ont déjà causé des irritants dans le passé et amèneront les élus de la Rive-Sud à surveiller de près ce qui s’y discute.  Rappelons-nous de cette virulente sortie du maire de Saint-Anselme, Michel Bonneau lorsque la CUQ avait émis un avis défavorable à une demande de dézonage de la municipalité à la Commission de protection du territoire agricole.

Les consultations sur le sujet sont en cours jusqu’au 16 février.  Cette nouvelle vision gouvernementale pourra-t-elle se traduire dans l'action, et faire en sorte que des ministères et des sociétés d'État qui agissent trop souvent en contradictions les uns avec les autres puissent enfin agir en complémentarité et que les municipalités obtiennent les pouvoirs et les outils dont ils ont besoin pour assurer leur développement?? L’intention semble là, mais dans les faits…..on verra

Commentez

Commentez (Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

Infolettre

Inscrivez votre courriel et recevez nos nouvelles dès leur parution !

Inscription aux nouvelles en direct

Publicité