À l’échelle du Québec, le conflit étudiant s’est transformé en un conflit social. Dans la région, le dossier du déplacement des emplois du Centre financier aux entreprises de Desjardins (CFE) vers Lévis a provoqué des envolées verbales qui ont retenu l’attention certes mais dévié le débat sur les véritables enjeux. L’évolution de celui du lieu d’enfouissement technique de la MRC de Bellechasse à Armagh (LET) a aussi connu des ratés. L’avenir du centre de ski Mont Orignal a aussi interpellé bien des gens partout en Chaudière-Appalaches.
Un dossier devient litigieux quand il fait l’objet d’une dissimulation d’information ou que celle-ci est volontairement erronée dans un objectif bien précis.
Si des exemples du genre existent, il y a heureusement d’autres exemples où la discussion a permis des rapprochements et des règlements. L’un de ceux-là, les inquiétudes de la MRC de Bellechasse relativement aux services offerts aux citoyens en matière de santé et de services sociaux à la suite de la fusion du CSSS Grand Littoral avec l’Hôtel-Dieu de Lévis. La création du CSSS Alphonse Desjardins avait amené la MRC à envisager un rapprochement avec le CSSS des Etchemins dans le but de s’assurer de recevoir certains services. Certaines discussions avaient volontairement été dissimulées pour ne pas envenimer les conversations mais on se parlait. Les conversations se poursuivent dans le but de solutionner le problème de la desserte médicale sur le territoire de la MRC. On semble à tout le moins sur la bonne voie. À l’inverse, le dossier du déménagement du CFE vers Lévis est apparu dans l’actualité à la surprise de tout le monde comme un fait accompli. Le ton plus constructif des dernières semaines permettra peut-être un transfert des activités mais un maintient de certains emplois localement.
Relativement au Mont Orignal, l’ultimatum lancé par le propriétaire Michel Biron sur un possible démantèlement de la station de ski a provoqué une vive réaction en raison des échéanciers serrés auxquels les gens désireux d’assurer sa survie étaient confrontés. L’utilisation d’un acheteur fictif dans les discussions n’était pas l’idée du siècle. Illustrer certaines réalités dès le départ aurait été un meilleur choix.
Quant au LET à Armagh, il était évident que la MRC de Bellechasse et la direction régionale du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs n’étaient pas sur la même longueur d’onde sur la situation alors que l’un émettait des constats d’infraction et l’autre renvoyait le blâme vers le ministère. Des mises en demeure ont aussi fait partie des correspondances entre les deux organisations. Au moins, les travaux visant à régulariser la situation sont en cours mais la politesse des discussions en cours demeure fragile.
Les termes discussions secrètes, manœuvre sous-marines et huit-clos sont une façon de faire qui peut amener parfois des discussions houleuses, de la déception, de la surprise, du scepticisme voire même de la colère. Leur utilisation pondérée peut permettre une évolution positive à certaines situations. Il y a toutefois un danger à les utiliser à toutes les sauces. La Brasserie Labatt avait, dans les années 70’, réussi à rassembler les humeurs grâce à sa publicité « On est six millions, faut se parler ». Même si nous ne sommes plus six millions, se parler sera toujours d’actualité.

