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Combien vaut le massif du Sud ?

Publié le 30 Septembre 2010
Publié le 30 Septembre 2010
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Comment le gouvernement Charest, et particulièrement la ministre des Ressources naturelles et de la Faune peuvent-ils défendre le projet d’implanter un parc de 75 éoliennes au parc régional du Massif-du-Sud, sur le sommet d’une montagne de près de 900 m, en plein milieu d’un écosystème forestier exceptionnel ?

Sujets :
Québec , Sommets des Appalaches , Bellechasse

Ça dépasse l’entendement ! Comprenez-moi bien, nous ne sommes pas contre les éoliennes, loin de là, mais encore faut-il avoir assez de sagesse pour les installer au bon endroit ! S’il est vrai qu’on nage dans les surplus d’électricité présentement au Québec, et on a sacrifié presque toutes nos rivières importantes pour y arriver, devons-nous sacrifier, en plus, nos milieux naturels les plus remarquables pour installer des éoliennes, même si les éoliennes constituent un choix que nous continuons de promouvoir ?

Peut-être ne connaissez-vous pas le massif du Sud, qui occupe les premiers sommets des Appalaches dans le sud du comté de Bellechasse ? Alors il est temps pour vous d’y faire une visite avant que l’ouragan de cet autre beau projet du gouvernement Charest l’ait saccagé. Savez-vous ce que ça représente d’implanter ces 75 éoliennes dans un boisé comme celui-là ? Il faut tout d’abord construire un chemin d’accès de 42 km, lequel va desservir tous les sites de construction et éventuellement de service de ces éoliennes. Ensuite il faut déboiser des superficies d’au moins un hectare (ha) pour

chaque éolienne, puis il faut construire des lignes de transport d’énergie pour amener cette électricité à bon port. Ainsi, on va devoir faire disparaître, à tout jamais, environ 400 à 500 ha (4 à 5 km2) d’un boisé exceptionnel qui recèle, n’en doutez pas, toute une panoplie d’espèces qu’on devrait rêver de conserver. En particulier, une grive plutôt rare — la grive de Bicknell, pour les spécialistes — qui niche sur ces sommets dans des sapinières très denses et qui fréquente, malheureusement, les mêmes sites que ceux convoités par les installeurs d’éoliennes. De plus, plusieurs autres espèces d’oiseaux

seront affectées par le morcellement de l’habitat. Vous connaissez les bilans sur la biodiversité dans le monde ? Actuellement, elle n’en mène pas large !

Mais pensons aussi à nous, les humains. Cette superbe montagne boisée et, répétons le, localisée dans un parc, nous rend des services remarquables. Comme ça, tout bonnement, sans rien demander en retour. Quels sont-ils ces services ? Tout d’abord, l’eau. C’est dans ce boisé que trois rivières importantes de la rive sud prennent leur source : la rivière du Sud, la rivière Etchemin et la Daaquam. De plus, il y a un transfert d’eau, caché à notre regard, par le biais de la nappe phréatique que le boisé régénère et qui s’écoule lentement dans la plaine pour alimenter les puits artésiens des municipalités avoisinantes. Et vous pouvez être certains que c’est de l’eau propre, car ces boisés sont d’efficaces purificateurs d’eau. Ces écoulements de nappes phréatiques et de rivières ne s’interrompront pas si on construit ces éoliennes, mais une bonne partie de l’eau va plutôt s’écouler en surface et provoquer de l’érosion des sols, affectant ainsi l’approvisionnement des nappes phréatiques et des rivières. Et l’exemple aidant, le déboisement va sans doute se poursuivre pour mille et une raisons, dont un accès facilité par les 42 kilomètres de voies construites pour les éoliennes, de sorte qu’éventuellement l’approvisionnement en eau des municipalités pourrait être touché, de même que sa qualité.

Il y aussi du monde qui fréquente ce parc : au moins 40 000 visiteurs qui vont y faire des randonnées, de l’observation d’oiseau, du ski, de la motoneige, même de l’équitation, et qui trouvent dans ce parc un milieu qui satisfait leurs besoins spirituels, esthétiques et récréatifs. L’industrie forestière y trouve aussi son compte : elle fait des prélèvements qui sont compatibles avec la vocation du territoire et les exigences de la conservation.

Tous ces services rendus par cette montagne boisée valent-ils plus que les bénéfices éventuellement générés par ces éoliennes ? Et surtout, qui va en profiter ? La population locale et régionale, ou une autre de ces multinationales ?

On se demande donc pourquoi construire un parc d’éoliennes à cet endroit qui, soit dit en passant, est une terre publique appartenant donc à vous et moi, et qui est une sérieuse candidate à une éventuelle désignation comme aire protégée. D’autant plus que le sud du Québec est fortement déficitaire à cet égard (seulement 1,8 % d’aires protégées dans cette région comparativement à la moyenne nationale de 8 %). On a donc notre mot à dire sur ce qu’on y fait, mais, comme dans bien des dossiers, ce gouvernement ne nous laisse pas la chance de lui en faire part avant de prendre ses décisions. Il y a tellement de sites qui seraient plus convenables pour construire ces éoliennes : pourquoi ne pas y déménager ce projet ? Y-a-t-il quelqu’un à l’écoute?

Charles-Antoine Drolet, biologiste

Vice-président de Nature Québec

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    marc blanchet
    - 7 Octobre 2010 à 19:43:51

    je suis ne a st luc de belchasse pour moi cest important de conserver ce territoire intacte pas seulement pour les oiseaux les grenouilles et lesles autres animaux mais aussi pour les humains qui le frequantes en perdant ce magnifique territoire libre dacces pour tous cest une partie de liberte de perdu pour moi mes enfants et mes petis enfants nous ce nest pas une question dargent cest une question de besoin pour se resourcer en famille si je me suis construi un chalet a st luc pour ma retraite ce nest surrement pas pour regarder tourner de gros ventilateurs comme passetemps jai travaille toute ma vie depuis mes 17 ans jai toujour paye mes impots maintenant on vas menlever mes reves durrement gagnes en passant ceux qui ont toujours demeure a st luc vous y avez eleve vos enfants cotoye vos amis vous navez pas du etre tres heureux de cette vie si vous etes pres a tout abandonner pour un peut dargent le gouvernement charest aura ce quil souhaite on se souviendra de lui

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  • Nom de l\'usager
    claude charron
    - 6 Octobre 2010 à 20:08:08

    Monsieur Drolet, je connais les montagnes dont vous parlez. Leur viol en serait un perpétré envers le patrimoine collectif des québécois et la balafre laissée sur le paysage somptueux de ce massif un triste héritage laissé par ce gouvernement. Je suis certain que plusieurs ministres et autres gens sensés dans les ministères ne veulent pas passer à l'histoire comme étant ceux qui ont contribué à défigurer le Québec en subventionnant l'achat d'énergie excédentaire aux frais des contribuables. Comme vous je suis très inquiet et je lance un cri d'alarme avant qu'il ne soit trop tard.

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