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Les collisions avec des chevreuils demeurent stables en Chaudière-Appalaches


Publié le 8 septembre 2017

Si elles sont légèrement en hausse sur certaines parties du territoire, les collisions avec des chevreuils demeurent stables en Chaudière-Appalaches

©(Photo TC Média - Archives)

ROUTES. Le nombre de collisions entre des véhicules et des chevreuils est stable sur les routes de la région depuis quelques années.

Si la chose est en hausse dans quelques régions au Québec, il n'y a pas d'évolution à la hausse en Chaudière-Appalaches. «Il n'y a pas de baisse notable, sauf que Chaudière-Appalaches c'est grand alors il peut y avoir eu des hausses à certains endroits. Bon an mal an, on affiche une étonnante stabilité pour l'ensemble de la région, particulièrement au cours des trois ou quatre dernières années», indique Jean-François Dumont, biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

«Grosso-modo, c'est environ 1 000 collisions routières qui se produisent dans la région et une cinquantaine d'orignaux. Comme la population de chevreuil est relativement stable, on ne peut s'attendre à des fluctuations importantes.»

Les automobilistes peuvent toutefois être impliqués plus souvent dans des collisions impliquant des animaux, ajoute M. Dumont, sauf que les chevreuils ne sont pas les seuls à blâmer. «Ce n'est pas faux de dire qu'il y a une hausse par endroits, sauf que lorsqu'on regarde un peu les chiffres, on remarque un bon nombre de petits animaux qu'on pense au raton-laveur, les renards ou autres. Les chiens errants comptent aussi pour beaucoup là-dedans aussi. C'est toujours assez impressionnant comme données.»

Les collisions sont directement liées à ce qui se passe pendant l'hiver dans les ravages et surviennent à peu près toujours aux mêmes endroits, rappelle M. Dumont. «Il ne suffit qu'un propriétaire foncier décide de faire une coupe de bois sur sa propriété ou qu'une personne nourrisse des bêtes près de la route pour que quelques collisions surviennent dans la semaine.»

Où se méfier

Les endroits les plus propices demeurent les autoroutes 20 et 73, car les débits de circulation y sont plus élevés. Sur les routes principales, la route 277 entre Saint-Malachie et Saint-Léon, de même qu'à Sainte-Germaine-Station, la 276 de Lac-Etchemin à Saint-Odilon et la route 204 entre Saint-Prosper et Saint-Georges. «Rien a changé depuis quelques années, à l'exception du secteur de la route 281 entre Armagh et Saint-Philémon, car on observe un ravage d'envergure en train de se développer. Il est apparu très rapidement.»

Un cheptel intéressant

Pendant que certains avancent que l'hiver 2017 pourrait laisser plusieurs centimètres de neige, Jean-François Dumont estime que la météo demeure l'élément clé du maintien ou non d'un cheptel de qualité. «C'est difficile à prévoir, mais plus nous avons de neige, plus le chevreuil a de la difficulté donc, maintenir les densités conformes à notre plan de gestion est difficile. Pour l'instant, tous les indicateurs convergent sur une stabilité, que ce soit la récolte ou le nombre de collisions routières.»

Il rappelle que l'habitat du cerf est assez critique, ce qui le force à bouger occasionnellement. «C'est l'accès à la nourriture qui devient problématique. Des bêtes décident de changer de ravage au cours de leur vie, car ils cherchent un habitat favorable puisque la forêt vieillit. L'animal se cherche constamment un massif de forêt qui convient à sa survie et se trouve occasionnellement un bloc de forêt de 20 ou 30 kilomètres carrés.»

Il précise que la pire chose pour le maintien d'une population animale adéquate serait que l'hiver débute très tôt. «Pour un chevreuil, lorsqu'il y a beaucoup de neige en décembre et en janvier, leur bilan énergétique devient déficitaire. Le chevreuil travaille tellement plus fort pour se déplacer qu'il doit en venir à pouvoir fourrager. S'ils ne développent pas suffisamment leur réseau de sentiers et qu'ils ne réussissent pas à travailler convenablement en équipe, cela devient difficile pour eux. »

Heureusement selon Jean-François Dumont, les exceptions sont plutôt rares depuis quelques années. «Nous avons eu des hivers atypiques récemment sauf que 2016 a été clément en bonne partie. Le cheptel de chevreuil est intéressant, mais pas encore au niveau que l'on souhaiterait, sauf qu'il est stable.»

Évolution des collisions avec des chevreuils

MRC                                                          2014                      2015                      2016

Les Etchemins                                           80                           74                           82

Bellechasse                                                166                        135                         186                       

Nouvelle-Beauce                                      74                            92                           95