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Le maire de Saint-Anselme écrit au président d'Amazon

Michel Bonneau désapprouve l'attitude de Régis Labeaume


Publié le 9 septembre 2017

Déçu de la réaction du maire de Québec, Michel Bonneau a adressé un courriel au président d'Amazon.

©Photo TC Média - Archives

AFFAIRES. Déçu et amer de la sortie du maire de Québec, Régis Labeaume, le maire de Saint-Anselme Michel Bonneau a écrit au président d'Amazon, Jeff Bezos, lui indiquant que sa municipalité serait prête à accueillir l'entreprise.

Le maire Labeaume réagissait au fait que les maires des villes de Montréal, Toronto et Vancouver avaient répondu à un appel d'offres du géant américain qui envisage de construire un deuxième siège social et qu'une telle avenue aurait un effet néfaste sur l'emploi dans sa ville.

Une très mauvaise réflexion du maire de Québec estime Michel Bonneau. À titre de président de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), Régis Labeaume ne devrait pas oublier ses obligations selon lui. «Il manque à son devoir de leadership. Ce n'est pas digne d'une personne qui est censée être le leader d'une ville suprarégionale et qui doit être le dynamo de toute une grande région, même de l'Est-du-Québec. Amazon, ce n'est pas les peintures Joblo Inc. Quel message est-ce que cela envoie aux dirigeants d'entreprises? Le propriétaire de Simmons a annoncé vouloir construire un centre de distribution au coût de 150 M$. Est-ce que le maire de Québec va lui dire que c'est trop gros? Si c'est le cas, à Saint-Anselme, nous sommes prêts à le recevoir.»

Il ajoute que la création de 50 000 emplois génèrerait possiblement 50 000 travailleurs pour d'autres domaines en incluant les membres de leurs familles. «On va peut-être combler les pénuries de main-d'œuvre que l'on vit à d'autres niveaux. Bien sûr que certaines entreprises pourraient y perdre des employés, ce pourrait être immédiatement comblé par quelqu'un d'autres.»

Une telle avenue aurait naturellement ses contraintes estime Michel Bonneau, sauf qu'elles seraient inévitablement comblées. «Les 50 000 emplois n’arriveront pas en 5 minutes tout le monde ensemble. Ça s'organise la venue d'une entreprise comme celle-là. C'est là que ça devient important de bien gérer l'immigration, d'avoir des ressources, des développements résidentiels adaptés et une vision de comment on pourrait recevoir tout ce beau monde.»

Conscient que sa démarche peut sembler farfelue, M. Bonneau souhaite tout de même tenter sa chance. «C'est un peu cavalier peut-être, mais nous sommes à 30 minutes de Québec. Amazon a son siège social à 20 minutes du centre-ville de Seattle, on ne sait jamais.»

Il a d'ailleurs rédigé un courriel qu'il a adressé directement au grand patron. «L'essentiel de mon message est que nous sommes prêts à le recevoir, Je lui ai parlé de notre région, de notre joie de vivre, que nous avions un excellent réseau routier, du troisième lien que l'on aura un jour, que nous sommes à 30 minutes de Québec et que si le maire de cette ville ne voulait pas les voir, nous l'étions.»