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Les scieries québécoises: en meilleure position


Publié le 27 avril 2017

L’industrie forestière québécoise se retrouve dans une position avantageuse pour ce cinquième conflit du bois d’œuvre.

©Photo TC Media – archives

FORESTERIE. Les nombreux changements apportés au régime forestier québécois et les conditions favorables du marché mettent les scieries de la province en meilleure position que lors du dernier conflit du bois d’œuvre.

La cloche a sonné le lundi 24 avril. Le cinquième conflit sur le bois d’œuvre a commencé avec une taxe de 20% imposée aux exportations canadiennes. Le ballet commercial avec le voisin du sud est similaire à celui survenu en 2001. «La seule différence est que l’état du marché est meilleur que lors du dernier conflit. La demande et les prix sont excellents. Si ça reste comme ça, je pense que toutes les scieries resteront en opération», estime Gilles Lemay, propriétaire de la scierie Alexandre Lemay & fils de Sainte-Marie.

Les mises en chantier tant au Canada qu’aux États-Unis sont à des niveaux records. «Je ne suis pas certain que les gens vont arrêter la construction de leur maison même s’il en coûte 1300$ de plus pour une maison de 300 000$», montre à titre d’exemple Gilles Lemay.

Le Canada fournit environ 34% du marché américain en bois de construction. Les autres pays auront de la difficulté à compenser la diminution des exportations canadiennes. «Même si les acheteurs étatsuniens se tournent demain matin vers le Chili. Ce pays ne pourrait compenser que 1% de la demande», décrit Gilles Lemay.

Une industrie sans subvention

Depuis 2013, Québec a changé son régime forestier afin de le rendre conforme aux demandes américaines. 25% des droits de coupe sur les terres publiques sont vendus aux enchères. Cette vente détermine ensuite le prix que paient les industriels afin d’acquérir les 75% de droits de coupe restants. «Ils n’ont pas évalué à sa juste valeur le régime forestier québécois. C’est ça qui est frustrant», montre le vice-président du groupe Gesco-Star, Jacques Bussière, qui en est à son troisième conflit du bois d’œuvre.

«C’est difficile de soutenir qu’il y a des subventions dans les forêts publiques du Québec. Il est vrai que les régimes forestiers dans les autres provinces ne sont pas les mêmes», avoue tout de même Gilles Lemay.