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Sophie Brochu prévoit un tsunami de changements

Invitée par la Chambre de commerce Bellechasse-Etchemins


Publié le 1 mai 2017

Sophie Brochu a pris place à la table d'honneur aux côtés d'André Amyot, directeur des opérations de Kerry en Amérique du Nord, et du président de la Chambre de commerce, Yvon Laflamme.

©Photo TC Media - Éric Gourde

AFFAIRES. Présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu estime que des dizaines de milliers de personnes seront éjectées de leur milieu de travail avec la venue des nouvelles technologies.

La dirigeante de 53 ans était l'invitée de la Chambre de commerce Bellechasse-Etchemins à l'occasion d'un souper-conférence le 27 avril dernier à Saint-Henri qui a permis de réunir près de 120 personnes. La femme d'affaires n'était pas en terrain inconnu puisque des membres de sa famille résident dans la région et étaient sur place pour sa visite.

La réalisation d'une desserte en gaz naturel dans Bellechasse l'a naturellement réjouie au plus haut point. «Tout le monde s'est réuni autour d'un projet commun. Maintenant que c'est fait, nous serons ici pendant des dizaines d'années pour assurer le suivi, mais aussi pour aider les gens à consommer moins. Un gazoduc, c'est plus que du gaz naturel. C'est d'énorme possibilités.»

Bien au fait que des localités comme Saint-Charles, Saint-Lazare et la Ville de Montmagny espèrent pouvoir offrir le gaz naturel dans leur milieu, Mme Brochu estime que toute initiative est possible, mais nécessitera un certain processus. «Ce sera de longue haleine. On regarde de nouvelles possibilités comme des mini-réseaux et nous verrons si nous pouvons les déployer éventuellement. C'est une question de transport, de coûts et de consommation potentielle. Il y a des plans préliminaires sur lesquels on travaille.»

Mme Brochu a aussi fait allusion aux possibilités de fabriquer localement du gaz naturel qui pourrait être une avenue de développement pour certains milieux, citant comme exemple la biométhanisation des déchets domestiques qui, à ses yeux, représente une alternative très prometteuse.

Elle a aussi vanté le partenariat que Gaz Métro a obtenu avec Versaprofiles de Saint-Lazare, principal fournisseur des tuyaux qui ont alimenté la construction de la desserte dans Bellechasse. Elle s'est même dite ouverte à parrainer l'entreprise pour une éventuelle expansion hors-Québec. «L'entreprise travaille aujourd'hui sur tous les projets de Gaz Métro. Ça me fera plaisir de les présenter à d'autres acteurs de l'industrie au Canada. S'ils rencontrent nos critères à nous, ce sera sûrement le cas ailleurs au pays.»

Une onde de choc à prévoir

Profitant de la présence de gens d'affaires dans l'assistance, Mme Brochu a tenu à mettre en garde les gens présents sur de nombreux changements à prévoir, à brève échéance. «Le rôle de nos entreprises devra évoluer considérablement pour faire face au défi qui se présente sur le plan mondial. On vit à une époque où il y a tellement de changements et tout ça arrive rapidement. La révolution technologique actuelle est un tsunami de changements qui va frapper tous les pays industrialisés.»

Selon elle, les gens d'affaires devront réagir de la bonne façon. «Hier, cette révolution a atteint le secteur manufacturier et aujourd'hui, elle se prépare à toucher celle des services. Nous sommes à l'aube d'une telle confusion qu'il faut nous y préparer maintenant. Les entreprises ont une méchante responsabilité. Si on implante une technologie qui nous permet de réduire le niveau de main d'œuvre, il faudra nous forcer pour investir à la redéployer», a-t-elle indiqué en encourageant les entrepreneurs présents à poursuivre leurs efforts dans la formation de leurs employés.

Avant sa conférence, Sophie Brochu avait rencontré une trentaine de «Femmes d’influence» qui avaient reçu un hommage à la Soirée reconnaissance de la Chambre, en 2014. Il ne fait aucun doute qu'elle souhaiterait voir la gent féminine davantage représentée dans des positions décisionnelles. «Encore aujourd'hui au Québec, le féminin de président, c'est vice-président. Ce n'est pas une question sociale, c'est une question économique et financière. Une entreprise qui n'obtient pas le maximum du potentiel féminin dans une société se prive de 50 % du potentiel de main d'œuvre, de 50 % des cerveaux et autres», a-t-elle partagé avec son auditoire, invitant toutefois les femmes à s'affirmer davantage et être ambitieuses.