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Saint-Gervais: Manon Goulet candidate à la mairie


Publié le 15 août 2017

Manon Goulet estime que le moment serait bien choisi pour s'impliquer en politique municipale.

©Photo TC Media - Éric Gourde

MUNICIPAL. Manon Goulet sera candidate à la mairie de Saint-Gervais lors des élections municipales de novembre.

Infirmière de profession, celle qui a été conseillère municipale de 2001 à 2005 avait alors choisi de ne pas solliciter un autre mandat pour des raisons professionnelles. «Il aurait été difficile de concilier les deux, car un virage professionnel se préparait aussi. J'étais au CLSC à ce moment-là.  Je savais que des changements étaient imminents et que j'aurais des défis à entreprendre à ce moment-là. J'ai ensuite quitté le CLSC pour l'enseignement au Cégep Lévis-Lauzon.»

« Je vois la retraite arriver et je ne me vois pas en train de me bercer des journées entières.»

Manon Goulet

Mme Goulet est consciente que son nom circulait depuis un certain temps. Elle a préféré mesurer ses appuis avant d'officialiser sa candidature. «Il fallait d'abord que je sois sûre de moi. Je l'annonce maintenant, parce que je crois qu'une élection se prépare. Je ne suis pas en recrutement, mais peut-être que d'autres pourront y réfléchir d'ici novembre.»

Elle affirme aussi être prête à travailler avec celles et ceux qui seront en place le moment venu, n'ayant pas l'intention de présenter une équipe complète. «En 2001, lorsque Jacques Nadeau s'est présenté, je lui ai proposé ma candidature, mais la stratégie du moment était différente. Il y avait une volonté de renouveau, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Je suis allé rencontrer Gilles Nadeau (le maire actuel) l'automne dernier pour connaitre ses intentions et il m'a confirmé, au printemps, qu'il ne serait pas de retour. S'il m'avait dit souhaiter revenir, je ne suis pas certaine que je serais de la course.»

Consciente que la politique municipale est de plus en plus exigeante, elle avoue tout de même avoir toujours eu de l'intérêt pour la chose. «La dernière fois, ce n'était pas le bon moment en raison de ma carrière. Je pense que j'ai cette petite fibre-là en moi et le timing est idéal. J'ai à la fois la santé, l'intérêt et la motivation pour y aller. Mon grand-père Goulet a été maire de Saint-Gervais de 1959 à 1963. Mon grand-père Chamberland a été maire d'Armagh et mon père conseiller puis maire de Saint-Gervais. J'ai toujours vu mon père s'investir dans différentes choses et il m'impliquait là-dedans, alors j'ai goûté à ça dans ma jeunesse.»

La politique et les femmes

Manon Goulet est bien au fait qu'une campagne incitant les femmes à se lancer en politique fait actuellement l'objet de beaucoup de publicité au Québec. Elle assure que ce n'est pas ce qui l'a incité à se lancer. Le sexe d'une personne ne doit pas être privilégié selon elle. «Il y a un conseil mixte à la municipalité et cela me plait, sauf qu'il faut être motivé, disponible et intéressé avant tout, que l'on soit un homme ou une femme. Je n'ai jamais attendu les campagnes pour me lancer. Peut-être que les femmes d'un certain âge pensaient que c'était réservé aux hommes, mais aujourd'hui ce n'est plus le cas. Une femme qui veut y aller en 2017 n'a qu'à se lever et y aller. Il n'y a plus d'obstacles.»

Si elle se considère d'abord comme une résidente de Saint-Gervais, elle estime connaitre très bien la MRC de Bellechasse et se dit prête à jouer son rôle régionalement. «J'ai fait des soins à domicile pendant plusieurs années, alors les aînés me connaissent. On n'a pas le choix d'avoir une vision régionale aujourd'hui avec tous les regroupements et les fusions. La MRC doit elle-même avoir une vision. Il faut préserver notre couleur locale dans certains cas, mais cheminer dans d'autres cas.»

Elle se rappelle avec fierté son premier passage au conseil municipal et espère maintenant pouvoir y ramener sa couleur. «En 2002, déjà, on mettait en place le projet du Parc des Sœurs. Nous étions allés chercher des sommes au pacte rural pour l'inaugurer en 2004. Il fallait combler cet espace vacant au cœur du village et je pense que le résultat est intéressant. On a beaucoup d'attraits à Saint-Gervais, mais on n'est possiblement pas suffisamment vendeurs. Nous avons un beau gymnase dans notre municipalité et personne ne semble le savoir. Ce n'est pas normal. Des choses se sont perdues avec le temps.»

Elle a déjà écrit quelques idées sur papier qu'elle pourrait éventuellement proposer à ses concitoyens. Elle préfère toutefois attendre avant d'être formelle sur celles qu'elle défendra en fin de compte. «Il est encore tôt, mais peut-être qu'en plus de poursuivre le développement résidentiel et commercial, on pourrait discuter d'un développement industriel. On hésite depuis longtemps à en parler à Saint-Gervais en raison de notre vocation essentiellement agricole. Il faudrait voir ce que la population en pense et l'évaluer. La préservation de notre patrimoine bâti est l'un de mes souhaits les plus chers. Je vois la petite chapelle aux quatre chemins se détériorer et je n'aime pas ça. C'est un symbole chez-nous et un exemple que je donne. Un service de restauration et une deuxième phase de développement du Parc des Sœurs sont aussi souhaitables, tout comme remettre le comité de développement sur les rails.»

Même si elle pourrait ne pas être seule en lice pour l'élection de novembre, Mme Goulet entend proposer sa recette et tenter de convaincre les gens qu'elle possède les outils nécessaires pour ce nouveau défi. «De quatre ans en quatre ans, ça revenait dans ma tête. On n'a pas toujours des choses simples à régler. Il faut travailler en équipe, sur le plan régional et tout ça. Ça prend de la vision, de l'analyse et du jugement, et il faut être conscient des gens autour de nous. Je pense avoir développé ces qualités-là avec le temps.»