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Sept ans d'agriculture biologique pour la ferme Jacmi

Ludovic Côté par Ludovic Côté
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Article mis en ligne le 17 mai 2007 à 13:16
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Sept ans d'agriculture biologique pour la ferme Jacmi
Le copropriétaire de la ferme Jacmi, Jacques Thibault, est accompagné sur la photo de sa fille Renée, qui l'aide beaucoup dans ses tâches quotidiennes.
Sept ans d'agriculture biologique pour la ferme Jacmi
À première vue, la ferme Jacmi de Saint-Anselme ne diffère pas des autres présentes dans le rang de la Montagne. Pourtant, elle est la seule dans le lot à être classée «ferme biologique». Ses propriétaires, Jacques et Micheline Thibault, aidés de leur fille Renée, ont entrepris le grand virage vers l'agriculture biologique en 1993 et ont obtenu leur certification en 2000.
«Ce que j'aime de l'agriculture biologique, c'est qu'on est un peu seul avec soi-même. Il faut en quelque sorte refaire l'agriculture, et c'est très intéressant. Je sens que je ne suis pas qu'un exécutant», a expliqué Jacques Thibault, dont la famille est établie à Saint-Anselme depuis 23 ans. La pratique d'une agriculture plus près de la nature est un défi qui intéressait M. Thibault. «À l'époque, j'avais visité des fermes biologiques en Ontario et ça m'avait donné envie de commencer cela moi aussi», a précisé celui qui possède une propriété de 210 hectares.

M. Thibault commence les démarches en 1993, alors qu'il suit des cours sur la culture biologique avec un agronome de Fert-Conseil. Durant l'année 1994, il commence à utiliser un sarcleur mécanique pour ses mauvaises herbes, au lieu d'arroser ses champs avec des produits chimiques. Pour obtenir sa certification biologique, la famille Thibault a du pratiquer pendant trois ans une agriculture exempte d'herbicides, d'engrais chimiques et d'OGM, suivi d'une période de précertification d'un an. Suite à ce délai, elle a reçu sa certification d'Ecocert Canada, un organisme qui relève du Conseil des Appellations Agroalimentaires du Québec (CAAQ).
Du lait et du sirop biologiques
Depuis 2000, chaque produit qui provient de la ferme Jacmi est certifié biologique. Pour pouvoir conserver cette certification, M. Thibault doit respecter un cahier de charges très strict imposé par Ecocert.

Tout d'abord, les vaches doivent avoir accès à l'extérieur durant l'été. Elles ne peuvent être nourries qu'avec des grains biologiques certifiés. M. Thibault doit aussi privilégier les méthodes homéopathiques pour soigner ses vaches, puisqu'il ne peut utiliser que deux fois des antibiotiques sur une même vache durant l'année. De plus, il doit jeter le lait produit par cette vache pendant deux semaines.

Jacques Thibault possède également une érablière de 1 800 entailles. Pour que son sirop puisse être biologique, il doit respecter la végétation de son domaine et encourager la diversité. Il est également limité à certains produits pour le lavage de ses équipements. Enfin, il ne peut entailler des érables dont la circonférence est inférieure à 8 pouces.

Chaque année, un certificateur d'Ecocert se rend à la ferme Jacmi pour s'assurer que M. Thibault et sa famille respectent le cahier de charges. Après plusieurs heures d'inspection vigoureuse, il décide si la ferme peut demeurer biologique. Cette mesure sévère permet de garantir au consommateur le caractère biologique d'un produit.

Le coût des grains qui sert à nourrir les vaches est beaucoup plus élevé que pour une ferme conventionnelle. Cependant, la conversion au biologique permet à M. Thibault de réaliser des économies au niveau des frais de vétérinaire. Aussi, le lait biologique est vendu plus cher sur le marché; M. Thibault obtient donc plus d'argent pour ses 1 000 litres de lait produits quotidiennement qu'une ferme conventionnelle.

Le territoire de Bellechasse compte moins d'une dizaine de fermes biologiques. De ce nombre, deux sont situées à Saint-Anselme, soit la ferme Jacmi et la ferme Morinnal de Marial Morin.

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