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La Voix du Sud
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À propos de Qualiporc,

André Poulin par André Poulin
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Article mis en ligne le 26 juin 2007 à 7:40
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À propos de Qualiporc,
En lisant les articles parus dans La Presse Affaires du 26 avril dernier, nous avons tenu à mettre les choses au clair et à vous partager la réalité de l’intérieur de l’industrie de la production porcine.

Toutela saga de l’abattoir de Les Cèdres, détenue et financée par la coopérative de producteurs Qualiporc, a débuté il y a bientôt quatre ans.

En 2003, 26 producteurs de porcs indépendants ont regroupés leurs efforts et se sont portés acquéreurs d’une usine d’abattage à Les Cèdres dans le but de se créer un réseau et de prendre en main leur propre mise en marché pour donner plus de valeur ajoutée à leur produit. Parallèlement, le Président de l’U.P.A. exhortait les producteurs d’ici à s’occuper de la transformation et de la mise en marché des produits agricoles du Québec.

Dans les années suivantes, d’autres producteurs indépendants de l’Estrie, du Centre du Québec, de Lanaudière, de la Montérégie et de la Beauce ont joint volontairement les rangs de ce regroupement coopératif. En voulant fournir aux consommateurs des produits haut de gamme, plus de 116 producteurs se sont retrouvés propriétaires d’une usine de moyenne envergure avec salle de découpe complète, fournissant des emplois à 240 personnes. Notre désir de faire connaître localement notre produit de réputation internationale s’est concrétisé sans subvention gouvernementale ni autres sources d’aide publique.

Notre enthousiasme dans ce projet a suscité l’intérêt de quatre institutions financières. C’est à ce moment que plusieurs embûches se sont présentées, mais pas celles auxquelles nous nous attendions. Les banques sont devenues très frileuses avec notre projet, après les premiers versements, en raison de la désinformation qui circule sur les marchés : la Fédération des Producteurs de porc (FPPQ), l’U.P.A. et le MAPAQ affirment qu’il y a un surplus d’abattage au Québec. Ce qui, indirectement, protège le monopole d’Olymel. Il faut être aveugle pour affirmer qu’il y a un surplus d’abattage au Québec, certaines semaines il y a entre 10 000 et 15 000 porcs en attente.

Les principaux influenceurs laissent sous-entendre que notre projet nuit à l’équilibre de la mise en marché collective. Cela fait maintenant plus de trois ans et demi et ça continue encore, surtout de la part de notre président, M. Pellerin, qui ne se gêne pas pour le dire à qui veut l’entendre. Par contre, dans le cas de la production bovine, l’UPA a pris les devants en se mêlant de la transformation et de la mise en marché des producteurs québécois. Pourquoi les producteurs de porcs n’ont-ils pas le même privilège de prendre en main la chaîne de distribution de leur produit?

Conséquence : nous n’avons toujours que du capital privés des producteurs de porcs et quelques prêts des institutions financières. Pendant les trois ans de batailles, nous n’avons pas eu droit aux programmes gouvernementaux. Les producteurs indépendants ont investit douze millions dans le projet, nous avons maintenant besoin d’argent neuf pour faire fonctionner l’abattoir.

À la suite de changements à sa présidence, la FPPQ a donné son appui pour que Qualiporc obtienne l’Avis Sectoriel que nous demandons depuis trois ans. Pendant la campagne électorale le MAPAQ a émis le fameux Avis Sectoriel donnant droit à des programmes publics. Cela nous donne maintenant le droit d’entrer en communication avec Investissement Québec et La Financière. Et ce, toujours sans l’accord de M. Pellerin.

C’est là que le bât blesse. Quand notre organisation syndicale, qui est supposée défendre les producteurs, essaie de nous écraser en bloquant des emprunts, en retardant des démarches administratives. C’est inacceptable et jamais nous n’accepterons de nous laisser-faire sans rien dire.

L’UPA se définit comme une organisation syndicale professionnelle, qui fonde sa raison d’être et son action sur les valeurs de respect de la personne, de solidarité, d’action collective, de justice sociale, d’équité et de démocratie . Malheureusement, ses membres ont la perception que l’UPA choisit de protéger les grosses structures amies, et ce, en dépit des opinions de ses membres et sans soucis d’équité pour les producteurs qui consacrent leur vie et celle de leur famille à produire de la viande de haute qualité pour le consommateur. Si le seul droit que nous avons consiste à payer les cotisations obligatoires et à se faire prélever automatiquement un montant sur chaque vente, nous nous insurgeons! Nous allons nous exprimer haut et fort tant que les valeurs de respect de la personne, de solidarité, d’action collective, de justice sociale, d’équité et de démocratie ne seront pas de retour.

Le commentaire de Michel Morissette, professeur au département d’agroéconomie à l’Université Laval, qui s’exprimait dans La Presse Affaires du 26 avril dernier, est dans la même lignée que M. Pellerin : « Il faut avoir des super structures d’abattage au Québec pour concurrencer « Les Gros comme Smithfield ». Qualiporc n’a jamais eut la prétention de concurrencer les gros abattoirs. Nous ciblons un marché niche haut de gamme que ces géants ne peuvent atteindre en raison de leur production de masse. Le porc du Québec a une réputation internationale et nous désirons capitaliser sur la qualité de notre produit, dont nous sommes très fiers.

De plus, le seul abattoir qui est en crise au Québec, c’est le plus gros! À notre connaissance, les autres n’ont pas fait la Une des journaux pour se plaindre de leur marge de profit à la baisse. Alors, Le Gros a peut-être un problème d’efficacité que les petits et moyens abattoirs n’ont pas!

Nous avons investi douze millions à 116 investisseurs, faites le calcul. Nous croyons fermement que l’avenir de la production porcine passe par une marge bénéficiaire de la seconde et de la troisième transformation et non de toujours essayer de baisser notre coût de production pour transférer le profit aux transformateurs.

Nous espérons que nos organisations syndicales vont cesser de nous nuire et que le MAPAQ et le nouveau Ministre de l’Agriculture, M. Lessard vont nous donner un bon coup de pouce. C’est la survie de la production porcine indépendante au Québec qui est en jeu. Nous ne nuisons pas plus à la mise en marché collective que les gros intégrateurs du Québec. Est-ce que vous voulez que l’industrie soit contrôlée par quelques gros joueurs, de la production à l’abattage de masse? Nous, nous voulons continuer de produire des porcs en santé, les mettre en marché et continuer d’opérer nos fermes dans les meilleures conditions possibles. Nous mettons toutes nos énergies dans la production de porcs de qualité, pourquoi ce ne serait pas nous qui en profiterions? Pourquoi il faudrait que nous regardions s’installer un monopole sans rien dire?

Espérant que cette mise au point allumera certaines lumières, car celles de la production porcine indépendantes sont sur le point de s’éteindre.

Les 116 actionnaires de Qualiporc

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