Gaucherie péquisante
Récemment, dans le Soleil, le président du GIRAM et chef autoproclamé de l’opposition à Rabaska dénonçait vertement des gens de gauche d’être en faveur du projet. L’accusation était directe. Le jugement est tombé comme un coup de massue. La condamnation était sans appel. Le postulat reposait sur le fait que la gauche doit s’opposer au développement économique et à la production de la richesse.
Annonçant un nouveau spasme anti Rabaska, un autre chef autoproclamé déclare que « les intérêts qui se cachent derrière Rabaska sont bien proches de la filière libérale traditionnelle » (Le Soleil, 30 janvier 2008), postulant que le PQ est contre Rabaska. Donc la gauche est au PQ et cette gauche est contre Rabaska. Curieux théorème, n’est-ce-pas! Vicieux et pervers à la limite.
Y a-t-il quelqu’un dans la salle qui va nous expliquer ce qu’il y a de mal à vouloir plus de richesse? Serait-ce notre vieux fonds chrétien? Il faudrait souffrir et être pauvre pour aller au ciel! La gauche a toujours voulu plus de justice. Elle cherche à réduire les inégalités sociales. Elle parle pour les sans voix. Elle veut soutenir les démunis. Elle n’a d’autre choix que de vouloir partager la richesse. Voilà pourquoi le mouvement syndical a toujours lutté pour l’emploi. Avec les politiques sociales et la fiscalité, l’emploi est le meilleur générateur de richesse collective.
Le PQ s’égare lorsqu’il s’associe au lobby anti Rabaska. Il faut preuve d’une mauvaise compréhension de ce qu’est la gauche. Il commet une gaucherie péquisante. S’est-il posé la même question à propos des opposants? Qui sont-ils pour se poser en modèle de vertu? Aucun d’entre eux ne conduit un VUS (véhicule utilitaire sport), une grosse Volvo ou une puissante Audi sport? Aucun n’a de résidence luxueuse dans la falaise de Beaumont? Aucun ne gagne plus du salaire minimum? Aucun n’a la chance d’aller dans le sud l’hiver? Quels sont leurs intérêts économiques et politiques? Qui les finance? Pour y répondre, le PQ doit soulever une autre question. Qui a réellement avantage à ce que le projet avorte? À qui cet échec rapportera des dividendes? Les groupes écologistes internationaux? Les financiers albertains et américains? Le lobby du pétrole? Hydro-Québec? Pétro-Canada et son projet à Cacouna?
Jean-Claude Tardif
107 Chemin du Domaine
Beaumont
G0R 1C0