La Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois a rendu public, le mardi 12 février, le rapport qu'elle avait déposé le 31 janvier au bureau du ministre Laurent Lessard.
Rédigé au terme d'une tournée de consultation qui a conduit ses trois commissaires dans 15 régions et 27 municipalités du Québec, où plus de 700 présentations ont été faites devant eux, le rapport de la commission qui est actuellement disponible sur le site web
www.caaaq.gouv.qc.ca) recommande des transformations majeures du modèle agricole québécois. Cette vision est bien illustrée dans les écrits des étudiants et étudiantes de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université de Montréal, qui servent de préambule au rapport de la commission. Ils se lisent comme suit: Noux croyons fermement à l'avenir de ce secteur. Par contre, plusieurs indices portent à croire que nous avons atteint en quelque sorte, les limites du modèle agricole actuel. En effet, l'environnement dans lequel l'agroalimentaire et l'agriculture évoluent présentement diffère grandement de celui qui a donné le jour à la plupart des politiques en cours.
Ainsi, sans renier les gains importants faits par l'organisation actuelle des politiques agricoles, nous croyons qu'il faut faire preuve d'autant d'audace qu'à l'époque qui nous a précédés afin de redéfinir la place de l'agriculture dans la société. Puisuqe les besoins changent, il nous semble normal que l'agriculture et l'agroalimentaire évoluent avec eux.»
Voilà qui donne le ton à ce rapport qui propose une multitude de changements.
L'abolition du monopole syndicale de l'UPA, que la commission justifie comme suit: «Dans une société démocratique, on peut difficilement justifier le maintien d'un régime qui oblige un groupe de personnes à adhérer à une structure unique d'association, régime qui au demeurant ne prévoit aucun dispositif pour vérifier la volonté des personnes d'y adhérer ou d'y maintenir leur participation» constitue évidemment un de ces changements majeurs auquel le milieu syndical n'a pas tardé à réagir. Par voie de communiqué, le précédent de l'Union des producteurs agricoles, M. Christian Lacassse, et son homologue de la Fédération de l'UPA de la Beauce s'objectent en effet avec véhémence à une telle l'abolition de leur monopole. Le premier indique que: «C'est un non-sens d'envisager le futur en remettant en question le principal outil qu'ils ( les agriculteurs) se sont donné historiquement, pour mieux faire face à ce même avenir» alors que Jean-Denis Morin de l''UPA de la Beauce, écrit: «..on n'y retrouve rien qui avantagerait la représentation multiple des agriculteurs, ni l'efficacité de leurs interventions. À qui profiterait réellement la division des producteurs et productrices agricoles alors que leur nombre diminue sans cesse?».
Par contre, des orientations comme celle d'accorder des compensations pour supporter la production agricole protectrice de l'environnement semblent mieux reçues par l'UPA, dont les représentants à l'instar de ceux des organisations et des individus, qui se sont faits entendre ou qui ont déposé des mémoires à la Caaaq, attendront avec intérêt les suites que le gouvernement Charest donnera au rapport qui vient d'être déposé.