Mandataire des compagnies Northland Power inc. et Geilectric, M. Pascal Moreau rencontrera les propriétaires des terrains susceptibles de recevoir les éoliennes.
Le projet éolien de Frampton est présenté aux propriétaires
Une centaine de propriétaires terriens de Frampton, Saint-Malachie et Saint-Léon en savent maintenant un peu plus sur le projet des compagnies Northland Power inc., Geilectric et Eolectric de répondre à l'appel d'offres d'Hydro-Québec pour la fourniture de 2000 MW d'énergie éolienne en érigeant sur les sommets des monts Frampton, Crapaudière et O'Neil sur le territoire des municipalités de Frampton, Saint-Malachie et, dans une moindre mesure, Saint-Léon et Saints-Anges, une cinquantaine d'éoliennes produisant quelque 80 à 90 MW d'électricité par année.
Une assemblée d'information tenue au Club de golf Dorchester, le jeudi 16 novembre, a en effet permis aux propriétaires en cause de rencontrer les promoteurs de ce projet de parc éolien initié à la fin de l'hiver 2004 par la compagnie Eolectric, une compagnie québécoise créée en 2001.
Des rencontres exploratoires avec la municipalité et des propriétaires, l'installation d'une première tour de mesure des vents, des discussions avec la municipalité, des rencontres avec la MRC, l'UPA et l'Association des producteurs de bois de la Beauce (l'APBB) ont par la suite ponctué le cheminement du projet auquel s'est joint en mai 2006, la compagnie Northland Power.
Société canadienne établie depuis 1987, Northland Power opère actuellement 4 centrales électriques (cogénération et thermique), dont 3 au Canada et une en Ukraine, ainsi que 2 projets éoliens en Allemagne. Elle a développé et opère le parc éolien de 54 MW à Murdochville et poursuit présentement deux projets d'implantation de parc éolien, l'un à Saint-Ulric d'une capacité de 150 MW et un autre près de Mont-Louis de 100 MW.
Pour mener à terme le projet de 100MW de Frampton, qui devrait être réalisé entre 2009 et 2013, les deux entreprises projettent mettre entre 3000 et 4000 hectares de terrains sous option pour ne finalement n'en retenir qu'environ 1,5 % pour les installations permanentes soit les éoliennes, les chemins d'accès, le réseau de collecte, la sous-station pour citer quelques exemples.
Des propositions financières intéressantes
Pour s'assurer de la collaboration des propriétaires Northland Power propose de payer le plus élevé de 1000 $ ou 15 $/ha sous option pour un contrat d'une durée initiale de 3 ans, de verser pareille somme pour un 1er renouvellement de 2 ans et autant si le projet est retenu par Hydro-Québec. Une fois les éoliennes érigées, les compensations pour l'utilisation des fonds de terre pour l'implantation des équipements permanents s'établiront à 5 900 $/ha pour les terres agricoles et à 800 $/ha ou la valeur déterminée par la Financière agricole pour ces terres. Des compensations de 1 020 $/ha indexées annuellement pour les pertes de récoltes temporaires et permanentes ainsi que pour les érablières sont aussi prévues, pour l'utilisation des fonds de terre. Des paiements additionnels ou redevances annuelles au montant de 4 000 $/MW par éolienne pour les propriétaires de terrain sur lesquels une éolienne ou des éoliennes ont été érigées ou 2 % des revenus bruts annuels moyens d'une éolienne du projet leur seront aussi versés, ce qui représente environ 70 % des redevances qui seront versées dans le cadre de ce projet.
L'autre 30 % prendra la forme d'un paiement collectif annuel de 0,8 % des revenus bruts générés par le projet et sera payé au prorata de la superficie de terrain utilisée versus la superficie totale des options signées peu importe si la propriété abrite ou non une éolienne. Des retombées économiques récurrentes annuelles de l'ordre de 320 000 $ pourraient donc être générées pour ce projet auquel le conseil municipal de Frampton et sa mairesse Sonia Paradis se disent des plus favorables. D'ailleurs, les municipalités visées par le projet pourraient en bénéficier par le biais de la contribution des promoteurs de 1000 $ du MW, qui leur serait versé au prorata des sols affectés au projet éolien de leur municipalité ainsi que par la contribution de 280 $ du MW versée sur la même base au Fonds communautaire, ce qui représenterait un apport de l'ordre de 100 000 $ par année dans les communautés.
Des opinions partagées
Partagé par certains comme André Bélisle, le président de l'AQLPA, qui voit dans les éoliennes une source d'énergie propre, le point de vue des édiles ne semblait toutefois pas faire l'unanimité parmi la centaine de personnes présentes à la rencontre. Les Germain Marier ou Jean Comeau de Saint-Léon se sont par exemple questionnés sur le type de relations qui prévaudra entre des voisins qui accepteront ou pas la présence d'éoliennes sur leur terre alors que le Règlement de contrôle intérimaire de la MRC de Bellechasse fixe à 1,5 m. la distance minimale entre la pointe des pâles et une ligne de lot. Dans le cas de la MRC Nouvelle-Beauce, cette même distance est de 20 mètres. D'autres considéraient que la communauté devrait être impliquée dans le financement des éoliennes, ce qui lui permettrait d'avoir accès aux profits générés par leur exploitation, ce à quoi le vice-président de Northland, M. Victor Pergat, s'est dit en accord en autant que cette participation ne dépasse pas 49 % du coût des projets, ce qui pourrait vouloir dire jusqu'à 24 millions de dollars d'investissement dans le cas du projet Frampton, dont la présentation publique de jeudi dernier a donné le coût d'envoi à la sollicitation des signatures des contrats d'option requis pour la présentation, en mai 2007, des projets de développement éolien à Hydro-Québec.
Une fois ces contrats ratifiés, les promoteurs pourront localiser plus précisément les sites de développement du projet éolien, en mesurer les impacts et en informer les citoyens lors d'une assemblée publique ouverte à tous.