Lettre ouverte au Gouvernement Charest.
À notre sécurité, à notre santé et notre qualité de vie, à la protection d’une tourbière, d’espèces florales et fauniques menacées, à la protection de l’Ile d’Orléans, de la qualité du fleuve St-Laurent et de ses rives, du patrimoine québécois et du paysage, et à la protection des terres agricoles, vous vous apprêtez à privilégier les intérêts économiques de vos amis de Gaz Métro et de multinationales étrangères. Quitte à passer outre aux lois et règlements. Aucun argent ne redonnera ce qui sera détruit.
M. Mme les Ministres si jamais l’éblouissement vous prive de tout souci et respect des valeurs québécoises, pouvez-vous seulement avoir suffisamment de respect pour vous-même de sorte que vous soyez conséquents avec vos paroles et nos lois?
Rabaska est un projet rétrograde au plan énergétique et environnemental; vous qui vous êtes pavanés avec la loi sur le développement durable, comment pourrez-vous regarder en face et fièrement vos citoyens, le ministre Harper et les Etats-Unis, dont plusieurs états ont fait des choix énergétiques durables et même refusé des ports méthaniers?
Vous vous en foutez peut-être de tout cela vous disant que vous ne serez plus nos gouvernants bientôt et ceci peut expliquer votre volonté d’adopter ce projet à la sauvette sans aucune discussion en chambre. Si c’était le cas vous porterez l’odieux et la honte de l’héritage que vous aurez laissé aux Québécois.
Pouvez-vous seulement vous demander si les Québécois ont le goût de porter la honte d’un gouvernement servile au point de transgresser nos lois pour laisser des compagnies s’installer dans un environnement où elles ne cadrent pas et cela pour importer cette énergie fossile dont le Québec peut avantageusement se passer.
De plus, pris de panique, en complicité avec Gaz Métro vous tentez maintenant de concocter un plan de réduction volontaire du mazout qui d’ailleurs ne couvrirait qu’une parcelle des émissions de gaz à effet de serre du méga-projet. Sachant que déjà vous ne faites même pas respecter vos règlements (entre autres la protection des rives par les agriculteurs) , comment allez-vous faire respecter un voeu pieux que vous ne pourrez pas demander aux nombreuses entreprises dont des papetières non desservies par Gaz Métro. Et tant mieux pour nous les Québécois nous paierions 25 millions pour ce programme.
Et qu’importe, les générations futures se ramasseront avec les problèmes de même que la génération actuelle qu’on veut asservir aux grands de l’énergie! Il n’est pas trop tard, il n’est jamais trop tard pour réfléchir aux conséquences de nos choix et opter pour des choix judicieux.
Mes salutations,
Pierrette Bélanger
Beaumont.