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La Voix du Sud
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Pour sortir de la crise l’industrie porcine québécoise :

Article mis en ligne le 28 mars 2008 à 14:56
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Pour sortir de la crise l’industrie porcine québécoise :
Au début du mois de mars 2008, monsieur Guy Coulombe, nommé par le gouvernement du Québec, a déposé son avis au ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Il avait le mandat de proposer des pistes de solution pour sortir l’industrie québécoise de la crise actuelle qui la frappe.

Depuis septembre 2007, Il avait multiplié les rencontres, les discussions et les échanges avec les différents acteurs de la filière porcine au Québec, dont les travailleurs de cette industrie.

Monsieur Coulombe n’avait pas un mandat facile. Le gouvernement du Québec qui a par exemple, dépensé plus de 375 millions de dollars en 2007 au chapitre du programme de soutien aux promoteurs, souhaitait que les différents acteurs de l’industrie tentent une sortie de crise. Ce fut un échec. Nous sommes retournés à la case départ.

Soulignons, comme organisation syndicale, le bon travail de monsieur Coulombe. Nous pouvons témoigner d’emblée que celui-ci n’a pas hésité à questionner les différents acteurs de l’industrie porcine pour trouver des solutions à la crise sévère qui frappe l’industrie.

La Fédération du commerce CSN (FC-CSN) a soumis à monsieur Coulombe un certain nombre de pistes de travail. Ces propositions ont été soutenues par les représentantes et les représentants des 3500 travailleuses et travailleurs de l’industrie porcine québécoise réunis lors d’un Forum syndical portant sur le secteur en novembre 2007.

Nos propositions visent d’abord et avant tout les entreprises de production et de transformation.

La transparence économique des entreprises, une meilleure offre de formation aux employés, une organisation du travail qui préserve la santé et la sécurité des travailleurs, des conditions de travail décentes, un plan sectoriel de développement des ressources humaines, une mise en marché plus agressive, notamment sur le marché québécois, la modernisation des installations pour permettre une productivité accrue et une meilleure compétitivité sur les marchés internationaux, sont les recommandations soumises par la FC-CSN le 10 décembre 2007. Elles ont reçu l’approbation des syndicats que nous représentons.

La crise actuelle ne se résorbera pas de sitôt. Les principaux acteurs producteurs et transformateurs industriels n’ont jamais hésité dans le passé à faire front commun contre les travailleurs des usines lorsqu’il s’est agit de réduire de façon brutale les conditions de travail et salariales.

Lorsqu’il est question par contre de renégocier l’organisation de l’industrie, chacun se campe sur ses positions. L’impasse actuelle fait mal. Elle envoie un message à tous que cette industrie se condamne elle-même au déclin et peut-être même à sa disparition.

La situation actuelle du Québec a connu des précédents notamment en France, qui a su trouver des solutions innovatrices pour renforcer cette industrie, en respectant autant les travailleurs que les autres acteurs de la filière.

Il faudra bien que l’industrie porcine québécoise se donne la discipline nécessaire pour sortir de la crise. Ce qui est clair, c’est que les travailleurs des usines ne feront pas encore une fois les frais du bras de fer entre les producteurs et les transformateurs. Déjà l’industrie peine à trouver une main-d’œuvre pour opérer les usines.

La Fédération du commerce CSN souhaite que le ministre de l’Agriculture réunisse tous les acteurs de cette industrie pour tenter de sortir de l’impasse actuelle. Selon toutes les apparences, l’ajout de fonds publics ne règle en rien la situation actuelle.

Plus que jamais, si l’on veut une industrie porcine ancrée dans les régions, respectueuse de l’environnement, des communautés locales et créatrice d’emplois, il faudra imaginer autre chose que la situation présente.

Nous avons réitéré à maintes reprises nos propositions de travail. Nous ne ferons pas les frais des querelles des uns et des autres. Les travailleurs souhaitent être respectés, reconnus pour leur énorme contribution à cette industrie. La richesse qu’ils créent dans ce secteur par leur travail quotidien, marqué par la qualité, mérite d’être reconnue.

Jean Lortie

Président de la Fédération du commerce (CSN)

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