M.Gilles Audet de Saint-Anselme augmentera assurément ses tarifs de déneigement l'an prochain, en se basant sur les statistiques de l'hiver 2007-2008 ainsi que sur celles des quatre années précédentes.
Les coûts des services de déneigement grimperont en 2008-2009
Impliqué dans le secteur du déneigement depuis 1970, Gilles Audet de Gilles Audet Excavations ltée de Saint-Anselme ne cache pas qu'il devra l'an prochain augmenter substantiellement les tarifs de déneigement des quelque 50 propriétaires de cours commerciales qu'il dessert, pour amortir les pertes encourues au cours de l'hiver 2007-2008 à cause des importantes précipitations de neige et de l'augmentation de plus de 40 % du prix du diésel.
«Les propriétaires privés avec qui je fais affaire seront certainement augmentés l'an prochain. Je n'ai pas l'intention d'attendre un hiver calme pour combler les pertes de cette année», a mentionné M. Audet, qui compte se baser sur la compilation des statistiques de l'hiver 2007-2008 (sorties effectuées, heures de soufflage, etc.) et celles des quatre années précédentes pour déterminer la teneur de l'augmentation.
À ce sujet, M. Audet a spécifié qu'il n'avait pas l'intention de proposer un nouveau contrat avec limites de précipitations, préférant s'en tenir à la formule habituelle. «Les statistiques de précipitations, qui proviennent de l'aéroport Jean-Lesage, diffèrent trop de celles de Saint-Anselme pour les utiliser. Il suffit d'observer à quel point les conditions météorologiques changent d'un village à l'autre pour s'en apercevoir», a-t-il affirmé.
En ce qui concerne le déneigement des 64,4 km de routes de Saint-Anselme, M. Audet a expliqué qu'il en était à la 4e année d'un contrat indexé de cinq ans avec la municipalité; par conséquent, le tarif est déjà déterminé pour l'an prochain et M. Audet n'a pas l'intention de demander quelque modification que ce soit.
Il est néanmoins d'avis que les municipalités devraient venir en aide aux entrepreneurs qui demandent de l'aide et qui en ont besoin. «Je crois que les municipalités doivent être ouvertes aux besoins des entrepreneurs qui ont connu un très mauvais hiver et qui se retrouvent pris à la gorge, car ce n'est pas dans leur intérêt de voir ces entreprises fermées ou être contraintes d'offrir un moins bon service aux citoyens», a-t-il mentionné.
Recours à la loi du gros bon sens.
L'inclusion d'une limite de précipitation dans ses contrats de déneigement n'est pas non plus envisagée par M. Hervé Lecours de Les Excavations Hervé Lecours de Sainte-Justine, qui effectue le déneigement de soixante-quinze stationnements publics et privés de cette municipalité, à forfait pour 90 % d’entre eux. «Compte tenu des particularités de chacun des stationnements, il est difficile d'établir une hauteur maximum de précipitation» explique M. Lecours, qui prévoit évidemment majorer les tarifs de ses contrats de déneigement pour l’hiver 2008-2009. «L'augmentation sera établie en tenant compte du prix du diesel et de la perte épongée au cours de l'hiver 2007-2008» explique M. Lecours qui entend faire appel à la loi du gros bon sens et à son expérience pour établir la majoration de ses tarifs. «En toute logique et en tenant compte de l’augmentation du prix du diesel, il me faudra augmenter les prix des contrats de déneigement, mais je ne sais pas exactement de quel pourcentage pour le moment. J’estime qu’à l’heure actuelle, mes contrats de déneigement ne m’ont pas rapporté plus de 5 $ à chacune de la soixantaine de sorties que j’ai dû effectuer depuis le 16 novembre dernier , ce qui est 50 % d'interventions de plus que lors des hivers précédents» explique M. Lecours qui calcule ne pas avoir couvert ses frais depuis la mi-janvier. Ce dernier se propose de plus de rencontrer individuellement chacun de ses clients au cours de l’automne 2008 pour leur expliquer la situation et leur présenter les nouvelles conditions qui prévaudront dans les contrats en 2008-2009. «Évidemment, explique M. Lecours, je prendrai en compte à ce moment les paiements additionnels, que pourraient m'avoir versés certains clients pour me dédommager des coûts additionnels engendrés par les conditions climatiques exceptionnelles de l'hiver 2007-2008».
Un cas d'exception
M. Martin J. Côté de Saint-Lazare se félicite le chanceux de la générosité d'une bonne moitié de sa quarantaine de clients particuliers à forfait, qui ont déboursé volontairement plus que les montants prévus à leur contrat pour l'aider à éponger une partie des coûts supplémentaires occasionnés par le difficile hiver 2007-2008. M. Côté fait office à cet égard de cas d'exception parmi les entrepreneurs rencontrés qui peuvent compter sur les doigts d'une seule main le nombre de clients ayant agi de la sorte. «Les clients des entreprises de déneigement prétendre à tort que nous avons fait des montagnes d'argent l'an dernier mais ils ne prennent pas en compte les importantes tempêtes qui nous sont tombées sur la tête en avril 2007 à un moment de l'année où le déneigement se complique» explique M. Côté qui estime que l'hiver 2007-2008 amènera plusieurs entrepreneur à se questionner sur leur avenir dans ce secteur d'activité.
Pour lui, l'inclusion d'une limite de précipitation à ses contrats est exclue en raison de la controverse et des contestations susceptibles d'en résulter.
«Bon an, mal an, j'augmente les tarifs de mes services pour m'ajuster aux hausses des dépenses de carburant, de machinerie et de main-d'œuvre, j'en ferai autant en 2008-2009 en tenant compte évidemment de l'augmentation importante du prix du carburant. Il faut donc prévoir une augmentation de l'ordre de 10 % du prix des contrats» conclut M. Côté, qui remercie ses clients pour leur appui.