Accompagné entre autres par le directeur général Patrice Bissonnette, le maire de Beaumont, André Goulet, a essuyé de nombreuses critiques de la part des opposants au projet d'auberge qui ont participé en grand nombre à la séance régulière du conseil du 1er juin.
La vente d'une partie du Parc de Vincennes adoptée dans le tumulte à Beaumont
La présence de plus de 125 personnes opposées à la vente d'une partie du Parc de Vincennes à des promoteurs privés n'a pas empêché le conseil municipal de Beaumont d'adopter à la majorité, lors de sa séance régulière du 1er juin dernier, une résolution autorisant la municipalité à procéder à la vente d'un lot de 119 533 pieds carrés (environ 12 % de l'ensemble du parc) pour la construction d'une auberge de santé d'une cinquantaine de chambres.
À défaut d'avoir empêché l'adoption de la résolution, l'un des deux conseillers dissidents, Pierre-Paul Sénéchal, est parvenu à y faire ajouter des amendements allant dans l'intérêt des citoyens de Beaumont; parmi ceux-ci, mentionnons que l'investissement du promoteur devra être d'au moins 9 M$ et les revenus de taxes, de 70 300 $ (tel qu'avancé par la municipalité), le projet devra être une auberge de santé et le promoteur ne pourra revendre le terrain sans la permission de la municipalité.
Il ne reste maintenant plus à la municipalité qu'à faire approuver l'offre d'achat au ministère des Transports du Québec pour que la vente du lot au Groupe-conseil Tremblay, au coût de 366 000 $ plus les taxes applicables, puisse se concrétiser.
Des résidants en colère
Comme il fallait s'y attendre, la salle municipale de Beaumont était pleine à craquer de résidants venus signifier leur opposition au projet d'auberge de santé et appuyer les conseillers Louise Maranda et Pierre-Paul Sénéchal dans leur demande de consulter la population par voie de référendum.
À ce sujet, le maire André Goulet a déclaré que la municipalité travaillait depuis deux ans et demi sur ce projet et que les gens auraient dû se manifester avant. «La décision est prise», a-t-il d'ailleurs laissé tomber, s'attirant la foudre de plusieurs opposants qui n'en revenaient pas d'être placés devant le fait accompli. «Le maire, on s'en est débarrassé d'un, on va s'en débarrasser d'un autre», a même lancé l'une des personnes présentes.
En dépit du climat tendu qui régnait dans la salle, M. Goulet est parvenu à garder son calme, mentionnant à plusieurs reprises que le conseil municipal travaillait «pour les intérêts supérieurs de Beaumont» et assurant que «le projet d'auberge va être dynamique, le parc va reprendre ses lettres de noblesse».
Il a également rappelé que le conseil municipal appuyait unanimement le projet au départ, les deux conseillers dissidents étant même d'accord pour vendre l'ensemble de la partie ouest du Parc de Vincennes («l'îlot», d'une superficie d'environ 300 000 pieds carrés) pour des fins récréotouristiques.
M. Sénéchal a expliqué qu'il avait appuyé la vente de l'îlot en 2007 afin de protéger son caractère récréotouristique, puisqu'il avait été discuté à cette époque de transformer l'ensemble du parc en zone résidentielle pour condos de luxe. Il a ajouté que l'unanimité n'avait pas duré longtemps, alors que le projet est graduellement passé d'une petite auberge de santé à une auberge d'une cinquantaine de chambres.
En dépit des efforts déployés par le maire Goulet pour limiter la durée des périodes de question à une vingtaine de minutes, la séance du conseil a duré plus de quatre heures. Plusieurs opposants tenaient à faire connaître leur mécontentement et à poser des questions aux élus.