Connaissez-vous la vraie histoire de La Corriveau ?


Publié le 22 février 2017

Dave Corriveau et Catherine Ferland ont fait des recherches pendant 18 mois avant de publier ce livre historique.

©TC Media - Frédéric Desjardins

Marie-Josephte Corriveau, surnommée «La Corriveau», a été au centre de nombreuses histoires. Ce qui lui est vraiment arrivé est loin des éléments ancrés dans la culture populaire.

Les historiens Dave Corriveau et Catherine Ferland ont publié un livre sur le sujet intitulé «La Corriveau : de l’histoire à la légende». Ils ont présenté le fruit de leur travail le 21 février lors d’une conférence à la bibliothèque de Saint-Georges.

Née à Saint-Vallier-de-Bellechasse en 1733, Marie-Josephte Corriveau a été accusée d’avoir tué son second mari, Louis-Étienne Dodier, le 27 janvier 1763.

Jacques Corriveau, capitaine de milice, a envoyé un rapport du coroner à James Abercrombie, général britannique responsable du secteur de la Côte-du-Sud. Ce document sera invalidé lors du procès.

«Le rapport disait qu’il avait été tué dans son étable par son cheval. James Abercrombie a envoyé son proche chirurgien faire une investigation. Les quatre blessures montraient que le crime aurait été commis avec une fourche», explique Dave Corriveau.

Marie-Josephte Corriveau avait été condamnée à 60 coups de fouet et à un marquage au fer rouge pour complicité de meurtre. C’est son père, Joseph Corriveau, qui était menacé de pendaison pour le meurtre.

«Un jésuite a parlé à Joseph qui lui a avoué n’avoir pas commis le crime. Marie-Josephte avouera qu’elle a tué son époux dans son sommeil avec une petite hache», précise Dave Corriveau.

Marie-Josephte Corriveau a été pendue le 18 avril 1763 sur les Buttes à Nepveu, près des Plaines d’Abraham. Son corps a ensuite été suspendu pendant 40 jours à la Pointe-Lévy dans une cage métallique.

La légende

Aucun média n’existant à cette époque pour rapporter les faits, la tradition orale s’est chargée de transformer l’histoire de La Corriveau. On lui prêtera le meurtre de sept maris tués par différentes méthodes.

«Des auteurs comme Philippe Aubert de Gaspé et William Kirby l’ont défini comme une sorcière dans leurs romans. Il aura fallu attendre les articles de Luc Lacoursière, un ethnologue de Saint-Victor, dans les Cahiers des dix pour rétablir les faits avec des archives», précise Catherine Ferland.

Retrouvée en 1851 au cimetière de Saint-Joseph-de-Lévy, la cage de La Corriveau a été exposée au Québec et aux États-Unis avant d’être intégrée à la collection permanente de la Maison historique Chevalier à Québec.

«On a seulement vu le côté sombre du personnage jusque dans les années 1950. Encore aujourd’hui, on ne sait pas si elle était vraiment coupable, car le procès ne contenait pas de preuves circonstancielles. Elle n’aurait jamais été condamnée dans le système de justice actuel», croit Catherine Ferland.

Malgré son nom de famille, Dave Corriveau n’a aucun lien de parenté directe avec Marie-Josephte Corriveau. «Par contre, Jacques Corriveau, le capitaine de milice, était mon ancêtre», confirme l’historien originaire de Sainte-Marie.