Jessy Laroche a su faire sa place dans un environnement masculin


Publié le 23 janvier 2017

Jessy Laroche

© (Photo TC Media – Alex Drouin)

L'une des premières choses qui retient l'attention lorsqu'on discute avec la thérapeute des Tigres de Victoriaville, c'est sa délicatesse. Pourtant, Jessy Laroche vit dans un milieu où la testostérone règne.

Celle qui en est à sa première saison avec les Félins, après avoir passé un peu plus de quatre campagnes avec le Titan d'Acadie-Bathurst, reconnaît que parfois elle n'a pas le choix de s'imposer. «Je suis capable de prendre ma place quand c'est nécessaire et de remettre les joueurs à l’ordre. Quand je me fâche, ils le savent», dit-elle, sourire en coin.

En revanche, les joueurs sont toujours respectueux à son égard et comme elle le dit, ils ont besoin d'elle s'ils veulent retourner sur la patinoire une fois avoir quitté l'infirmerie.

Au cours des dernières années, elle a constaté que les mentalités ont énormément changé. Lorsqu'elle a fait ses débuts avec l'équipe des Maritimes au milieu de la campagne 2011-2012, elles n'étaient que deux ou trois femmes derrière le banc. Aujourd'hui, la LHJMQ compte neuf femmes thérapeutes au sein des dix-huit équipes.

Certes, les thérapeutes féminines sont plus rares et certains joueurs peuvent être surpris de voir apparaître une femme dans le vestiaire. «Il y a parfois un moment d'adaptation pour eux», a-t-elle reconnu.

Lorsqu'on lui demande si elle croit s'être fait fermer des portes parce qu’elle est une femme, elle rétorque que non, mais apporte une certaine nuance. «Jamais personne ne va le dire ouvertement, mais je crois que les candidatures masculines ont parfois été priorisées. Il y a encore des équipes qui sont fermées aux changements.»

Depuis la fin de son premier baccalauréat en 2008 en kinésiologie à l'Université Laval, Jessy Laroche, originaire de Laurier-Station, a toujours oeuvré dans un milieu masculin. Elle a fait ses stages avec le club de football du Rouge et Or de l’Université Laval et, trois ans plus tard, elle a obtenu un second baccalauréat en thérapie du sport à l'Université Concordia. Cette fois, elle s'était jointe au club cadet AA et juvénile AAA de football du Collège Notre-Dame.

«Celles qui veulent percer dans ce milieu ne doivent pas avoir peur de foncer et de prendre leur place tout en démontrant leurs compétences.»

Réagir au quart de tour

Le travail de thérapeute comporte parfois une grande dose d'adrénaline ça a été le cas le 15 octobre dernier. Ce soir-là, les partisans qui prenaient place à l'Amphithéâtre Gilbert-Perreault ont retenu leur souffle lorsqu'ils ont vu Pascal Laberge, étendu sur la patinoire, après la violente mise en échec de Zachary Malatesta.

Pendant que les spectateurs regardaient les échauffourées qui ont suivi, la thérapeute des Tigres, elle, devait examiner l'état de santé de l’attaquant, de l’organisation des Flyers de Philadelphie.

«Quand ça arrive, on ne le réalise pas vraiment. On fait ce qu'on doit faire et c'est après que l'on constate ce qui s'est passé», a-t-elle fait part.