La Microbrasserie de Bellechasse a le vent dans les voiles


Publié le 16 décembre 2015
Anabelle Goupil, gérante, ainsi que Gabriel Paquet, brasseur et président de la Microbrasserie de Bellechasse, entourent Pâquerette Forgues qui est aussi à l’emploi de l’entreprise.
TC Media - Serge Lamontagne

DOSSIER. Depuis l’ouverture de la Microbrasserie de Bellechasse et du Pub de la Contrée en novembre 2013, beaucoup de chemin a été parcouru par la petite coopérative de travailleurs qui est en mode expansion.

«Nous sommes directement dans nos prévisions du départ. Peu de gens semblaient croire à nous au départ. Ce faisant, on peut dire que la microbrasserie et le pub étaient davantage reconnus à l’extérieur. La réticence que l’on sentait dans les premiers mois s’est estompée à mesure que les gens apprenaient à nous connaître et découvrir nos produits. La réponse est tellement bonne que nous étions rentables dès la deuxième année et avons doublé notre production initiale», signale le président de la coopérative, Gabriel Paquet.

En deux ans, M. Paquet et son équipe ont brassé 35 bières au nom de municipalités de la région, la dernière en lice étant la Saint-Camille. «Seule la municipalité de Saint-Justine, en Bellechasse-Etchemins, ne possède pas de bière en son nom, mais ça s’en vient. Si tout va bien, on aura de bonnes nouvelles d’ici la fin de l’année. Ensuite, on envisage de se diriger vers d’autres municipalités comme celles de Montmagny-Sud», poursuit-il.

En plus d'offrir sa bière directement au Pub de la Contrée qui est situé dans l’ancienne caisse populaire de Buckland, la Microbrasserie de Bellechasse possède une dizaine de «lignes» dans différents établissements de Bellechasse. L’entreprise a également développé des lignes spécifiques de bières pour certains bars de la région de Québec comme le Pub Saint-Alexandre, Le Projet sur la rue St-Jean ou la Buvette Scott.

Place au partenariat

L’année 2015 a été, selon Gabriel Paquet, l’année des collaborations pour la Microbrasserie de Bellechasse qui développe de plus en plus de bières avec d’autres coopératives. «Pour nous, il n’est pas question de compétition, mais de collaboration et d’entraide entre entreprises du même type. Nous avons également remporté plusieurs distinctions, ce qui a permis d’accroître notre notoriété.»

La microbrasserie est d’ailleurs présente à Montréal depuis peu, ayant développé un partenariat avec l’Isle de Garde qui est l’un des plus gros brasseurs de la région montréalaise. «Les quantités que nous y offrons sont limitées, mais cette percée est intéressante du fait qu’elle permet de faire découvrir la bière de Bellechasse ailleurs.»

Embouteillage

Depuis six mois, quatre bières de Bellechasse (Buckland, Saint-Michel, Saint-Lazare et Honfleur), sont en vente dans les épiceries et dépanneurs de la région. En tout, ce sont 4 000 bouteilles de 500 ml qui ont été écoulées sur le marché. «C’était un bon projet pour nous. Tout en répondant à la demande, on souhaite conserver le côté artisanal et distinctif de notre produit.»

La progression enregistrée depuis le lancement des opérations, en novembre 2013, fait en sorte que la Microbrasserie de Bellechasse produit à pleine capacité. «Notre défi des prochaines années sera de gérer et financer la croissance, puis d’agrandir nos locaux, qui ne répondent plus à nos besoins. Nous avons quelques projets en ce sens, sur lesquels on va s’attaquer dès janvier», indique le dirigeant-brasseur qui se réjouit également que la petite entreprise coopérative ait réussi à créer de bons emplois. «Nous aimerions en créer davantage, mais pour cela, nous devrons hausser nos revenus.»

La création de la Brûlerie de Bellechasse est une autre décision qui a souri aux responsables de la coopérative, le café torréfié sur place étant vendu dans presque toutes les localités de Bellechasse-Etchemins.

Une petite microbrasserie

Pour être qualifié de microbrasserie, une entreprise doit produire moins de 100 000 hectolitres de bière annuellement. Pas de problèmes pour la Microbrasserie de Bellechasse qui fabrique moins de 1 000 hectolitres par année. «Nous venons de terminer notre 200e brassin, à 350 litres par série. On aimerait produire en plus grandes quantités, mais pour cela nous devrons agrandir les locaux actuels. Il y a place à développement, c’est certain», mentionne M. Paquet qui rappelle que la Microbrasserie de Bellechasse détient un permis de brasseur industriel, ce qui lui permet entre autres d’embouteiller et vendre ses produits à l’extérieur du pub. «Ce qui est le plus important, c’est d’offrir un produit de qualité si tu ne veux pas perdre ton permis.»