Manifestation syndicale au CSSS des Etchemins

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Par Serge Lamontagne
Manifestation syndicale au CSSS des Etchemins
La présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) des Etchemins

LAC-ETCHEMIN. Une vingtaine d’employées membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) des Etchemins, affiliés à la CSN, ont tenu jeudi matin une manifestation visant à souligner la «fin» de leur établissement.

Appuyées de leurs délégués syndicaux, elles tenaient aussi à dénoncer l’incertitude entourant l’entrée en vigueur de la loi 10 et la création du nouveau Centre intégré en santé et services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches. «Ce qui est particulier dans les Etchemins, c’est qu’en 2003 la population de la région était montée aux barricades pour obtenir un CSSS distinct, indépendant de celui de la Beauce. Les gens tenaient à leur autonomie et aujourd’hui, on voit arriver cette méga-infrastructure. Il n’y a aucune garantie auprès de la population que les services que l’on retrouve ici en région, comme ailleurs, seront maintenus», souligne Ann Gingras, présidente du Conseil central CSN pour les régions de Québec et Chaudière-Appalaches.

Présidente du syndicat des employés au CSSS des Etchemins, Linda Mercier mentionnait que c’était un peu «la mort dans l’âme» que le personnel voyait disparaître l’entité du CSSS. «Nous sommes inquiets pour la qualité et l’accessibilité des services à la population dans la région. Avec une mégastructure qui comprendra près de 12 000 employés, c’est certain que le portrait est appelé à changer. À mes yeux, le ministre Barrette est très «hospitalo-centriste» et veut tout ramener vers les grands centres», indique-t-elle.

Mme Mercier ajoute que cette nouvelle réforme du système de santé était empreinte d’amateurisme et laissait place à bien des interrogations. «C’est l’inconnu autant pour la population que le personnel. Personne ne sait où il s’en va. À l’Agence par exemple, bien des collègues ne savaient pas, deux heures avant l’échéance du 31 mars, où ils s’en allaient. Cela n’a pas de bon sens de travailler de même», poursuit-elle en ajoutant que la situation est la même au CSSS des Etchemins.

Pour Ann Gingras, l’entrée en vigueur de la loi 10 signifie la fin du financement par établissement qui sera remplacé par un financement à l’utilisation. «On se demande comment nos établissements, en région, pourront assumer toutes les spécialités qu’ils avaient jusqu’à maintenant en sachant qu’ils ne disposent pas des masses critiques de population comme les grands centres. Il est certain que l’on assistera à un déplacement de plusieurs spécialités vers les villes, ce qui obligera la population etcheminoise à se déplacer pour obtenir des services qu’ils ont l’habitude de recevoir dans leur milieu.»

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