Impressionnant déménagement d’une résidence à Saint-Henri

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Par Eric Gourde
Impressionnant déménagement d’une résidence à Saint-Henri
Le déménagement de la résidence a nécessité un important déploiement. (Photo : La Voix du Sud - Éric Gourde)

SAINT-HENRI. Le déplacement d’une résidence du rang du Bras à Saint-Henri a nécessité un important déploiement vendredi dernier. La démarche était devenue nécessaire après l’apparition de fissures dans le sol en mai 2017 et l’émission d’un ordre d’évacuation.

Tout cela a toutefois nécessité de nombreux efforts des propriétaires qui souhaitaient conserver leur propriété. Pierre Laurin et Jennifer Tremblay ont d’abord dû se battre devant les tribunaux contre le propriétaire du nouveau terrain qui a voulu se retirer après avoir accepté une offre d’achat, pour ensuite argumenter avec la sécurité publique qui refusait le déménagement de la résidence en raison du sol instable.

«C’était aujourd’hui ou c’était terminé et nous aurions dû démolir», lance Mme Tremblay. «La Sécurité publique a toujours refusé qu’on la déménage, sauf qu’en discutant avec des entrepreneurs, nous avons pu convaincre le ministère et éviter de la démolir pour plutôt la déplacer, comme c’était notre plan au départ. Il a fallu faire bouger beaucoup de monde en peu de temps», confiait Jennifer Tremblay qui avoue vivre une période plutôt émotive en compagnie de son conjoint et de leur entourage.

Le déménagement de la résidence a laissé un trou béant à l’endroit original

La période était toutefois idéale pour réaliser le projet, explique Joël Briand, chargé de projet pour la firme Hénault et Gosselin. «La période de dégel n’est pas commencée. Il n’y avait pas de risque pour les employés que le sol s’affaisse à l’endroit d’origine, alors c’était opportun de le faire maintenant.»

La résidence d’environ 60 000 livres (27 000 kilos) a été déplacée sur une distance d’environ 150 pieds (45 mètres) pour le sécuriser. La prochaine démarche sera de la transporter sur environ 350 pieds (un peu plus de 100 mètres) pour la loger près de son futur emplacement.

«Le projet est à peu près standard. La particularité était de le faire en hiver et d’avoir eu à déneiger le champ qui va la recevoir. On pourra faire les fondations seulement lorsque la neige sera fondue puisqu’on doit y amener les équipements. On s’attend de terminer vers le 15 avril», ajoute M. Briand.

Sauver Miss Doolittle

Un élément important de l’équation est que le couple, qui opère le centre d’aide aux animaux sauvages SOS Miss Doolittle, a dû multiplier les efforts et se battre pendant plusieurs mois pour obtenir le résultat escompté, soit de demeurer près du refuge rappelle Jennifer Tremblay. «Nous sommes des amoureux de cet endroit et étions près de tout perdre et de démolir un endroit que l’on trouve extraordinaire. Nous avons vécu deuil par-dessus deuil. On achevait de payer notre hypothèque et ça devenait malgré tout un désastre financièrement. C’était aussi de se faire dire non pour l’achat de l’autre terrain. On pensait que ça prendrait deux jours, mais ce fut plutôt deux ans.»

Le couple a pu bénéficier d’une subvention de 250 000 $, octroyée en raison d’un programme spécial lié aux inondations du printemps 2017. «Nous aurions pu choisir de nous relocaliser ailleurs parce que nous étions sinistrés, mais il n’était pas question de laisser les animaux sans surveillance et d’abandonner le refuge. Nous avons dormi là et n’avons jamais quitté les animaux une seule nuit. Il faut être tout près parce que l’on reçoit régulièrement des animaux, et pour offrir un meilleur service.»

Si la pression semble vouloir s’amenuiser, Mme Tremblay et M. Laurin ont toutefois d’autres devoirs à faire avant de pouvoir s’installer dans leur nouveau foyer.  «On se donne encore deux mois dans la maison-mobile avant d’avoir de l’eau et de l’électricité, et parce qu’il faudra creuser, entre autres.»

Une cinquantaine d’animaux se trouvent actuellement en réhabilitation ou en hibernation dans le refuge. Ce nombre peut atteindre quelques centaines en période estivale, explique Mme Tremblay. «L’an dernier, nous en avons reçu 612 et cette année, on s’attend à environ 800 parce que ça augmente d’environ 30 % par année», précise-t-elle en terminant.

 

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