Saint-Magloire: un gisement toujours intéressant

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Par Eric Gourde
Saint-Magloire: un gisement toujours intéressant
Le site exploité par Golden Hope (Ressources Delta) se situe tout près de Saint-Magloire. (Photo : Archives)

MINES. Même si aucun forage ne s’est fait depuis 2011, le secteur de Saint-Magloire demeure attrayant pour les entreprise minières, surtout que le contexte économique du secteur semble vouloir redevenir positif.

Autrefois connue sous le nom de Golden Hope Mines, l’entreprise Ressources Delta détient toujours des droits dans le secteur et pourrait relancer certaines activités. Plusieurs changements de personnel ont été effectués au cours des derniers mois, notamment du côté des décideurs au chapitre des activités sur le terrain, indique le directeur de l’entreprise, Frank Candido.

«Nous sommes justement en train de regarder tout ça pour avoir un plan de match d’établi d’ici trois à quatre semaines. Est-ce que ce sera du forage, de l’exploration, la mise en production du dépôt Bellechasse-Timmins ou autres. L’idée de céder le dépôt à une autre entreprise n’est pas à écarter non-plus. La nouvelle équipe est en train de faire cette évaluation», explique-t-il.

Photo d’une «carotte» prise par Dany Boilard de Sainte-Justine

L’entreprise n’a entretemps effectué aucun forage dans le secteur depuis 2011. «Le prix de l’or a toujours un impact. Sauf qu’au Canada, dans les sept ou huit dernières années, il n’y avait peu ou pas d’intérêt. L’argent s’est plutôt dirigé vers la marijuana. L’inverse se produirait à l’heure actuelle et l’or pourrait maintenant devenir une option pour ces compagnies.»

Il est vrai que plusieurs facteurs ont plongé le secteur minier au Québec dans une mini-récession au cours des dernières années et le contexte est toujours difficile pour les entreprises d’exploration. «Personne n’avait le sentiment d’investir dans des projets d’exploration. Il y a toute sorte de choses. Les coûts sont une bonne part du problème, mais aussi les règles, les impacts environnementaux, l’instabilité de certains marchés, dont la Chine. Il y a plein de raisons, mais on a observé justement une hausse des investissements dans des projets miniers au cours des derniers mois.»

Le prix de l’or étant attrayant est un facteur, mais il n’est pas le seul explique M. Candido. «On regarde ce que nous allons faire. Des gens sont intéressés à nos projets actuels et nous en regardons d’autres également. Il est clair que nos deux gisements à Saint-Magloire en intéressent  plusieurs. Celui de Bellechasse-Timmins avec l’or et notre projet Champagne où il y a d’autres métaux comme le cuivre et le zinc.»

Directeur de l’entreprise, Les Champs d’or, active principalement dans le secteur de Saint-Simon-les-Mines en Beauce, Patrick Levasseur fait à peu près les mêmes constats. «Il y a un potentiel en or de Saint-Magloire jusqu’au Mont Mégantic. Il y en a des cibles et il faut bien les choisir. Les grands changements qui ont été faits quand le Parti Québécois était au pouvoir avaient ébranlé les choses. Certains étaient toutefois utiles, comme celle d’avoir les permissions écrites des propriétaires. Les gens de la région sont très réceptifs. Ils savent que l’or fait partie de leur patrimoine et ils sont curieux d’en savoir plus généralement.»

Le débat social potentiel entourant la mise en place d’une mise dépendra de l’ampleur de la découverte à son avis. «Une mine ne se réalise pas du jour au lendemain. Il y a des études environnementales, audiences publiques, discussions avec les intervenants. Les carrières et sablières dans à peu près toutes les localités sont en quelques sortes des mines et c’est là. Notre industrie a aussi ses torts puisqu’elle a mal expliqué ses choses avec le temps. Si le dépôt est intéressant, est-ce qu’il vaudra la peine d’aller de l’avant sera la première question à se poser. Si la découverte est de classe mondiale et que les avantages sont indéniables, l’argumentation n’est plus la même.»

La possibilité d’une mine dans une région donnée assure également une stabilité dans une région insiste M. Levasseur. «Une entreprise peut s’établir dans une communauté un jour. Or, cette entreprise peut se retrouver en Chine ou ailleurs n’importe quand. Une mine propose de bons emplois et des salaires imposants et tu ne peux pas l’amener ailleurs. Certaines ont offert des emplois à plusieurs générations et ont eu un impact positif dans leur milieu.»

Pour l’instant, il n’y a pas de mine, mais l’exploration en soi est une activité économique importante rappelle M. Levasseur. «Il y a un parallèle à faire avec la Beauce et le fameux Klondike au Yukon. Les deux ont connu une ruée vers l’or vers la fin des années 1800 et sont des gisements dits de placage (placer gold deposit). Depuis ce temps, plus d’un milliard de dollars a été investi au Klondike en exploration uniquement.»

Il ajoute que la plupart des mines ont des dimensions raisonnables. «Il faut garder les choses dans leurs proportions aussi. Il y beaucoup d’emphase sur l’environnement et les compagnies minières sont devenues des modèles écologiques dans certains cas. De toutes les anomalies que l’on retrouve en Beauce, celle entre Saint-Benjamin et Saint-Simon-les-Mines est celle qui présente les meilleures possibilités, alors c’est l’où on se concentre pour le moment. On regarde tout, mais il faut choisir nos centres d’intérêt en fonction de nos capacités.»

 

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