Sainte-Claire: la fermeture de deux restaurants inquiète

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Par Eric Gourde
Sainte-Claire: la fermeture de deux restaurants inquiète
Le bâtiment qui a abrité les restaurants P'tit Rocher et Bono Pizzeria a été mis en vente au cours de l'été. (Photo : La Voix du Sud - Éric Gourde)

MUNICIPALITÉ. La fermeture du restaurant Bono Pizzéria au cours de l’été et celle récente du casse-croûte Laliberté, à Sainte-Claire, inquiète la mairesse de la localité, Denise Dulac, qui y voit une lourde perte dans les services de proximité disponibles.

Mme Dulac avoue que ses préoccupations se situent à la fois à titre de mairesse, mais aussi comme citoyenne. «Avec toutes les entreprises que l’on a, oui il y a la Bouchée Double qui offre des repas, mais ce n’est pas sa vocation première. Il y a le D’Artagnan qui doit fermer pour la période hivernale à compter du 3 novembre. Avec la fermeture de ces deux-là, les options pour les citoyens ou les travailleurs, d’aller s’asseoir dans un établissement, deviennent presque inexistantes.»

La mairesse de Sainte-Claire craint que la situation ait des impacts négatifs à moyen ou long terme sur les entreprises de son milieu et l’attrait de sa communauté en général. «Je trouve ça triste qu’un entrepreneur de Sainte-Claire, qui reçoit un client ou un fournisseur, ne puisse même pas lui proposer de manger une soupe ou un menu du jour dans un contexte de détente et d’affaires en même temps. Quand on veut manger dans un restaurant comme citoyen, nous sommes obligés d’aller ailleurs.»

Le casse-croûte Laliberté a été fermé définitivement il y a quelques jours, des irritants ayant été découverts sur le bâtiment.

Elle est d’avis que sa localité a le potentiel pour permettre à un restaurateur de connaitre du succès. «Avec la population et les entreprises que l’on a, le potentiel existe, c’est certain. J’ai rencontré un restaurateur d’une autre municipalité et je lui ai demandé pourquoi il ne viendrait pas ouvrir un autre établissement dans notre localité. Il m’a fait part de certaines craintes, dont la problématique de pénurie de main-d’œuvre qui existe aussi dans ce domaine», a-t-elle partagé.

Propriétaire du casse-croûte Laliberté, Mario Poulin précise que son commerce était très performant. «C’est un problème avec le bâtiment qui nous a forcé à fermer. Les affaires allaient rondement. Avoir eu dix ans de moins, j’aurais construit un autre bâtiment pour pouvoir continuer. J’avais dû fermer prématurément l’an dernier, car deux de mes employées avaient un  problème de santé. Je pensais qu’au printemps, les choses seraient plus difficiles, mais pas du tout et au contraire», précise M. Poulin qui attend maintenant son permis pour démolir le bâtiment pour ensuite offrir son terrain à la vente.

Propriétaire du casse-croûte d’Artagnan, Jerry Lafontaine mentionne que la difficulté de trouver de la main d’œuvre le force à fermer pour la période hivernale. «À la base, c’est un commerce 4 saisons. Nous l’avons opéré l’hiver, mais c’était surtout pour garder notre main d’œuvre. Nous fermons les lundis et mardis l’été également pour cette raison.»

Mme Dulac ajoute avoir remarqué, dans certaines localités environnantes, des gens en place depuis longtemps. «Quand nous allons dans certains établissements, on y rencontre des gens qui y travaillent depuis longtemps. C’est possiblement l’une des clés du succès pour un commerce de ce genre.»

M. Lafontaine est copropriétaire du bâtiment qui abritait Bono Pizzeria. Malgré la fermeture du commerce au cours de l’été et du P’tit Rocher auparavant, il croit toujours que l’endroit peut répondre à ce besoin. «Le bâtiment est à vendre ou à louer clé en main. Si quelqu’un était prêt à opérer un restaurant, il pourrait ouvrir la semaine prochaine.»

La mairesse n’a pas l’intention de mêler outre mesure la municipalité dans le dossier, mais estime être en droit de s’y intéresser. «Ce n’est pas la mission d’une municipalité, mais c’est une préoccupation. Je trouve ça triste. Le but n’est pas d’entrer en compétition avec d’autres services déjà existants comme les cantines-mobiles ou le prêt-à-manger dans les épiceries, mais d’avoir accès à un service complémentaire à ce qui existe déjà. Je vais être à l’affût à la fois comme citoyenne et comme mairesse. Il y a une clientèle pour aller dîner au restaurant le midi, ou certains soirs dans la semaine et même les fins de semaine.»

 

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