Isabelle Melançon prône la création d’un fonds dédié pour les médias

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Par Serge Lamontagne
Isabelle Melançon prône la création d’un fonds dédié pour les médias
Membre de la Commission sur l’avenir des médias, la députée libérale de Verdun, Isabelle Melançon, était de passage dans les bureaux de La Voix du Sud au cours des derniers jours. (Photo : La Voix du Sud – Serge Lamontagne)

POLITIQUE. La création d’un fonds dédié aux médias et à la culture financé par des taxes venant des géants du web pourrait aider le gouvernement du Québec à soutenir les médias régionaux et autres qui sont victimes des fuites de capitaux publicitaires vers les Google et Facebook et Amazon de ce monde.

C’est ce que soutient la députée libérale de Verdun, Isabelle Melançon, qui est membre de la Commission sur l’avenir des médias qui a amorcé ses travaux à la fin du mois d’août.

De passage dans les bureaux de La Voix du Sud, Mme Melançon, qui a œuvré dans le monde des médias dans le passé, mène actuellement une tournée personnelle des médias régionaux afin de rencontrer les acteurs (dirigeants et journalistes) sur le terrain, puis écouter leurs propositions ou pistes de solutions.

«Notre priorité, c’est d’arrêter de mettre des diachylons partout et de traiter le problème là où il se trouve, soit auprès des géants du web. Quand nous étions au gouvernement, on avait décidé de taxer Netflix et on nous disait que c’était impossible, que le Québec ne pouvait pas faire ça seul. On a tellement bien réussi que cela représentera 62 M$ de plus dans les coffres de l’État chaque année, alors qu’on ne pensait jamais toucher un sou d’eux», indique-t-elle.

Mme Melançon ajoute qu’il faut maintenant mener le même combat auprès de Google, Amazon et Facebook. «La France et la Norvège le font déjà, donc on n’a rien inventé. On peut leur imposer un taux de taxation de 3 % sur leurs ventes comme d’autres le font déjà. On n’a pas créé de taxes pour Netflix, on a simplement appliqué la taxe sur des services qui existait déjà.»

Elle ajoute que si on imposait une taxe de 3 % seulement pour Facebook, cela représenterait une entrée supplémentaire de 20 M$ dans les coffres du gouvernement, ce qui est même très conservateur à ses yeux.

«En commission parlementaire, je disais qu’avec l’argent venant de Netflix et la taxe de 3 % que l’on pourrait imposer à Facebook, en plus de récupérer les points de TPS laissés par le gouvernement fédéral pour Netflix, cela permettrait d’amasser une somme de 124 M$ qui pourrait être transférée dans un fonds dédié aux médias et à la culture. C’est de l’argent qui viendrait de la Californie, ce qui serait plus plausible que de taxer davantage les citoyens du Québec qui le sont suffisamment et permettrait de couvrir les sommes promises récemment par la CAQ pour aider les journalistes de l’écrit.»

À cet effet, Mme Melançon a qualifié d’inéquitable la décision du gouvernement Legault de verser une aide financière de près de 50 M$ uniquement aux médias écrits, ajoutant que les postes de radios et de télévision étaient aux prises avec les mêmes problématiques.

Lenteur de la ministre

La députée libérale dit par ailleurs déplorer la lenteur de la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, qui n’a toujours pas mis en application deux propositions qu’elle a déposées ce printemps et qui ont été adoptées à l’unanimité par l’Assemblée nationale.

La première motion, adoptée le 2 mai dernier, propose l’exemplarité de l’état dans ses achats de publicité, appelant le gouvernement et ses agences à investir davantage dans les médias locaux et régionaux, plutôt qu’auprès des géants du web, comme il le font de plus en plus.

Cinq mois après l’adoption de cette notion, elle dit encore attendre une directive de la ministre de la Culture et des Communications. «Le 11 juin, j’ai aussi fait adopter une autre résolution qui a été acceptée à l’unanimité, sur le fait qu’on pouvait aller chercher les points de TPS laissés sur la table pour Netflix, mais j’attends toujours un geste concret du gouvernement. Ce que je souhaite, c’est de faire avancer les choses.»

Loi 122

En ce qui a trait à la loi 122 qui donne plus de responsabilités aux municipalités et n’oblige plus ces dernières à afficher leurs avis publics dans les médias régionaux, elle reconnaît que cette mesure a nui aux médias régionaux qui ont perdu des sources de financement.

«J’ai toujours dit qu’avec l’autonomie venaient les responsabilités. Les maires, mairesses et préfets ont la responsabilité de décider si l’information locale et régionale est importante pour eux. Si la réponse est oui, ils doivent continuer à investir dans les médias locaux», précise-t-elle.

Isabelle Melançon rappelle enfin que la commission parlementaire avait sa place. Les travaux se termineront sous peu et elle a bon espoir que le rapport final puisse être déposé le plus tôt possible et proposer des conclusions et suggestions réalistes.

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