Ferme Le Versant Fruitier: 10 ans d’une relève familiale

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Par Eric Gourde
Ferme Le Versant Fruitier: 10 ans d’une relève familiale
Maggie Morissette et son conjoint, Charles Beaudin, soulignait cette année leur 10e année à la barre de l'entreprise. (Photo : La Voix du Sud - Éric Gourde)

AGRICULTURE. Il y a presque 10 ans, Maggie Morissette et son conjoint, Charles Beaudin, se sont portés acquéreurs de la ferme familiale des parents de Maggie. Aujourd’hui, le domaine de 100 âcres et son nom, Le Versant Fruitier, sont devenus une référence en agroalimentaire dans la région.

Cette année marque les 45 ans de culture maraîchère sur la propriété de la route Ste-Caroline à Sainte-Claire. «Nous avons commencé en 2010, c’est donc notre 10e saison. Avant, ce sont mes parents, Charlotte et André Morissette, qui s’attardaient surtout aux petits fruits. Nous avons voulu diversifier l’offre et étirer la saison du même coup», précise Maggie Morissette entre deux séances de cueillette.

«La saison des petits fruits, c’est juillet et août. Avec les légumes, nous sommes en mesure de prolonger la saison jusqu’en octobre», ajoute son conjoint Charles qui avoue que cet été, l’arrivée tardive du printemps aura eu un effet évident sur la productivité. «Le mois de mai a été froid et toutes les cultures sont arrivées deux semaines en retard. C’est du temps que l’on ne récupère pas. À la fin de l’année, c’est beaucoup d’argent, mais ça demeure gratifiant de faire ce que l’on fait.»

Le site est enchanteur, laisse place à la tranquillité et offre une vue imprenable sur Québec et les Laurentides par temps dégagé, une atmosphère idéale pour l’autocueillette, marque de commerce de l’entreprise. Si la clientèle sur place provient généralement des villages voisins, le kiosque de Sainte-Claire représente toutefois plus de 50 % des ventes de l’entreprise. «Nos ventes sont en constante augmentation au kiosque. Il faut avoir du temps pour l’autocueillette et les gens travaillent beaucoup, puis ont des obligations avec leur famille. À un endroit passant comme celui-là, c’est bon pour tout le monde», estime Charles.

«Nos clients sont surtout les petites familles et les grands-parents, avec leurs petits-enfants. C’est aussi dans les mœurs des gens plus âgés de faire des récoltes. Il faut aussi considérer que ce n’est pas dans les habitudes des gens de se rendre à la ferme pour aller chercher leurs fruits ou leurs légumes. Il faut les convaincre, les habituer et toujours travailler sur son nom et sa notoriété», indique Maggie.

«Quand les gens ont goûté la différence entre le produit directement du producteur versus l’épicerie, ils sont conquis. Ce n’est pas le même goût et c’est dur de revenir en arrière pour plusieurs. C’est un travail que l’on doit faire chaque saison.»

L’agriculture est souvent une affaire de famille, avouent Maggie et Charles, dont les quatre enfants pourraient devenir la cinquième génération de l’entreprise familiale. Si la transition a été exigeante, le jeu en valait la chandelle, selon le couple. «On a mangé des patates les deux premières années», avoue Maggie en riant. «Nous n’avions évidemment pas le même train de vie que mes parents puisque nous avions l’hypothèque à assumer. Nous avons travaillé dur et bâti autour de la clientèle qui existait déjà.»

«J’ai choisi l’agriculture. J’ai grandi et travaillé dans des fermes et j’ai eu la piqûre de travailler dehors. D’être son propre patron et d’avoir ses propres produits, j’aurais de la difficulté à faire marche arrière», ajoute Charles, avant de lui aussi retourner à ses occupations.

Le couple prévoit la construction d’une nouvelle serre au cours des prochaines semaines, toujours dans le but d’augmenter la production. «On veut augmenter notre volume de tomates, concombres et autres. Nous ne fournissons pas à ce niveau.»

L’endroit est en constante évolution et emploie six personnes à temps plein, dont trois travailleurs étrangers. Certaines cultures augmentent constamment et d’autres sont toujours appelées à grandir. Le verger, à titre d’exemple, ne sera à maturité que dans trois ou quatre ans, avoue Maggie. «Nous avons de la difficulté à évaluer notre capacité de pommes, d’où la raison pour laquelle nous l’annonçons, mais à faible échelle. Ça nous donne aussi du temps pour que les gens s’habituent.»

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