La production de sirop d’érable se poursuivra normalement

AGRICULTURE. Avec ou sans coronavirus, les érables n’arrêteront pas de couler ce printemps. La production acéricole se poursuivra dans nos érablières, petites comme grandes.

Selon Marcel Larochelle, producteur et président du Syndicat des acériculteurs de la Beauce, la saison 2020 n’a pas réellement pris son envol en Chaudière-Appalaches. «Quelques producteurs ont commencé à faire du sirop en février. Ça s’est arrêté rapidement avec le retour du froid. On pense que ça débutera vraiment vers la fin mars», dit-il, ajoutant que la production pourrait s’étirer jusqu’au début mai.

La majorité des érablières devrait avoir les effectifs nécessaires pour recueillir la sève de nos érables. «Chez nous, les employés sont souvent locaux. Il y a peu de travailleurs étrangers, car ce sont surtout de petites érablières familiales», précise M. Larochelle.

L’Érablière Vachon de Saint-Odilon combine la production acéricole et les services d’une cabane à sucre. Ce second aspect est problématique (voir autre texte), car le gouvernement du Québec a demandé la fermeture des cabanes à sucre pour limiter la propagation du COVID-19.

«Nous avions commencé à faire des réserves d’inventaire pour recevoir la clientèle. Nous ne sommes pas très confiants avec la façon dont les choses évoluent actuellement. Nous allons envoyer notre quota à la fédération (PPAQ), mais c’est tout», disent les copropriétaires Francis Vachon et Marie-Michèle Doyon.

Hygiène et paiements

L’actuelle pandémie de COVID-19 risque d’avoir des impacts sur la distribution, la vente et les exportations des produits de l’érable. «Il est trop tôt pour mesurer les conséquences. Toute l’industrie est déstabilisée. La classification de la récolte 2020 pourrait être retardée», indique Hélène Normandin, directrice des communications pour les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ).

Qu’en est-il des règles hygiéniques dans la production du sirop d’érable ? «La sève d’érable est bouillie et le sirop pasteurisé. Il peut se conserver longtemps, sans risquer de se détériorer. Dans notre réserve stratégique, on peut stocker plusieurs barils de sirop. Son utilité a fait ses preuves avec les changements dans la météo affectant la production. Il n’y aura aucune pénurie de sirop», assure Hélène Normandin.

Les PPAQ examinent quand même toutes les options pour compenser financièrement des producteurs acéricoles ayant besoin de soutien. L’organisme a d’ailleurs créé un plan d’urgence afin d’assurer les paiements aux acériculteurs.

Les producteurs ayant des questions doivent appeler le 1 855 679-7021, écrire à ppaq.producteurs@upa.qc.ca ou visiter la page Facebook  des Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

* Avec la collaboration d’Éric Gourde