COVID-19: l’importance de la famille et de la résilience

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Par Eric Gourde
COVID-19: l’importance de la famille et de la résilience
Le maire de Saint-Michel, Éric Tessier, estime que la situation actuelle exigera de la résilience autant individuellement que collectivement. (Photo : gracieuseté)

SOCIÉTÉ. La crise entourant le coronavirus exige beaucoup de tout le monde et chacun aura ses défis au cours des prochaines semaines. Le maire de Saint-Michel, Éric Tessier, a la famille en tête depuis le début des événements.

M. Tessier et sa conjointe sont les parents de huit enfants, dont trois sont revenus à la maison à temps plein, fermeture des écoles oblige. Cette situation les oblige à jongler avec trois jeunes adultes qui sont près ou au début de la vingtaine. «Du jour au lendemain, on leur dit tu ne vas plus à l’école, tu ne travailles plus et il faut que tu restes à la maison, c’est comme mettre des jeunes mustangs en cage. Ils sont hyperbranchés, hyperinformés et vivent dans un monde bien à eux. Disons que les débats au souper sont bien animés.»

Éric Tessier estime que la famille sera au cœur des prochaines semaines. «Nous sommes dans l’âge où il faut aussi tenir le fort pour nos enfants, mais aussi pour nos parents, car ils font partie des clientèles vulnérables. Honnêtement, je trouve qu’on n’est pas pire moi et ma conjointe», illustre-t-il en riant.

Déjà, quelques activités se sont fait en groupe. «On fait du ménage, on essaie de voir ce que l’avenir nous réserve. On défait et on refait le monde, on essaie de faire la part des choses entre la vraie et la fausse information.»

D’ailleurs, les occasions ne manquent pas pour bien occuper les journées et le temps en famille chez les Tessier. «Ça nous a permis de sortir les sacs verts et de commencer un grand ménage et tout ça, d’un commun accord. C’est sûr que tous regardent le père parce que c’est lui qui se traine le plus. J’ai énormément de livres chez moi et on s’est entendu sur un tri, puis nous avons fait plusieurs donations à des familles et des organismes localement.»

Et les autres…

En plus de leurs trois enfants à la maison, le couple a également une fille à Saint-Charles, un garçon à Ottawa et trois autres enfants à Québec. «Présentement on dort bien, parce qu’on se couche tard et on se lève tôt.»

Trois de ses enfants composent actuellement avec le fait que l’un des conjoints vit une grossesse, alors c’est une autre gestion, à distance cette fois-ci, explique M. Tessier. «Ma conjointe a longtemps œuvré en obstétrique, alors c’est de rassurer ma fille ou nos belles-filles que si elles suivent les recommandations, tout ira bien.»

Éric Tessier utilise régulièrement le mot résilience pendant notre conversation, ce qui résume bien les ajustements que tous doivent effectuer dans la situation actuelle. «Pour des parents, arriver et voir ses enfants foncer dans la vie et être autonomes, c’est gratifiant, mais en contrepartie, quand on leur met des barrières et que le train freine d’un coup sec, on les ramasse.  À notre âge, nous avons du vécu et même si nous trouvons la situation difficile, il ne faut pas le laisser transparaitre. Des fois, nos enfants veulent seulement qu’on les écoute et surtout ne pas entendre ce qu’on a à leur dire», ajoute-t-il en riant.

Il ajoute que le parent doit avoir une oreille sans nécessairement les vexer. «C’est vraiment l’apprentissage d’une certaine résilience. C’est aussi une remise en question des valeurs et des priorités. On partage nos propres craintes, mais ça montre également aux enfants que d’arrêter le temps a ses bienfaits. Notre monde va changer, c’est certain, mais nous en serons gagnants au bout si nous prenons du recul collectivement.»

Pas pour demain…

Selon lui, les gens devront se faire à l’idée qu’un retour à la normale n’est pas pour demain. «Oui, nous sommes dans une crise. Oui, ça va prendre six mois avant que les choses ne reprennent. On va revenir à la vie normale dans un an seulement, il ne faut pas se leurrer. Il faut toutefois éviter que la gestion de crise devienne de la gestion de peur. Il faut expliquer la crise sans générer de la peur.»

Il a d’ailleurs commencé à mettre la table auprès des siens sur ce qui prévoit pour les prochaines semaines. «C’est très difficile pour moi de leur expliquer qu’il n’y en aura pas de Festival d’été à Québec et à l’une de mes filles qu’elle n’ira pas travailler dans un camp de vacances cet été, car il n’aura pas lieu non plus.»

Impliqué dans le domaine de la santé à titre professionnel et ayant une conjointe infirmière retraitée, M. Tessier observe que les gens ont possiblement une mauvaise compréhension de la situation actuelle. Il est toutefois rassuré de voir le premier ministre Legault et son entourage à l’œuvre. Leur gestion de la crise actuelle est impeccable selon lui. «Les parents d’aujourd’hui ne sont pas seuls. Nos grands-parents ont fait des miracles ayant eu à composer avec des événements bien plus difficiles, dont le rationnement durant la guerre, et d’autres générations aussi. L’entraide et la famille sont des valeurs qui vont nous faire passer à travers.»

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