IPL: difficultés ou bras de fer ?

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Par Eric Gourde
IPL: difficultés ou bras de fer ?
Les employés d'IPL n'ont pas souvent le sourire par les temps qui courent.

TRAVAIL. La situation demeure tendue à l’usine IPL de Saint-Damien, même si les avis de mise à pied annoncés il y a deux semaines n’ont toujours pas été exercés par l’employeur.

Le président du syndicat des employés de l’usine, Frédéric Morin, confirme que personne n’a perdu son emploi jusqu’à maintenant. «Non, du tout. Personne n’a été mis à pied, mis à part quelques métiers spécialisés, comme dans le secteur de l’expédition ou la manutention, où des gens ont été déplacés dans d’autres secteurs. Les opérateurs n’ont pas été touchés.»

Le climat est particulier depuis quelques semaines, alors que le litige opposant les employés à leur employeur devait d’abord se rendre devant un arbitre à la suite d’une rencontre entre les deux partis le 10 juin dernier. Deux jours plus tard, l’employeur annonçait que 107 employés de l’usine recevraient un avis de mise à pied qui devait être effectif le 27 juin.

«Nous sommes en retard dans l’ouvrage. Il y a des départements où les délais sont importants sur les commandes, notamment à l’impression, car ils se sont servis de ces gens-là pour combler d’autres besoins. Le travail s’est accumulé, car il manque de personnel», observe Frédéric Morin.

La situation est tout simplement décevante, ajoute-t-il, avouant qu’il se pose beaucoup de questions. «Je ne sais pas quel effet ils souhaitaient lorsqu’ils ont annoncé les avis de mise à pied, mais franchement, peu de membres y ont cru. Est-ce qu’ils voulaient faire peur aux gens ? Si c’est le cas, c’est raté puisque les employés sont davantage en colère. Est-ce dans le but de faire des demandes aux gouvernements en raison du Covid? On ne sait pas.»

Peu de réactions chez l’employeur

Du côté de la direction de l’entreprise, rejoint en Irlande, le porte-parole du consortium, Paul Meade, explique qu’il n’est pas dans la politique de l’entreprise de commenter ce genre de situation. «Il y a des discussions en cours au niveau local et les personnes impliquées devront d’abord être informées de la situation avant toute chose. C’est pourquoi on ne dira rien de plus.»

Frédéric Morin avoue avoir beaucoup de difficulté à saisir les humeurs de l’employeur. «Est-ce qu’ils veulent mettre la table pour la prochaine négociation? C’est possible, puisque la convention collective sera échue dans un an et demi. En matière de relation de travail, c’est demain. On commence déjà à faire un agenda.»

Selon lui, il manquerait une quarantaine d’employés dans l’usine, d’où la raison pour laquelle les avis de mise à pied n’ont pas eu d’effet. «Avec les jumelages que nous avons depuis un mois, c’est possiblement une dizaine de personnes par quart de travail qui serait nécessaire pour combler les besoins.»

Si les dernières rencontres avaient été cordiales, Frédéric Morin anticipe que le ton risque d’être bien différent à l’avenir. «Il est certain que nous allons nous méfier à l’avenir. Le lien de confiance avec l’employeur en a pris un coup.»

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