Décès d’un signaleur à Buckland: Un mauvais mélange de circonstances selon la CNESST

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Par Eric Gourde
Décès d’un signaleur à Buckland: Un mauvais mélange de circonstances selon la CNESST
La chaussée était mouillée au moment de l'accident, puisque la neige commençait à tomber le soir de l'accident. (Photo : gracieuseté)

ENQUÊTE. Un bête accident ou un mauvais mélange de circonstances expliquent l’accident ayant causé la mort d’un signaleur vers 16 h 45 le 24 novembre dernier, sur la route 279 à Buckland.

Dans son rapport d’enquête publié jeudi, la CNESST retient deux causes pour expliquer l’accident. La première qui rappelle qu’un automobiliste a heurté le signaleur routier placé sur la voie publique alors que ce dernier, peu perceptible, participait à une manœuvre de recul d’un camion-nacelle. La seconde retient surtout que la méthode de contrôle de la circulation lors de la manœuvre de recul était déficiente et exposait le signaleur routier à un danger de heurt.

Rappelons que lors de l’accident, un automobiliste circulant en direction sud a perdu le contrôle de son véhicule en descendant une côte, avant d’aller percuter le travailleur puis frapper un véhicule stationné en sens inverse. Le signaleur, Daniel Jacques 64 ans de Saint-Joseph, est finalement décédé des suites de ses blessures.

Selon l’enquêteur de la CNESST, David Boutin, en voulant guider le camion par des signes visuels, M. Jacques s’est placé derrière le camion, sur la voie publique, et l’accident s’est alors produit.

«C’est une manœuvre courante chez les signaleurs de contribuer aux manœuvres de recul des véhicules, même si l’employeur recommande de ne pas le faire. M. Jacques est un ancien camionneur qui a voulu aider un autre camionneur en l’appuyant dans sa manœuvre de recul. C’est un mauvais mélange de circonstances. Un bête accident, au mauvais endroit au mauvais moment et des pratiques tolérées par tout le monde.»

Les circonstances

M. Boutin rappelle que, ce soir-là, au moment où l’accident s’est produit, toutes les conditions rendaient la visibilité des signaleurs difficiles. «Il n’y avait pas d’éclairage naturel, c’est au bas d’une vallée, le coucher de soleil aveuglait certains témoins de la scène, il y avait une pénombre, etc.»

Il ajoute que la signalisation routière n’avait pas toute été installée, car Hydro-Québec avait décidé de ne pas effectuer de travaux, justement pour des raisons de sécurité. Les signaleurs et Hydro-Québec se sont rencontrés sur les lieux et à la suite de leurs discussions, la décision avait été prise de ne pas effectuer les travaux en raison puisque tous jugeaient la situation dangereuse. C’est ensuite que les événements se sont enchainés.»

L’automobiliste impliqué circulait à une vitesse variant entre 100 et 110 km/h au moment de l’accident, selon M. Boutin, qui estime que celui-ci avait un jeu de 98 mètres, ce qui rendait le freinage impossible, même si le véhicule était en bonne condition. «C’est la vitesse normale que les usagers utilisent sur cette portion-là. Nous n’étions pas dans le côté criminel de la chose. Les calculs que nous avons faits nous indiquent que l’automobiliste aurait eu besoin de 261 mètres pour faire un arrêt complet, notamment parce que la chaussée était mouillée.»

Dans ses recommandations, la CNESST suggère de privilégier des sorties vers l’avant par les véhicules servant aux travaux afin de restreindre les manœuvres de recul, de s’assurer qu’une signalisation minimale est en place selon la situation, que le signaleur routier se situe dans une position sécuritaire si sa présence est nécessaire en fonction des plans, qu’ils disposent de l’équipement de protection adéquat et de tenir compte des conditions de lieu et de l’environnement (ex : courbe, pente, luminosité, etc.) qui pourraient influencer les méthodes de travail et les équipements utilisés;

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