L’agriculture n’a pris aucune pause durant la pandémie

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Par Frederic Desjardins
L’agriculture n’a pris aucune pause durant la pandémie
James Allen, président régional de l’UPA, dénonce les frais exorbitants demandés aux fournisseurs agricoles, par les géants de l’alimentation. (Photo : L’Éclaireur Progrès - Archives)

AGRICULTURE. En compagnie de 160 délégués sur le web, la Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches a présenté le bilan de ses activités le 22 octobre, à son assemblée générale annuelle.

Selon James Allen, président régional, la COVID-19 a fragilisé les chaînes d’approvisionnement alimentaires. Une cellule de crise a été mise en place dès la mi-mars, afin de soutenir les producteurs.

« Tout le monde s’est mis en mode solution. Les fermes et usines de transformation se sont équipées pour éviter la propagation du virus. Nous avons aussi démontré qu’acheter les produits d’ici, c’est une solution gagnante », dit M. Allen.

Pour faire face aux impacts de la COVID-19, les gouvernements ont mis en place divers programmes d’aide. Des institutions financières, ainsi que La Financière agricole du Québec (FADQ) et Financement agricole Canada (FAC), ont appliqué ces derniers.

Géants de l’alimentation

Durant son allocution, James Allen s’en est pris à la chaîne Wal-Mart. Depuis la mi-septembre, la compagnie impose des frais de 6,25 % à ses fournisseurs. Ils sont prélevés pour les produits vendus sur le site web de Wal-Mart (5 %) et le développement des infrastructures de la compagnie (1,25 %).

La centrale d’achats United Grocers inc., qui représente 34 % du marché alimentaire au Canada, a envoyé un avis semblable à ses fournisseurs. L’UPA a transmis une demande d’enquête au Bureau de la concurrence du Canada, afin d’interdire l’imposition de frais exorbitants aux fournisseurs.

« Des producteurs n’osent pas se lever contre ces grandes chaînes, par crainte de représailles. S’ils dénoncent cette décision, leurs produits sont sortis des magasins. Les petits fournisseurs ne peuvent pas se battre contre ces géants de l’alimentation», déplore M. Allen.

Tous les secteurs agricoles ont été affectés par la pandémie, dont le milieu avicole (œufs).

Assurance et formation

Plusieurs producteurs ont vécu des problèmes d’assurabilité de leurs entreprises agricoles. Lors de l’échéance d’un contrat, des assureurs ont cessé de couvrir une ferme, sans que les producteurs aient fait l’objet de sinistres antérieurs.

« Certaines compagnies d’assurance se sont retirées complètement du secteur agricole, alors que d’autres ont choisi d’assurer seulement certains secteurs de production. L’UPA poursuit sa recherche de solutions, dans l’objectif que des programmes d’assurance soient accessibles pour les entreprises agricoles », peut-on lire dans le rapport annuel.

Dans la dernière année, 1725 producteurs ont pris part à 143 activités de formation, pour un total de 3136 heures de cours. L’acériculture et la foresterie ont été les sujets les plus populaires. L’intérêt pour la permaculture a connu un essor auprès des producteurs.

Relève recherchée

En fin d’assemblée, James Allen a lancé un appel aux femmes et jeunes à s’impliquer au sein de l’UPA de la Chaudière-Appalaches. « Les contextes des déplacements et réunions en personne attirent surtout des hommes âgés. Nous voulons changer ça, d’où notre intérêt à continuer les assemblées virtuelles », indique-t-il.

La Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches regroupe 5541 fermes dans dix MRC. Pour consulter l’ensemble du rapport annuel 2019-2020, visitez le chaudiere-appalaches.upa.qc.ca.

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