Nicole Grenon, une tisserande passionnée

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Par Serge Lamontagne
Nicole Grenon, une tisserande passionnée
Passionnée de tissage, Nicole Grenon a lancé troisième livre portant sur ce domaine au cours des dernières semaines. (Photo : gracieuseté)

ARTISANAT. Résidente de Saint-Michel depuis 11 ans, Nicole Grenon se passionne, depuis près de 40 ans, pour l’art du tissage. Tellement que la Bellechassoise d’adoption a lancé, au cours des dernières semaines, un troisième livre sur le sujet.

Ce livre intitulé « Comment passer du métier 4 cadres au multi-cadres » est un ouvrage à compte d’auteurs. L’artisane avait lancé un premier livre portant sur la technique du « Leno » au début des années 2000, puis un deuxième intitulé « Les dentelles tissées », en 2014.

« J’ai enseigné le tissage pendant de nombreuses années et quand j’ai arrêté de le faire, je me suis dit que cet héritage ne devait pas se perdre. Comme il n’y a que peu de littérature en français sur le sujet, j’ai décidé d’écrire ces livres », précise-t-elle.

Soulignons que les publications de Mme Grenon trouvent preneur auprès des tisserands eux-mêmes qui peuvent de les procurer lors des congrès annuels de l’Association des tisserands du Québec, événement qui se déplace dans toutes les régions du Québec, ou auprès de Mme Grenon elle-même (nicole@grenon.com). Les gens peuvent aussi s’en procurer chez Maurice Brassard et Fils, entreprise de Québec spécialisée dans la vente de métiers à tisser.

Les trois livres publiés par Nicole Grenon au cours des dernières années.

La passion du tissage

C’est en 1983, alors qu’elle vivait à Charlesbourg, que Nicole Grenon se lançait dans l’apprentissage du tissage, réalisant un rêve qu’elle caressait depuis plusieurs années. Elle s’est inscrite auprès du cercle de fermières de Charlesbourg, où elle a appris la base de cet art. Rapidement toutefois, elle cherchait à aller plus loin que ce qu’on pouvait lui offrir au sein de ce groupe.

« Il y avait des métiers 4 cadres, mais j’en voulais plus. J’ai commencé avec la base, puis j’ai cheminé là-dedans. Depuis plusieurs années, je fais partie d’un groupe de tisserandes, basé à Sainte-Foy, qui accueille des artisanes des quatre coins du Québec. On étudie et on travaille ensemble afin d’améliorer nos connaissances et dépasser nos limites », indique-t-elle.

Mme Grenon souligne que les métiers principalement utilisés par les cercles de fermières sont des 4 cadres. « Depuis quelques années, on voit des 8 et des 12 cadres faire leur apparition, mais souvent les gens ne savent pas comment bien s’en servir. Pour passer du 4 au 8 cadres ou davantage, il y a plein de choses différentes qu’il faut apprivoiser, alors je me sers de mon nouveau livre pour essayer, je l’espère, de les expliquer le plus clairement possible. »

Mme Grenon a enseigné son art pendant de nombreuses années à la Maison Routhier, centre de métiers d’art situé à Sainte-Foy. Il lui arrive toujours de donner des formations et des conférences à l’occasion, ainsi que des cours à domicile. Sa dernière présentation publique a eu lieu le 14 mars 2020, juste avant le confinement généralisé en raison de la COVID.

« J’en fais moins qu’avant, car ça demande beaucoup d’énergie. Je vais continuer d’en faire tant que la santé le permettra », poursuit celle qui aime également le tricot, mais pour le plaisir de la chose.

Métier assisté par ordinateur

Nicole Grenon souligne que plus il y a de cadres sur un métier, plus celui-ci offre de diversité et de possibilités de réaliser des dessins élaborés. Le jeu de pédales est également très important, ajoute-t-elle, car on retrouve toujours deux pédales de plus que le nombre de cadres.

Les patrons utilisés par l’artisane sont tous réalisés sur support informatique.

« Quand on a un métier 12 cadres, on a donc 14 pédales. Le fonctionnement devient plus complexe et c’est ce que j’essaie d’expliquer dans mon livre. Cependant, quand on a un métier 24 cadres comme le mien, c’est encore plus ardu », convient-elle.

Mme Grenon souligne que son métier a une particularité supplémentaire, du fait qu’il s’agit d’un métier 24 cadres assisté par ordinateur. « Je dessine chacun de mes patrons sur un logiciel de tissage dans mon ordinateur. Quand celui-ci est terminé, je branche ce dernier à mon métier et c’est l’ordinateur qui fait changer les marchures (pédalages). Mon patron doit être parfait, car si j’ai fait une erreur dans celui-ci, je vais tisser une erreur. »

Comme les patrons 24 cadres ne se vendent pas, les artisans doivent se débrouiller et les concevoir eux-mêmes, ce qu’elle fait personnellement. « Il n’y a pas de livre sur l’art de faire des patrons. Les personnes qui ont des métiers 24 cadres sont assez avancées dans le domaine du tissage pour savoir comment faire les leurs. Il y en a toujours certains pour qui c’est plus difficile, alors on le fait pour eux. »

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