« Il faut garder les élèves en classe » – Dre Liliana Romero

Eric Gourde 
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« Il faut garder les élèves en classe » – Dre Liliana Romero
Dre Liliana Romero, directrice de Santé publique pour la région. (Photo : La Voix du Sud - Éric Gourde)

SANTÉ. La décision de la Santé publique de la région Chaudière-Appalaches de recommander le port du masque dans les écoles de certaines MRC de la région n’a que pour objectif de permettre aux enfants de demeurer en classe.

C’est du moins l’explication donnée par la directrice de la Santé publique de la région, Dre Liliana Romero. L’augmentation de nouveaux cas confirmés depuis quelques semaines dans ces trois secteurs et la hausse importante des taux d’incidence quotidiens moyens font que cette nouvelle consigne entre en vigueur.

Dès vendredi, le port du masque de procédure sera obligatoire en tout temps dans les salles de classe de tous les établissements d’enseignement primaire et secondaire de trois MRC de la région de la Chaudière-Appalaches, soit celles des Appalaches, de Beauce-Sartigan et des Etchemins.

« Il faut que les enfants demeurent à l’école. Si nous avions laissé les choses aller, il aurait fallu vider des classes et c’est ce que nous voulons éviter. La mesure du port du masque devient nécessaire, car si des cas surviennent, ce sont les cas qui seront isolés et non les classes en entier. La clé est de garder les enfants dans les écoles et éviter les isolements à la maison », explique Dre Romero.

Pour elle, le port du masque vient aussi régler d’autres problématiques. « On a vécu des difficultés à appliquer certaines mesures, dont le dépistage, les contacts avec des gens positifs. La surveillance des enfants en général était à peu près impossible. Le port du masque obligatoire va nous permettre de moduler les interventions. Maintenant on peut espérer maintenir les enfants dans les écoles. »

Pas d’exception

Les plus récents bilans à cet effet diffusés par le Centre de services scolaires de la Beauce-Etchemins semblent toutefois montrer que les cas se situent surtout autour des localités de Saint-Georges et de Saint-Prosper. Imposer le port du masque dans toutes les écoles des MRC concernées était tout de même nécessaire, selon Dre Romero.

« Pour les Etchemins, 27 cas en huit jours, c’est beaucoup et là où le taux d’incidence est le plus élevé, c’est dans Les Etchemins. Nous avons quelques municipalités touchées, pas seulement Saint-Prosper. Plusieurs écoles sont sous surveillance. Il n’y a pas d’écoles avec une éclosion confirmée, mais certaines ont des cas positifs. »

Cette mesure pourrait notamment être levée si un retour en mode vigilance était observé pendant trois semaines consécutives. Cette augmentation du nombre de cas dans la région n’est toutefois pas une surprise à ses yeux, la rentrée scolaire et la fin de l’été étant propices à ce genre de choses. « On ne peut toutefois pas encore prédire qu’elle sera l’ampleur des conséquences liée à la recrudescence des cas. Il y a une importante hausse, mais pas de conséquences hospitalières, sauf qu’il trop tôt pour dire si cela va se maintenir. »

Entretemps, le taux d’incidence de tous les territoires demeure sous surveillance. Si d’autres MRC dépassent éventuellement les seuils, les consignes pourraient être révisées.  « Il faut un minimum de trois jours avant de se repositionner pour davantage de mesures ou l’inverse. »

Doutes et incompréhension

Dre Romero se réjouit de voir que la vaccination va très bien en Chaudière-Appalaches. « Les personnes sont au rendez-vous. Il reste encore des efforts à faire et des gens à convaincre. Nous avons de plus en plus de connaissance sur les vaccins et leur efficacité. On sait qu’ils sont efficaces, sécuritaires et que leur meilleur geste à poser est de se faire vacciner. »

La directrice de la Santé publique de la région comprend toutefois l’incompréhension qui peut régner à l’occasion sur les mesures mises en place et le discours véhiculé. « Il y a eu beaucoup de confusion dans les différents messages diffusés par différentes instances. Cela a eu pour effet que la population s’est parfois demandé quelle était la vérité, qui devait-elle croire. Les connaissances sur le virus évoluent, tout comme le virus lui-même. La souche originale est presque disparue. La vérité est qu’avec les variants actuels, nous avons besoin de plus de 80 % de la population avec deux doses. Parler d’immunité collective est très ambitieux à cette étape. »

On a encore des choses à apprendre du virus avant de pouvoir penser à l’enrayer, estime Dre Romero. « Les hospitalisations et les décès ont diminué, mais la transmission est encore présente. La distanciation sociale et le port du masque sont des mesures efficaces aujourd’hui. Ça évolue tellement que ça risque d’être une base qui va rester. Pour vivre normalement, le virus devra devenir plus inoffensif.  À ce moment-ci, il est trop tôt pour y penser. »

Un retour à la vie normale n’est pas pour demain selon elle et la couverture vaccinale en est possiblement la clé, tout comme l’amélioration des tests de dépistage. « Ce ne sera peut-être pas la vie comme on l’a connu avant la pandémie et certaines choses pourraient demeurer, comme le passeport vaccinal. On va peut-être éviter d’aller à l’anniversaire d’une amie si on a le nez qui coule, ou tout simplement sortir un test de dépistage rapide avant de s’y rendre. Ça vient avec l’évolution de la société et ça prend du temps. »

Données régionales

·         Nouveaux cas confirmés en Beauce-Sartigan

Semaine du 29 août: 22 avec un taux d’incidence quotidien moyen de 5,84

·         Nouveaux cas confirmés dans Les Appalaches

Semaine du 29 août: 67 avec un taux d’incidence quotidien moyen de 22,52

·         Nouveaux cas confirmés dans Les Etchemins

Semaine du 29 août: 29 avec un taux d’incidence quotidien moyen de 25,22

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Roxanne Rodrigue
Roxanne Rodrigue
7 jours

Dre Romero, vous dites qu’on pourrait « sortir un test de dépistage rapide » avant de se rendre à une rencontre quelconque. Comment ça fonctionne? Où peut-on s’en procurer?