Des bouchers de plus en plus débordés

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Par Sébastien Roy
Des bouchers de plus en plus débordés
Les frères Maxime et Frédéric Poulin débitent des chevreuils et des orignaux chaque automne depuis neuf ans. (Photo : (Photo L'Éclaireur Progrès - Sébastien Roy))

CHASSE. Le nombre de bouchers de la région qui acceptent de s’occuper des chevreuils et des orignaux des chasseurs n’a cessé de diminuer dans les dernières années, ce qui cause une hausse de la demande chez ceux qui continuent de débiter ce type de gibier.

C’est le constat qu’a fait Frédéric Poulin qui débite des chevreuils et orignaux chaque automne depuis neuf ans avec son frère Maxime. « Le nombre de clients augmente tous les ans. Chaque année, des bouchers arrêtent d’en faire », affirme-t-il.

Plusieurs raisons expliquent cette diminution. Selon M. Poulin, les plus récentes règles du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) ont rendu la tâche compliquée aux épiceries qui disposent d’un comptoir de boucherie.

Le problème de main-d’œuvre affecte aussi ces entreprises. « Nous devions avoir trois employés qui viennent donner un coup de main à l’automne, mais un nous a lâchés et un autre a accepté un poste pour gérer la boucherie dans une épicerie de grande surface. Nous avons mis des annonces sur Facebook, essayé d’en trouver par le bouche-à-oreille, mais il n’y en a pas », détaille M. Poulin.

Cela fait écho à ce qu’indique Normand Lamontagne de la boucherie Normand-Dit. « C’est une grosse période de l’année. Nous avons nos employés, mais il n’y a pas de travailleurs supplémentaires pour donner un coup de main », dit-il, préférant ne pas répondre davantage aux questions du journal.

Cela fait en sorte que les bouchers qui continuent d’offrir le débitage de gibier se retrouvent avec une augmentation de la demande. « Nous n’avons pas le choix d’en refuser. Cette année, nous avons refusé une quinzaine d’orignaux et 35 à 40 chevreuils », soutient M. Poulin.

Il faut dire que le revenu principal des deux frères provient du débitage de bœufs et de porcs. « Nous continuons d’en faire durant le temps de la chasse. Ce sont des clients réguliers, ils reviennent tous les ans, alors que les chasseurs, on ne peut pas prévoir s’ils vont tuer ou non d’une année à l’autre. On ne peut pas se fier là-dessus », ajoute-t-il.

Différent dans Les Etchemins

La situation semble toutefois différente dans le secteur des Etchemins. Daniel Chabot, de l’épicerie J.L. Asselin, située à Saint-Magloire, n’a pas eu à refuser de chevreuils ou d’orignaux cette année.

« La demande est encore là, mais moins qu’avant, car de plus en plus de gens débitent dans leur garage », affirme-t-il. Ce dernier concède cependant que beaucoup de ses connaissances ont arrêté le débitage de gibier.

M. Chabot fait le débitage de ces deux bêtes depuis une vingtaine d’années. Il a constaté plusieurs changements au fil des ans. « Il en coûte de plus en plus cher pour se mettre aux normes quand on est une épicerie. Nous devons donc monter nos prix », mentionne-t-il.

Précisons que le journal a contacté d’autres entreprises pour des demandes d’entrevue, mais elles ont refusé. C’est le cas de Débitage Éric Poulin à Beauceville qui a indiqué ne pas avoir le temps en raison de la quantité de travail devant lui et de la boucherie Normand-Dit à Saint-Odilon.

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