3e lien: la MRC de Bellechasse et l’UPA s’expliquent

3e lien: la MRC de Bellechasse et l’UPA s’expliquent

James Allen, William Lemelin et Marcel Labbé représentait l'UPA lors de la rencontre avec les élus de Bellechasse.

Crédit photo : La Voix du Sud - Éric Gourde

RÉGIONAL. Favorables depuis un certain temps à l’aménagement d’un troisième lien routier entre Québec et sa rive-sud, les élus de la MRC de Bellechasse avaient convoqué les représentants de l’UPA dans la région à leur récente séance de conseil pour que chacun puisque clarifier sa position dans le dossier.

L’initiative faisait suite à une récente sortie du président provincial de l’UPA, Marcel Groleau, qui s’était affiché contre un troisième lien à l’est, craignant qu’il accélère l’étalement urbain sur les bonnes terres agricoles au sud de Québec.

Le président de l’UPA Chaudière-Appalaches, James Allen, a précisé que les agriculteurs de la région ne sont pas contre un troisième lien, mais que celui-ci devra avoir le moins d’impact possible sur l’agriculture. Il a ainsi réitéré son message que les producteurs perdent des possibilités de terres en culture chaque année depuis la mise en vigueur d’un moratoire en 2004.

Président du syndicat local dans Bellechasse, William Lemelin a lui aussi indiqué que son conseil d’administration souhaitait trouver des solutions. «La position qui ressort au syndicat local est que nous ne nous opposons pas au troisième lien. On ne veut pas que les villages du nord de la MRC deviennent des banlieues-dortoirs. La façon dont la nouvelle a été diffusée n’a pas plus à M. Groleau qui a clarifié son opinion depuis.»

Des possibilités existent

Dans son argumentaire, M. Allen a évoqué qu’il existait déjà des solutions permettant aux localités de subvenir à leurs besoins. «L’article 50.4 du moratoire est une façon de ne pas freiner à outrance le développement et de conserver des terres propices à la culture. C’est en gros un échange de terrains. Presque pas de municipalités s’en servent ou n’y pensent tout simplement pas.» Cette démarche nécessite tout de même une approbation de la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ).

Tout en voulant défendre l’agriculture, le préfet de la MRC, Clément Fillion, a rappelé que son organisation est actuellement en démarche avec un plan de développement de sa zone agricole, à laquelle participe l’UPA régionale. Il a aussi martelé que 81 % du territoire est en zone agricole, pour des affectations agricoles. «Le territoire a 175 900 acres. Les périmètres urbains ne représentent que 2 % du territoire de l’ensemble de la MRC. On ne peut pas nous taxer de prendre des mesures qui affectent le développement des terres.»

Il a ajouté qu’une des responsabilités des municipalités est le développement de l’ensemble de son territoire et de ses activités. «Quand une municipalité perd ses commerces et autres, qu’il n’y a plus assez de citoyens pour les faire vivre, il faut réagir. Cela a un impact direct sur l’agriculture aussi. Les futurs producteurs ne resteront pas dans une localité où il n’y a plus de services et de qualité de vie.»

Lui-même ex-président de l’UPA, le maire de Saint-Vallier, Christian Lacasse, a finalement suggéré une clarification de la législation aux autorités municipales en place pour qu’elles soient aux faits des possibilités en matière de déboisement. Il a aussi suggéré aux membres de l’UPA de diffuser davantage leur message localement pour qu’il soit mieux compris par les citoyens et les localités.

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