Réussite scolaire à la hausse grâce à la lecture

Réussite scolaire à la hausse grâce à la lecture

Sylvain Tremblay recevant l'Ordre du mérite de la Fédération des commissions scolaires du Québec en compagnie de Denis Tardif du Regroupement des commissions scolaires de Chaudière-Appalaches

ÉDUCATION. Sylvain Tremblay estime que l’apprentissage de la lecture et de l’écriture sont au cœur d’une hausse importante de la réussite dans les écoles qu’il dirige.

Résident de Sainte-Claire, M. Tremblay a mis sur pied le projet ÉcoRéussite dans des écoles de Montmagny-Sud, en collaboration avec des partenaires du milieu, qui a pu s’étendre à toute la communauté. Il est directeur des écoles primaires de Sainte-Apolline et Saint-Paul, de même que de l’école secondaire de Saint-Paul.

La recette est basée sur la recherche d’une collaboration école-famille-communauté et semble fonctionner puisque l’on observe une impressionnante augmentation des taux de réussite sur le territoire qui est passé de 50 % en français en quatrième année du primaire pour l’année 2008, à 98 % toutes matières et tous niveaux confondus l’année dernière. Les résultats sont surprenants.

En fonction depuis 2011, ÉcoRéussite est, sommairement, un plan de 18 actions différentes qui visent à donner le goût à la lecture et développer des aptitudes chez les élèves. «J’étais un peu réticent au début, mais comme c’était une table de partenaires qui participaient aux rencontres et que tout le monde a décidé d’embarquer sur un projet dédié aux enfants avant qu’ils entrent à l’école, ça me plaisait. Les recherchent prouvent que les jeunes en milieu défavorisé ont été en contact avec des livres pendant 250 heures, tandis que chez ceux en milieu plus aisé, ce chiffre passe à 2 500 heures. La différence est là.»

Au départ, l’initiative est née d’une collaboration d’intervenants du milieu avec l’école pour répondre localement à un besoin de financement, explique M. Tremblay. «L’ABC des Hauts-Plateaux est un organisme communautaire qui œuvre en lutte au décrochage et se cherchait un financement pour un service de bibliothèque mobile, qui se rendrait chez les gens. Il n’y a que trois bibliothèques dans Montmagny-Sud soit à Saint-Fabien, Sainte-Apolline et Notre-Dame-du-Rosaire.»

Les jeunes ont accès à un volet du programme autant les soirs, les week-ends que pendant la période estivale. «Nous avons une tente identifiée qui se promène dans les festivals de la région et où les jeunes ont accès à des livres. Ils ont une demi-heure de lecture à tous les jours lors des terrains de jeux par exemple. Les enfants demeurent actifs et en lien avec la lecture et l’écriture, ainsi qu’avec le développement du langage oral», ajoute M. Tremblay.

Changement des mentalités

Le programme initié par M. Tremblay et ses partenaires obtient de plus en plus de reconnaissance et a été récompensé à maintes reprises depuis sa mise sur pied. À la lumière des résultats, les parents ont aussi choisi de suivre le mouvement. «Nous avons déposé au ministère de l’Éducation où nous avons finalement obtenu un peu de matériel. Un programme nous a remis 2 000 $ pour nous aider à financer le projet. Les parents se sont sentis fiers grâce à cela et ils ont du même coup réussi à développer leurs compétences parentales en lien avec les devoirs et les leçons.»

Pourquoi un tel succès? M. Tremblay est d’avis qu’il fallait choisir d’abord bien choisir à qui pouvait s’adresser un tel programme. «Nous avons été avant-gardistes, car on a choisi de cibler les 0-8 ans alors que les âges sont traditionnellement divisés autrement. Dans les garderies, ce sont les 1re et 2e années qui font la lecture aux plus petits. Dans notre région, des parents m’ont confié que les jeunes demandent maintenant des livres à Noël.»

D’autres cherchent maintenant à s’en inspirer. «Ce que je lis dans votre journal, c’est que certains s’inspirent en partie de ce que l’on fait. On a vu les Croques-livres apparaitre dans Les Etchemins. Il y a d’autres actions dans Bellechasse et ailleurs également, qui sont semblables, adaptées aux réalités des milieux. Les intervenants de groupes similaires se parlent et ça fait des petits. J’ai eu un appel de la Côte-Nord. Je reçois aussi des invitations pour aller présenter nos idées par certaines directions d’écoles.»

Il est d’autant plus heureux que le ministère de l’Éducation a retenu certains éléments dans sa planification. «Le ministre connait très bien notre programme. Je l’ai rencontré l’automne dernier et il m’a dit «Bonjour M. Tremblay, c’est vous ça ÉcoRéussite!» Je reconnais d’ailleurs des éléments de notre programme dans la nouvelle Politique nationale.»

Sylvain Tremblay et ses partenaires n’ont pas l’intention de s’arrêter là et entendent poursuivre le concept. «On aimerait l’élargir aux 0-24 ans pour, à titre d’exemple, des jeunes décrocheurs qui deviennent parents. Certains pourraient aller chercher certaines qualifications et au même moment, les enfants seraient pris en charge par des partenaires. On espère mettre ça en branle à l’automne. »

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