Aménagement des boisés privés: des plans plus complets sont proposés
FORÊT. Les agences régionales de mise en valeur des forêts privées ont reçu, il y a quelques mois, un financement fédéral et provincial afin de réaliser un plus grand nombre de plans d’aménagement forestiers (PAF) bonifiés.
Ces plans bonifiés contiennent l’information forestière de base à laquelle s’ajoute de l’information et des recommandations sur la façon travailler son boisé, lorsqu’il effectuera ses travaux forestiers, explique Jean-Pierre Faucher de l’Agence des Appalaches.
« C’est un plan conventionnel, sauf qu’on y ajoute des éléments sensibles comme les milieux humides ou les espèces menacées avec des fiches d’information à l’appui. Il y a une série de recommandations qui y seront associées. Ça rejoint une série de propriétaires, sauf qu’on pense que ça pourrait devenir la norme. »
Il fait valoir que les plans d’aménagement n’ont pas évolué beaucoup depuis 30 ou 40 ans et les producteurs ont tendance à continuer avec la même recette, d’où la raison d’essayer de rendre la démarche plus attrayante. « Il faut leur donner quelque chose qui va les intéresser, qui sera plus simple à comprendre. Il y a définitivement plus d’information sur la faune et la flore. Un propriétaire qui ne sait pas ce qu’il y a dans son boisé en apprendra inévitablement beaucoup. »
À l’Agence régionale de la Chaudière, le biologiste Anthony Avoine ajoute qu’advenant qu’il y ait certaines espèces menacées sur un lot, un producteur peut recevoir de l’aide pour améliorer ses infrastructures. « Nous avons un projet en cours avec la Fondation de la Faune qui stipule que si une espèce en péril se retrouve sur une propriété, des sommes sont disponibles pour faire des travaux. Par exemple, si un type de salamandre ou autre y est visible, on peut aller faire une réfection d’un ponceau ou un nouveau ponceau carrément », explique-t-il.
Il avoue que le programme est peu connu des propriétaires. « On sait que sur le territoire, nous avons des salamandres, la tortue des bois, au moins un type de chauve-souris, et d’autres. Le programme existe depuis quelques mois à peine. C’est quelque chose qu’on essaie de faire lever, car ça peut être avantageux pour les propriétaires. »
Confidentiel ou public ?
Jean-Pierre Faucher entend que le monde municipal est très intéressé par cette nouveauté, surtout qu’elle pourra rendre plus simples certaines obligations auxquelles il doit répondre. « Tout cela pourra s’intégrer à leur plan climat ou schéma d’aménagement qu’elles (les municipalités et MRC) ont à produire. »
La plupart des intervenants travaillant en aménagement voient naturellement la réalisation de PAF bonifiés d’un bon œil, sauf que certaines organisations ont affiché un certain scepticisme par le passé, craignant que la cueillette de données additionnelles ait un effet pervers et inspire des municipalités ou MRC à interdire des travaux en forêt. Anthony Avoine ne partage pas ces inquiétudes.
« Le propriétaire reçoit plus d’information, mais elles existent déjà. On sait où sont les milieux humides. Ce n’est pas quelque chose qui sera révélé. Les propriétaires sont déjà tenus de respecter les espèces menacées. Le plan d’aménagement n’est pas public, c’est seulement au propriétaire et on prend les données existantes », -résume-t-il.
Des plans d’aménagement intégré opérationnel
Par ailleurs, du 29 septembre au 24 octobre derniers, le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) soumettait à la consultation publique une proposition de plans d’aménagement intégré opérationnel (PAFIO) déjà en vigueur, ciblant le territoire public de la région Chaudière-Appalaches (unité d’aménagement 121-71).
Le processus de consultation publique a permis au Ministère de prendre en considération les commentaires et préoccupations formulés par les personnes et organismes participants. Les sujets traités variaient du processus de consultation publique, du fonctionnement de la carte interactive, des types de préoccupations ou commentaires à faire et du contexte de planification en période d’épidémie de tordeuse, parmi d’autres.
Les décisions relatives à cette consultation publique seront détaillées dans le rapport de suivi de consultation que le Ministère a à produire et qui sera rendu public au cours des prochaines semaines.
