Avenir de son épicerie: Saint-Luc se mobilise
SERVICES. La fermeture surprise de l’épicerie à Saint-Luc monopolise l’attention des élus et des citoyens de la localité depuis quelques jours. Si le propriétaire du commerce semble chercher de l’aide pour sécuriser son emplacement, la municipalité, de son côté, souhaite s’assurer d’éviter la perte à long terme de ce service de proximité.
Plus de 110 personnes se sont d’ailleurs regroupées, jeudi soir dernier, dans la salle communautaire de la localité pour l’occasion et réclamé l’implication de la municipalité dans la survie du commerce. Les services de l’organisme Équijustice avaient été requis pour agir à titre de modérateur pendant la séance.
Si le but de la rencontre était d’explorer les solutions potentielles faisant suite à la fermeture du commerce, la plupart des interventions ont tourné autour du ruisseau Laflamme, et d’une canalisation qui se trouverait sous l’épicerie et qui causerait des dégâts à l’ensemble de la propriété.
La mairesse de Saint-Luc, Dominique Charrière a régulièrement tenu à rappeler que la responsabilité des cours d’eau appartient à la MRC des Etchemins, qui a ensuite délégué la compétence aux municipalités, car ce sont elles qui ont la main-d’œuvre et les équipements en matière de voirie. Elle a également mentionné à quelques reprises que la municipalité ne pouvait soutenir financièrement un propriétaire d’une entreprise privée, mais qu’elle pouvait jouer un rôle-conseil pour permettre des démarches menant à des demandes d’aides financières.
Le propriétaire du commerce, Luc Lauzon, a été interpellé à deux reprises au cours de la soirée. Si la première fois, il a répondu qu’il ne pouvait commenter l’évolution des choses sous les conseils de ses avocats, à la deuxième occasion, il a résumé ses problèmes en disant que ses projets futurs étaient actuellement bloqués par les institutions financières en raison des problématiques causées par le cours d’eau qui passe sous sa propriété.
L’urgence d’agir
Sur une publication sur ses réseaux sociaux, à la suite de la rencontre, M. Lauzon jugeait que la situation que vit son commerce est trop complexe et unique pour être réglée par la municipalité ou la MRC des Etchemins, demandant ensuite l’intervention des paliers supérieurs.
« On ne se bat pas juste pour une épicerie. On se bat pour la survie de plein de commerces dans d’autres villages : des hôtels, des auberges, des campings. On se bat aussi pour la pratique des sports motorisés, qui apporte des millions de dollars en retombées dans nos régions. Tous les commerces autour d’un sentier fédéré sont interpellés », a-t-il écrit.
Pour la mairesse Charrière, il est toujours difficile de connaitre les intentions du propriétaire du commerce, car aucune rencontre entre les deux partis n’a eu lieu depuis un certain temps. « Personne ne souhaite qu’il n’y ait plus d’épicerie à Saint-Luc. Les médiateurs d’Équijustice vont entrer en contact avec le propriétaire de l’épicerie pour connaitre les raisons pour lesquelles il a fermé l’épicerie, et s’il veut reprendre le dialogue, car il refuse de nous rencontrer ».
Elle ajoute que ce n’est pas le cours d’eau qui est en cause, dans les difficultés et la fermeture du commerce. « Plusieurs points demeurent à éclaircir. Tout comme les citoyens, la municipalité aimerait qu’il précise ses demandes, ses attentes, et qu’il chiffre la chose, pour que l’on puisse l’orienter au bon endroit ».
Des gens souhaitent ne pas rester inactifs et voir à un plan B et un plan C. « Dépendamment de l’ouverture ou non du commerce entretemps, il y a une volonté de tout mettre en œuvre pour poursuivre avec un service alimentaire, incluant l’essence. La municipalité ne peut pas exploiter un commerce, mais avec certains citoyens et un comité, on verra aux solutions ».
Dominique Charrière ajoute que les pouvoirs de la municipalité sont limités, entretemps. « On ne peut rien faire, le ruisseau est sous la responsabilité de la MRC, ça dépasse les compétences municipales. Notre travail a été de vérifier certaines choses par caméra et il n’y a pas d’obstruction dans la canalisation. Il faudra régler ce problème, tout le monde est d’accord, mais l’urgence, c’est le désert alimentaire », insiste-t-elle.
