Bellechasse peut aller de l’avant, mais sur division
MUNICIPAL. N’ayant toujours pas mis de l’avant son initiative de collecte de la matière organique, la MRC de Bellechasse a finalement obtenu le certificat d’autorisation qu’elle attendait du ministère de l’Environnement pour la construction d’un centre de tri.
La démarche a toutefois été acceptée sur division par les élus, sept des maires et mairesses siégeant au conseil ayant rejeté la proposition, soit ceux d’Armagh, Beaumont, Saint-Anselme, Saint-Léon, Saint-Malachie, Saint-Nazaire et Saint-Vallier.
Sur cet aspect, le préfet de la MRC, Luc Dion, convient que le projet n’obtiendra possiblement jamais l’unanimité, mais croit que certains pourraient éventuellement se rallier. « Je comprends les élus, particulièrement les nouveaux ou nouvelles personnes à la table. Je le sais que c’est lourd comme dossier et que c’est dur d’absorber tout ça. Il faut toutefois aller en appel d’offres rapidement, car on sait ce qu’est la réalité des entrepreneurs. Le plus tôt est le mieux avant l’été. Je suis convaincu qu’ils ou elles apprendront à connaitre le dossier. »
La MRC avait mandaté des professionnels aussi tôt qu’en 2021 pour effectuer la conception et la surveillance des travaux d’aménagement d’un centre de tri. Elle était par la suite allée en appel d’offres, mais n’avait pu accorder le contrat à son plus bas soumissionnaire conforme en septembre dernier, n’ayant pas reçu sa modification d’autorisation ministérielle, document qu’elle a finalement obtenu le 19 décembre dernier.
D’autres dépenses
Ayant maintenant en main son autorisation, la MRC de Bellechasse peut aller de l’avant, mais doit toutefois accorder un mandat pour des honoraires supplémentaires à des professionnels pour remettre à jour son projet d’appel d’offres. Ainsi, une somme d’environ 72 000 $ avant taxes, ira à la préparation des documents, et une autre d’environ 20 000 $ pour répondre aux questions des soumissionnaires, le dépôt des documents et l’analyse des soumissions.
Le préfet Luc Dion avait bien hâte de voir le dossier progresser. « Toutes les demandes qui avaient été adressées ont pu être répondues. On l’attendait depuis longtemps. Ça nous oblige toutefois à retourner en appel d’offres. Maintenant, on pourra éventuellement avoir un prix et à moins que ce ne soit disproportionné, on pourra aller de l’avant », résume-t-il.
Si la MRC de Bellechasse a obtenu son certificat d’autorisation, la MRC Nouvelle-Beauce a, de son côté, choisi de modifier son projet et demandé, le 11 décembre dernier, le retrait de la demande. Celle-ci a donc été fermée. Une nouvelle demande de modification d’autorisation ministérielle devra être déposée si la MRC souhaite aller de l’avant avec l’aménagement et l’exploitation d’un tel centre de tri.
« Comme les MRC ont décidé de retirer temporairement le volet de la plateforme de compostage à Frampton, le ministère de l’Environnement considère que le projet Nouvelle-Beauce devient un « nouveau » projet par rapport à celui présenté initialement (avec volet compostage). Nous devons donc recommencer le processus d’obtention du CA pour notre centre de tri seul », précise Cynthia Gagnon, agente de communications à la MRC.
Ainsi, les deux MRC doivent se réunir prochainement pour aborder la suite du dossier d’une plateforme de compostage.
Dépôt du rapport de l’observateur
Par ailleurs, la MRC a procédé au dépôt du rapport produit par l’observateur désigné par le ministère des Affaires municipales et rendu public la semaine dernière, lors de la séance publique de janvier. Rencontré aux termes de la séance publique de mercredi dernier, Luc Dion s’est dit plutôt satisfait de ce que l’on peut y lire. « Je suis content, car il est clairement dit qu’au niveau administratif, nous sommes corrects. Nous n’avons pas de reproche à nous faire. C’est une belle démonstration que l’on fait bien notre travail », mentionne-t-il.
Si l’observateur, Mario Gagné, n’a passé que quelques semaines à étudier ce qui se passe à la MRC, en période estivale et durant les vacances des employés, M. Dion estime qu’il a eu le temps de se familiariser avec bien des choses. « Tu n’as pas idée du nombre de documents qu’il a demandé et étudié, autant moi comme préfet que la direction, en plus de ce que des maires ont pu lui fournir », a-t-il insisté.
Luc Dion indique aussi avoir apprécié le passage de M. Gagné et sa façon de faire. « J’ai beaucoup aimé sa façon de faire et j’aime la subtilité de son texte. Il dit ce qu’il a à dire, alors je suis content. »
Visé par l’un des aspects du rapport qui fait allusion à une cohabitation chancelante dans les locaux de la MRC, puisqu’il est directeur général de Développement économique Bellechasse, le maire de Saint-Vallier, Alain Vallières, a préféré être bref dans sa réaction. « Je n’ai aucun commentaire à faire pour le moment », s’est-il limité à dire et répéter.
Luc Dion assure que le rapport sera pris au sérieux. « Il y aura une suite, mais on doit prendre le temps de le regarder et d’en discuter », a-t-il dit, ajoutant que les élus devraient se réunir d’ici quelques semaines pour faire le point. « Vers la fin février ou au début de mars, on prévoira une rencontre où on prendra le temps d’en discuter et d’autres dossiers du même coup. »
