Caroline Cantin et Marco Vien, passionnés des chevaux Clydesdale

AGRICULTURE. Amateure de chevaux depuis son enfance, Caroline Cantin de Saint-Henri voue une passion pour les chevaux de race Clydesdale qui ont été popularisés, principalement, dans les diverses publicités américaines de la bière Budweiser. Avec son conjoint Marco Vien, elle possède 18 chevaux de cette race dans son élevage situé sur le Trait-Carré, à Saint-Henri, entreprise fonctionnant sous l’appellation Élevage Monster.

« J’ai monté sur mon premier cheval, un poney à l’époque, à l’âge de 5 ans. J’ai ensuite suivi divers cours et j’ai eu mon premier cheval à l’âge de 13 ans », mentionne-t-elle d’emblée.

Adepte autant de selle western qu’anglaise, ayant longtemps donné des cours, Mme Cantin souligne qu’une blessure au dos l’a forcée à abandonner la selle pour se tourner vers les compétitions d’attelage. C’est à ce moment qu’elle a fait son virage vers les chevaux de race Clydesdale, ayant toujours été attirée et fascinée par ceux-ci, ainsi que par leur grande beauté.

« Ce sont de gros bébés qui ne sont pas malins pour deux cennes. Ils sont impressionnants, mais très doux. Les chevaux belges et les percherons sont des chevaux qui sont fins aussi, mais ce n’est pas le même tempérament », souligne-t-elle en rappelant que les Clydesdale sont dans une classe à part chez les chevaux de traite, même s’ils demandent plus d’entretien en raison de leur poil aux pattes.

« Cela ne me dérangeait pas, car j’ai longtemps travaillé avec les chevaux de course et il fallait les frotter et les brosser régulièrement. Les Clydesdale aiment cela aussi », poursuit-elle en ajoutant qu’elle avait toujours, à la ferme, ses deux premières juments de race Clydesdale qu’elle avait achetées il y a quelques années.

« Elles font partie de mes poulinières. Elles ont été achetées chez Denis Vallée de Nicolet. Un an ou deux ans plus tard, en pleine pandémie, on a acheté notre étalon, Doum-Doum, au même endroit. Ce dernier avait un an et demi et si on me disait, au départ, qu’il n’était pas à vendre, j’ai convaincu M. Vallée de me le céder. Il m’a fait une faveur comme on lui en avait fait une auparavant, quand il a commencé son propre élevage », poursuit-elle en rappelant que l’élevage est une chose qui l’a toujours attirée, elle qui a toujours eu des juments avec des poulains.

« J’ai déjà travaillé sur une ferme d’élevage dans le rang du Bras à Saint-Henri, appartenant au docteur Jacques Levasseur qui élevait des chevaux de course. J’ai appris beaucoup sur les soins et l’alimentation des chevaux. »

Du lait aux chevaux

C’est avec son conjoint, propriétaire d’une ferme laitière jusqu’en 2020, qu’elle s’est officiellement lancée dans cet élevage de chevaux Clydesdale qui est devenu l’activité principale de la ferme. « On a commencé à vendre le troupeau lorsque la Covid est arrivée, avec l’aide d’un ami commerçant, puis on a vendu le quota par la suite », indique le couple en ajoutant que de l’élevage initial, il ne leur reste qu’une vache laitière.

Se sont ajoutés, en parallèle, des vaches à bœuf, des chèvres et des lamas, ainsi qu’un cochon qui vit en liberté et est la mascotte de l’entreprise, en quelque sorte.

« Quand on a vendu les vaches laitières, on avait démarré la production de vaches à bœuf pour vendre la viande à la ferme et on a voulu, ensuite, se tourner vers le veau d’embouche. Nous avions 65 têtes, comme dans le temps de la production laitière, mais c’était moins rentable et c’était autant de travail sinon plus. On n’en a plus que 22 maintenant et c’est juste assez pour maintenir nos ventes, mais à un autre niveau, car on vend la viande en quartiers », précise Marco Vien.

De la selle à l’attelage

Comme on le mentionnait précédemment, une blessure au dos a forcé Caroline Cantin à abandonner la selle pour se tourner vers les compétions à l’attelage qui sont un autre monde, rappelle cette dernière.

C’est avec son nouvel étalon, principalement, qu’elle s’est lancée dans ce type d’activités. « Avant de faire de la compétition avec lui, il fallait lui montrer des choses. Il était inscrit aux Futurités 2 ans, alors je l’ai pratiqué tout l’été. Ce genre de compétitions est réservé aux chevaux de 2 à 5 ans, pour montrer ce qu’ils ont, la conformation, la qualité de ton élevage, etc. », indique-t-elle en précisant que son jeune étalon s’est rapidement montré très bon à l’attelage.

« Dans ce genre de compétition, on évalue l’adresse du cheval, le temps qu’il prend pour réaliser un parcours, sa façon de se déplacer, sa performance et son agilité, comment il tient l’encolure. Il y a plusieurs étapes pour démontrer ce qu’un cheval lourd peut faire, outre sortir des arbres du bois », explique-t-elle en rappelant que de dresser un cheval nécessite plusieurs mois de travail et que celui-ci doit être attelé chaque jour, dans la mesure du possible.

Le travail a porté fruit puisque son étalon a déjà été élu meilleur cheval de la race des chevaux lourds Origine Québec par l’organisme Cheval Québec. « C’est un cheval qui a toujours aimé sortir, se faire taponner et se faire voir. Plus le monde l’applaudit et crie, plus il fait le beau et montre, qu’il est fier », précise Mme Cantin en ajoutant qu’elle avait pris, notamment, la 5place avec lui lors de la compétition présentée à Saint-Tite en 2024.

Des étés occupés

Chaque année, Caroline Cantin prend part à une dizaine de compétitions à l’attelage, toutes au Québec. Le couple avoue qu’ils pourraient en faire plus, mais que cela requerrait du temps et des kilomètres de route supplémentaires, sans oublier le personnel requis lors de leurs absences de la ferme.

« Ceux qui y vont souvent vont partir avec plusieurs chevaux, car ils vont avoir des attelages à 4, 5 ou 6 chevaux. Ils font plusieurs classes et risquent d’amasser plusieurs bourses tandis que nous, pour des attelages à un cheval, les bourses ne sont pas si élevées et ne couvrent souvent pas tous les frais », affirme-t-elle en ajoutant qu’ils le font par passion, d’abord et avant tout.

Parade du père Noël à Lac-Etchemin

Les personnes qui voudront admirer les chevaux Clydesdale du couple Cantin-Vien pourront le faire en assistant à la parade du père Noël de Lac-Etchemin qui aura lieu le 13 décembre prochain. Chacun aura un attelage lors de cette parade, Mme Cantin derrière Doum-Doum et Marco Vien avec le sien tiré par une pouliche qui aura quatre ans après l’événement.

« C’est la première fois que l’on participe à une parade du genre. On invite les gens à y assister et venir nous voir », souligne Caroline Cantin en terminant.